‹ Opuscules poétiques du général L. N.M.CarnotChapitre 3 sur 116 · LE PRINTEMPS · texte numérisé non relu

LE PRINTEMPS

Enfin l'égalité des jours avec les nuits Annonce en ces climats les grâces printanières : La neige a disparu,- sur les gazons fleuris La violette attire un essaim de bergères.

Le zépbir a dompté les fougueux aquilons-, Il répand dans les cœurs son heureuse influence : Tout renaît au plaisir -, les coteaux , les vallons Revêtent les couleurs de l'aimable espérance.

Le parfum enchanteur s'exhale des bosquets -,

Les arbres ont repris leur brillante parure :

La plaine retentit du son des flageolets -,

Les ruisseaux font entendre un gracieux murmure.

Mille oiseaux variés charment les alentours ^ Les airs sont traversés par l'agile hirondelle^ Le ramier sur l'ormeau roucoule ses amours-, Lepassant s'attendrit aux chants de Philoraèle.

A des acceas si doux le berger ingénu Sent palpiter son cœur ^ la jeune pastourelle Eprouve un sentiment jusqu'alors inconnu , Et du flambeau d'amour la première étincelle.

Aux instans de loisir que laissent les travanx^ Les filles, les garçons se rendent au bocage : On danse sur Therbetle au bruit des chalumeaux, Et l'amaot sait trouver un favorable ombrage.

l'été.

Le géant embrasé qui domine les cieux , De la zone torridea louché la limite : Au solstice du Nord on le voit radieux, Contemplant l'univers du haut de son orbite.

L'utile a remplacé de légers agrémens ; Sur la terre tout prend des couleurs plus tranchantes ; L'œil saisit les trésors qua promis le printemps, Et des épis dorés les plaines ondoyantes.

La bergère brunie à l'ardeur du soleil Cherche l'ombre d'un bois, le bord d'une fontaine. Pour y prendre le fiais, se livrer au sommeil, Ou chanter ses amours et rêver à sa peine.

L'honiiiie et les animaux sont épuisés le soir,

Par rcxlrênie chaleur et les longues journées :

Mais l'espoir soutient Thomnie , où bientôt il doit voir ,

Par une ample moisson ses peines couronnées.

Oh ! comme il est sensible après un doux repos , Aux charmes de l'aurore, à la fraîche rosée ! Avec quelle gaîté Ton reprend ses travaux, Dans la plaine cent fois de sueur arrosée :

Mais un orage gronde , et je vois des éclairs : Il fond^ et c'est ainsi que la sage nature Rétablit l'équilibre et lafraichit les airs. L'arc-en-ciel a paru, l'atmosphère est plus pure.

L'AUTOM^^E.

Les fruits par leur volume et par leur coloris Font voir en nos jardins le retour de l'Automne : Des présens de Cérès les greniers sont remplis : Et déjà les vergers oifreut ceux de Pomone.

En récoltant ces fruits, enfans de ses labeurs. L'homme des champs obtient sa juste récompense : Bacchus en souriant étale ses faveurs 5 A nos yeux se répand la corne d'abondance.

La faulx a rajeuni la verdure dos prés; Les champs sont découverts, la plaine plus vivante, Le ciel moins orageux, les airs plus tempérés, Le paysage frais , la campagne riante.

( 5) On voit au loin bondir de jeunes animaux; Des poulains folâtrer dans de vastes prairies ; Le gibier foisonner, et le long des coteaux. Des chasseurs et des chiens les bandes aguéries.

Mais tout vieillit enfin , tout perd ses ornemens, La journée est plus courte et les arbres jaunissent ; La feuille se détache et roule au gré des vents : Du soleil chaque jour les rayons s'affaiblissent.

Les climats du midi réclament son retour ; Il va porter ses feux sous un autre hémisphère : Il doit dans tous les lieux se montrer tour à tour, Pour partager ses dons aux enfans de la terre.

Hélas! ce dieu nous quitte en trompant le désir, Un autre hiver s'annonce; ô toi, nouvelle année ! Je te vois commencer, te verrai-je finir? Dans un calme profond j'attends ma destinée.

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