LE MARIAGE DE CESARINE
Lik nature , ô ma chère enfant 1 Des bras d'une mère qui t'aime Vient retirer son doux présent , Pour te lendre mère toi-même.
A devenir ce que je fus Sa constante loi te destine , Lorsque je n'existerai plus Qu'au souvenir de Césarine.
Songe au devoir pénible et doux , Auquel le nom d'épouse engage :
L'homme est confiant , mais jaloux , Il est sensible , mais volage.
Comment par de légers plaisirs Fixer le bonheur dans son ame ?
Comment combler tous ses désirs , Sans jamais éteindre sa flamme ?
( 268 ) Souvent il cache son chagrin , Sache en pénétrer le mystère :
Quelquefois sous un air serein Dissimule ta peine amère :
Si dans le cœur de ton époux S'allume une flamme parjure^ Verse en secret tes pleurs jaloux ^ Il reviendra, sois-en bien sûre.
Combien encor de nouveaux soins Avant d'achever ta carrière.
Pour prévenir tous les besoins Des enfans dont tu seras mère !
Oh ! quel souci l'agitera , Lorsque par des degrés visibles, La nature leur apprendra Qu'ils sont nés pour être sensibles î
Ne t'afflige cependant pas , O mon aimable Césarine !
Celui qui fit tout ici-bas.
Soutient tout par sa main divine.
Vas , les pleurs que tu verseras , Ces alarmes inexprimables , Aux plaisirs que tu quitteras Seront, peut-être, préférables.