‹ Opuscules poétiques du général L. N.M.CarnotChapitre 76 sur 116 · TOUT PASSE · texte numérisé non relu

TOUT PASSE

Apprenez-moi, jeunes fillettes , Où sont les humbles précurseurs De l'aimable reine des fleurs ; Où l'on cueille les violettes ?

— Berger , tes pas sont superflus , Les violettes ne sont plus.

Où pourrai-je trouver ces roses , Que caressait le doux zéphir.

Que les bergers allaient ravir, Sitôt qu'ils les voyaient écloses?

— Berger, tes vœux sont superflus, La saison des roses n'est plus.

( ^8/ ) Conduisez-moi vers ce bocage.

Où , sous la garde de l'amour , La jeunesse allait chaque jour Chanter et danser à l'ombrage.

— Berger, tes vœux sont superflus, Ce charmant bocage n'est plus.

Je ne vois plus cette onde pure , Qui serpentait dans le vallon j Et qui fuyant sous le gazon , Faisait entendre un doux murmure.

— Berger, tes vœux sont superflus, La belle fontaine n'est plus.

Que vous me causez de surprise !

Que de ravage en trois étés !

Dites-moi , naïves beautés , Quels sont les lieux qu'habite Elise ?

— Berger, tes vœux sont superflus, Notre chère Elise n'est plus.

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