‹ Opuscules poétiques du général L. N.M.CarnotChapitre 67 sur 116 · LES FRIMAS · texte numérisé non relu

LES FRIMAS

PASTORALE

La triste froidure A depuis un mois De toute parure Dépouillé les bois.

La gelée enchaîne Le cours des ruisseaux, Et de la fontaine A tari les eaux.

La neige sur lerre Roule en tourbillons , Et dans l'atmosphère Voltige on flocons.

Réduits au silence On voit les oiseaux, Pour leur subsistance Chercher les hameaux.

Les sombres nuages Dérobent le jour :

De nouveaux orages Fondent tour à tour.

Sur d'immenses plaines Les flots débordés, Troublent les domaines Des champs inondés.

Aux branches s'attache Le givre eu cristaux 5 Il courbe en panache Les souples rameaux.

Le fougueux Borée Souffle avec fureur, Et sur la contrée Sème la frayeur.

Si par intervalles Le ciel seclaircit, En bandes joviales On se divertit :

On lance la neige, On vole en traîneau, On va tendre un piège A quelque moineau.

On a la toupie , Le noir ramoneur.

Sa marmotte en vie.

Qui plait et fait peur.

On joue à la paume, A mille autres jeux :

Enfin sous le chaume On se trouve heureux.

Le berger sincère , Pendant ces loisirs , Porte à sa bergère Tribut de soupirs.

A la conjoncture L'amour attentif, Pressé de conclure N'est jamais oisif.

Le soii' on se groupe Auprès du foyer-, La petite troupe Songe à s'égayer :

On fait la lecture D'un conte falot, Et de l'aventure Nul ne perd un mot.

Pendant qu'on babille Marcbe le fuseau ; On tricote , on tille , On fait un trousseau j Sur le mariage On tombe à la fin , Et le commérage En va meilleur train.

De la bonne année Viennent les cadeaux-, Povu' la dulcinée Bonbons et gâteaux -, Le roi de la fève.

Puis le carnaval , Que l'hymen achève En donnant son bal.

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