TOUT PASSE
Apprenez-moi, jeunes fillettes , Où sont les humbles précurseurs De l'aimable reine des fleurs ; Où l'on cueille les violettes ?
— Berger , tes pas sont superflus , Les violettes ne sont plus.
Où pourrai-je trouver ces roses , Que caressait le doux zéphir.
Que les bergers allaient ravir, Sitôt qu'ils les voyaient écloses?
— Berger, tes vœux sont superflus, La saison des roses n'est plus.
( ^8/ ) Conduisez-moi vers ce bocage.
Où , sous la garde de l'amour , La jeunesse allait chaque jour Chanter et danser à l'ombrage.
— Berger, tes vœux sont superflus, Ce charmant bocage n'est plus.
Je ne vois plus cette onde pure , Qui serpentait dans le vallon j Et qui fuyant sous le gazon , Faisait entendre un doux murmure.
— Berger, tes vœux sont superflus, La belle fontaine n'est plus.
Que vous me causez de surprise !
Que de ravage en trois étés !
Dites-moi , naïves beautés , Quels sont les lieux qu'habite Elise ?
— Berger, tes vœux sont superflus, Notre chère Elise n'est plus.