‹ Opuscules poétiques du général L. N.M.CarnotChapitre 69 sur 116 · LE MARIAGE DE CESARINE · texte numérisé non relu

LE MARIAGE DE CESARINE

Lik nature , ô ma chère enfant 1 Des bras d'une mère qui t'aime Vient retirer son doux présent , Pour te lendre mère toi-même.

A devenir ce que je fus Sa constante loi te destine , Lorsque je n'existerai plus Qu'au souvenir de Césarine.

Songe au devoir pénible et doux , Auquel le nom d'épouse engage :

L'homme est confiant , mais jaloux , Il est sensible , mais volage.

Comment par de légers plaisirs Fixer le bonheur dans son ame ?

Comment combler tous ses désirs , Sans jamais éteindre sa flamme ?

( 268 ) Souvent il cache son chagrin , Sache en pénétrer le mystère :

Quelquefois sous un air serein Dissimule ta peine amère :

Si dans le cœur de ton époux S'allume une flamme parjure^ Verse en secret tes pleurs jaloux ^ Il reviendra, sois-en bien sûre.

Combien encor de nouveaux soins Avant d'achever ta carrière.

Pour prévenir tous les besoins Des enfans dont tu seras mère !

Oh ! quel souci l'agitera , Lorsque par des degrés visibles, La nature leur apprendra Qu'ils sont nés pour être sensibles î

Ne t'afflige cependant pas , O mon aimable Césarine !

Celui qui fit tout ici-bas.

Soutient tout par sa main divine.

Vas , les pleurs que tu verseras , Ces alarmes inexprimables , Aux plaisirs que tu quitteras Seront, peut-être, préférables.

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