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CHAPITRE III

Démonstralion à priori que le travail et la concurrente ne sont pas libres.

Toute matière première vient de la terre, ou, plus exactement parlant, du globe, qui comprend aussi l’atmosphère dont les éléments entrent dans l’industrie (1).

La surface du globe, autrement dit le sol, appartient à des individus privilégiés, par des causes qu’il n’est

(1) Tout récemment, la séance de l’Académie des Sciences du 14 février a donné connaissance d’une grande exploitation industrielle de prussiate de potasse, établie en Angleterre par MM. Poisoz et Boissière, profitant de la production naturelle du cyanogène et de ses composés par l’azote de l’air.

pas nécessaire maintenant d’examiner, mais que nous déclarons justes pour l’époque où elles ont dominé.

11 résulte de ce fait social que l’élément primordial de la production n’est pas à la disposition de tout le monde. Sous les lois de la liberté moderne, on dit que tous les hommes sont propriétaires de leurs moyens personnels , ce qui établit leur égalité sous ce rapport. De là on a conclu que tous les hommes sont libres de Fusage de leurs forces; en un mot, que tous les hommes jouissent de la liberté du travail. Si la conséquence était déduite en ces termes, que tous les hommes devraient jouir de la liberté du travail, nous n’aurions rien à objecter, car alors la déduction serait simplement la déclaration d’un droit et non la constatation d’un (ail.

Dans l’état actuel de la société, l’humanité, composée d’hommes égaux quant à la propriété de leurs forces, est divisée en deux classes quant à la possiblité de faire valoir ces forces ; car l’une possède , outre les forces individuelles qui lui sont propres, tout le sol et. tous les capitaux, c’est-à-dire qu’elle a, sur l’autre classe qui ne possède que ses forces, l’avantage de la propriété de deux puissants moyens de production, sol et capital. Donc il existe dans la société actuelle une inégalité dans les moyens pour utiliser ses forces, inégalité qui rend illusoire le droit de les appliquer , de les utiliser ; qui rend illusoire, en un mot, la jouissance de la liberté du travail. Dès lors, comme l’exercice des forces individuelles de la nombreuse classe qui n’a pas d’autre propriété, ne peut se pratiquer qu’autant que l’autre classe, propriétaire du sol et du capital, prête ses moyens à l’emploi du travail, il résulte que la première se trouve

organiquement sous la dépendance de la seconde. Ainsi devient établie d’une manière claire et incontestable la situation respective des deux classes sociales connues sous le nom de propriétaires et de prolétaires .

Mais, dira-t-on, si les prolétaires se trouvent sous la dépendance des propriétaires, ou en termes plus scientifiques , si le travail se trouve sous la dépendance du sol et du capital , ceux-ci se trouvent à leur tour sous la dépendance du travail indispensable pour leur faire rendre ou produire une richesse.

Pour répondre à cette objection, il suffit de constater les attributs respectifs de chacun des trois agents qui concourent à la production. Les deux premiers, savoir le sole t le capital (1 ), existent sous la forme de propriété foncière et de propriété mobilière, et procurent un revenu à leurs maîtres sans exiger d'eux l’emploi immédiat et incessant de leurs forces individuelles, c’est-àdire que ces agents de la production appropriés à la classe riche, produisent aux maîtres pendant leur absence, leur repos et leur sommeil, une rente ou un intérêt prélevé sur l’autre classe , lorsque celle-ci n’obtient de salaire que moyennant l’application immédiate

(1) Nous sommes obligé de nous servir des mois employés dans l’économie politique dans ses acceplions usuelles cl bien des fois inexacles. Le capital n'est pas un élément de la production, exactement parlant, puisque primitivement le travail et le sol n’ont pas eu besoin de lui pour donner des produits. Le travail et le sol suffisent pour former le capital. Le capital est utile pour produire, mais il n'est pas nécessaire. Lorsque la science sera faite, le langage sera exact, on mieux encore, lorsque le langage sera exact, il y aura une science économique.

et incessante de leur travail, car le salaire cesse avec le repos de l’ouvrier.

De cette différence dans les attributs organiques respectifs des trois éléments de la production, que nous admettonsprovisoirement, il résulte que quoique chacun obtienne des avantages en s’aidant des autres, et que le concours de tous soit utile à la production, le travail se trouve forcément sous la dépendance du sol et du capital, parce que les hommes qui l’exercent sont forcés de travailler incessamment pour vivre.

Le revenu du sol et du capital peut s’accroître par l’intelligence, dont la culture et le développemeet. exigent du temps qui est procuré par le loisir, fruit luimême de la propriété. Ainsi la richesse s’augmente par l’accumulation des revenus, par l’application de l’intelligence et par l’emploi des forces matérielles à la disposition du capital et de l’intelligence. Tout cela a été parfaitement constaté et expliqué par nos deux honorables confrères MM. H. Passy et Dunoyer, dans les ouvrages que nous citons dans ce Mémoire (1).

Le troisième élément de la production, ou le travail, ne peut agir isolément, et en outre il souffre de la concurrence que lui fait le capital en créant les machines. C’est pour cela que les fabricants d’Angleterre disaient à M. Buret avec raison : que la mécanique avait délivré le capital des exigences du travail. Ainsi les travailleurs sans propriété sont obligés d’employer incessamment leurs forces pour se procurer les moyens

(i) De la division, des héritages, etc■ De la liberté da travail, etc.

de vivre, moyens, cependant, dont les sources se trouvent dans le sol et le capital, qui sont appropriés aux classes qui peuvent se reposer et s’instruire.

Voici comment M. Passy rend compte des avantages que la propriété procure aux propriétaires.

* Rien de plus avantageux aux riches, dit l’illustre académicien, que la supériorité intellectuelle qu’ils doivent aux bienfaits d’une institution (celle de l’héritage) que ne peut acquérir le reste de la population. Aux hommes élevés dans leurs rangs reviennent naturellement les emplois, les grades, les fonctions, les professions qui exigeant des connaissances longuement et chèrement acquises, sont toujours le plus libéralement rétribués. Dans toutes les affaires, dans toutes les carrières, les lumières et les habitudes de réflexion qu’ils doivent aux études sérieuses de leur jeunesse leur viennent en aide et leur assurent de nombreux moyens de succès ; et de là des sources d’opulence auxquelles ils puisent seuls, et dont le cours vient sans cesse accroître et renouveler l’opulence que le passé leur a transmise. »

« La puissance d’extension inhérente à la richesse acquise ne sert pas moins à maintenir les disparités de situation existantes. D’une part, avec les revenus dont ils jouissent, croît, pour les gens riches, la facilité d’accumuler des épargnes ; de l’autre les affaires leur offrent des avantages d’autant plus marqués qu’ils ont plus de ressources à y affecter. «Gagnez le premier million, les autres viendront tout seuls. ® Ce vieux dicton commercial est plein de vérité : plus les opérations, plus les spéculations demandent de fonds, moins elles

sont accessibles au grand nombre, et plus le peu de concurrence qu’elles admettent les rend lucratives.C’est ce qui permet surtout aux grands capitalistes de réaliser des bénéfices considérables; seuls ils peuvent agir sur de grandes masses de valeurs ; seuls ils peuvent attendre des résultats éloignés et faire entrer beaucoup de temps dans leurs calculs ; seuls ils sont à même d’acquérir les usines, les établissements, les propriétés dont la grandeur empêche le prix de monter au point que devrait fixer le revenu qu’elles produisent. En vérité, à l’aspect des facilités de gain et d’accumulation réservées aux plus riches , on comprend que ce n’est pas trop des goûts d’ostentation et des penchants désordonnés que leur inspirent si fréquemment la satiété des jouissances, la vanité du rang et les ennuis du désœuvrement pour préserver les sociétés des abus inséparables de la concentration excessive des richesses ( 1 ). a

Les richesses sont le résultat de l’application du travail sur la matière, et ces deux éléments sont si indispensables l’un à l’autre qu’il n’y a pas de richesse hors cette application. Sous le despotisme, période humanitaire qui a suivi immédiatement l’étal nomade, les propriétaires du sol étaient aussi propriétaires des travailleurs, qui formaient partie du sol. Dès lors tous les produits du travail revenaient naturellement aux maîtres, propriétaires du sol, qui par cela même devenaient aussi propriétaires des produits accumulés ou des ca~

(1) De la division des héritages et de l’influence qu’elle exerce sur la distribution des richesses, parM. H. Passy. {Mémoires de l’Académie des sciences morales et politiques), t. n, 2" série, 1839.

pitaux. Mais dans cette époque, ne l’oublions pas, ces propriétaires avaient le devoir de nourrir leurs esclaves.

Depuis que les esclaves se sont émancipés des anciens maîtres pour devenir eux-mêmes propriétaires de leurs forces, il paraissait naturel qu’un si grand changement dans la condition des hommes dut en amener un autre semblable dans la propriété de la source de la richesse sur laquelle le travail opère, et par conséquent dans la distribution des produits. Car, avec l'émancipation des classes ouvrières, le devoir des anciens maîtres d’entretenir leurs esclaves a été anéanti, et ce devoir est passé aux travailleurs. Il fallait donc que ceux-ci eussent une part dans le produit du travail. Cette part leur a été assignée ; c’est le salaire, mais elle n’est, prélevée que sous les conditions d’application immédiate et incessante des forces individuelles , que nous avons constatées.

Mais pendant qu’il se faisait une aussi grande révolution dans la condition des hommes, la condition de la propriété foncière restait, inaltérable, car la propriété foncière et les privilèges attachés à celte propriété, sont restés les mêmes. L’atteinte portée par la révolution française est tombée seulement sur l’héritage par droit de progéniture. De là il est résulté que les propriétaires du sol sont restés dans le même état, hors l’obligation de soutenir les esclaves, qui est passée aux nouveaux travailleurs émancipés. Cette circonstance capitale semble avoir échappé au plus grand nombre des historiens qui passent là-dessus avec une indifférence inqualifiable.

Voici en résumé ce qui est arrivé. Anciennement,

le sol, les hommes et les produits appartenaient aux propriétaires du sol, aux seigneurs privilégiés. Une révolution sociale a proclamé le travailleur libre ; mais comme le sol n’a pas changé de maître, la liberté du travailleur n’a été qu’apparente, car il est resté réellement esclave. A la révolution sociale qui a proclamé le principe de liberté, doit succéder une autre révolution sociale qui rende la liberté possible. La proclamation du principe doit entraîner l’abolition des obstacles qui le contrarient; et parce que les obstacles se trouvent dans la constitution sociale du sol, qui est la même que dans l’époque ancienne, la nouvelle révolution sociale doit avoir pour but le renversement de ces obstacles.

Examinons maintenant les conditions qui règlent la répartition des produits du travail entre les possesseurs de la matière et le travailleur sans propriété, c’est-àdire déterminons les conditions sous lesquelles se règle la répartition de la richesse ou ses trois parties rente, intérêt et salaire, entre les agents que nous avons admis, sol, capital et travail (1).

Il est facile de concevoir de suite que la loi sociale qui détermine ces proportions ne peut être que le résultat de l’offre et de la demande qui s’établit entre les trois éléments de la production, et par conséquent que la part du revenu total accordée à chacun

(1) Nous insistons encore sur l’emploi que nous faisons des mois consacrés par l’usage. Mais exactement parlant, il n’v a d’agent réel de la production que l’homme, que le travailleur. La terre est le patient sur lequel l’homme travaille et le capital est le produit. Le capital est le salaire du travail.

ne peut être réglée par la justice distributive, puisque cette part dépend du rapport entre l’offre et la demande. Lorsqu’un des trois agents de la production que nous avons examiné est plus offert la part du revenu exigé par les autres doit augmenter de toute la quantité que celui-ci sera forcé de diminuer dans ses exigences, et réciproquement.

Si les trois éléments de la production jouissaient des conditions ou des attributs pareils, leur concurrence à la production serait naturellement et nécessairement établie sur des rapports de justice, mais nous avons constaté que les propriétaires de la matière, c’est-àdire du sol et du capital possèdent l’avantage immense de jouir d’une récompense, d’un revenu, pendant leur absence et leur repos, et que le travailleur sans propriété est obligé de s’exercer incessamment pour avoir son salaire. D’après ces conditions respectives, il devient évident que c’est seulement dans le cas d’une grande détresse de bras pour le travail, que le salaire prendra le dessus sur le revenu accordé à la matière, ou sur l’intérêt prélevé par le capital; mais aussi longtemps que l’élément du travail sera offert et non demandé, sa récompense sera réduite au minimum.

Le premier cas arrive aujourd’hui en faveur des chanteurs et des danseuses, qui jouissent de salaires plus élevés que celui du président des États-Unis. Mais pour les autres ouvriers, de l’agriculture, de l'industrie, de l’intelligence, il y a surabondance d’olîre et détresse de demande.

Même dans les circonstances d’une grande détresse de bras, les propriétaires du sol et du capital peuvent

maintenir le taux des salaires dans des limites toujours inférieures aux taux réservés à la rente de la terre et à l’intérêt de l’argent : 1° parce que les conditions de ces deux richesses permettent à leurs possesseurs cPattendre, ce qui n’est pas possible aux travailleurs ; 2° parce que la concurrence de ceux-ci, venant d’autres pays où les liras sont abondants, détruit la cause de leur demande accidentelle.

« La propriété du sol dévolue à une classe, rend inévitable l’exploitation des ouvriers. Car l’ouvrier donne de la valeur aux choses ; mais pour donner une valeur aux choses il faut les avoir, et d’abord toutes proviennent du sol qui est aliéné. Ensuite pour travailler aux choses d’un autre, il faut que ceux qui les ont veuillent bien vous faire travailler; et si l’organisation sociale (par l’aliénation du sol) oblige la majorité des masses à travailler pour la moitié de ce qui est nécessaire pour vivre, il faut que cette majorité finisse par mourir de faim ; car la minorité, possédant les choses, ne paiera jamais le travail deux quand elle peut l’avoir pour un. Ce serait d’ailleurs folie ; car elle se ruinerait et ne ferait que déplacer la minorité » (Science sociale mss.). — D’un autre côté les machines, que nous appellerons les gloires de l’humanité , deviennent fatales aux ou vriers sous la domination du capital. Elles ne sont pas essentiellement la cause du paupérisme qui se répand sur les nations modernes comme un manteau funèbre, mais elles y contribuent immensément sous l’organisation sociale actuelle, en favorisant la domination du capital, ce puissant auxiliaire qui actuellement écrase le travail.

Une grande révolution a détruit en France une partie des privilèges politiques attachés aux propriétaires du sol ; mais elle a laissé debout tous les autres et particulièrement l’organisation primitive de la propriété foncière, qui est le privilège essentiel. La domination directe des masses, par droit de naissance, dure encore. L’exploitation a pris une autre forme, la forme bourgeoise, et au moyen du capital elle est devenue plus oppressive que celle de l’ancienne aristocratie; elle s’est réservé tous les avantages après avoir renoncé à tous les devoirs et à tous les inconvénients. Elle domine le travail ; elle s’approprie la plus grande partie du revenu ; elle laisse à l’ouvrier la charge de se soutenir avec la faible partie qu’elle lui accorde. Par des degrés successifs, bien déterminés dans l’histoire, la domination actuelle du capital a été amenée par les exigences de la consommation, les développements de l’industrie, la facilité des communications et le progrès des lumières.

Arrêtons-nous ici un moment pour considérer les phénomènes économiques qui découlent de cet état de choses, c’est-à-dire de l’organisation présente du travail.

« La formule de l’offre et de la demande, comme l’a dit très bien M. Wolowski au Congrès de Bruxelles, est une formule vraie et nécessaire. On veut se roidir contre 1 impossible quand on veut nier son empire sur le prix du travail. On ne peut pas agir directement sur lui, car il dépend des conditions d'organisation primitive que nous avons exposées. « — Mais M. Wolowski ne veut pas lui accorder le caractère de fatalité que cependant

paraît lui attribuer la condition de nécessité dont luimême convient. Voyons comment elle agit :

Des économistes ont dit que le travail ne reste jamais sans emploi. Cette assertion est fausse et le sera aussi longtemps que le capital dominera. Car alors l’offre du travail déborde la demande et les travailleurs restent sans emploi. Deux ouvriers courent nécessairement après un capitaliste quand le capital domine, et alors le capitaliste porte à juste titre le nom de maître, parce qu’il l’est effectivement de faire ou de ne pas faire travailler, de donner ou de ne pas donner du travail.

Nous connaissons tous la condition pénible des classes ouvrières dans les fabriques des nations les plus avancées en industrie : nous savons tous, car il a été démontré d’une manière irrécusable, que les souffrances des ouvriers, résultat de l’excès de travail et de l’exiguité du salaire, ne peuvent pas être diminués sans risque positif de ruiner l’industrie. En effet, si le gouvernement d’un pays veut empêcher énergiquement et efficacement ces malheurs, forçant les manufacturiers soit à l’augmentation du salaire, soit à la diminution de la durée du travail, le capital passera à d’autres nations, et celle qui aura été humaine et philanthropique envers les ouvriers, sera ruinée. Le paupérisme, dans l’etat actuel de la société et sous la domination du capital, est si inhérent et si nécessaire a l’existence industrielle des nations, que si, par un miracle, il venait à disparaître chez une d’elles, son industrie en serait ruinée sur le coup; car la hausse des salaires serait la conséquence immédiate de la supression delà concurrence

des misérables, concurrence qui soutient le lias prix convenable h la prédominance de celte nation dans les marchés.

D’après tout ce que venons de dire, il reste démontré que dans l’etat de la présente organisation sociale, le travail n’est pas libre; le travailleur n’est pas véritablement émancipé, car il reste dépendant et soumis aux conditions que veut lui imposer le propriétaire du sol et du capital.

Quant à la concurrence dans l’intérieur des nations, elle n’est pas plus libre que le travail ; car, pour que la libre concurrence puisse exister, il faut qu'il y ait absence de monopole. Un monopole n’est autre chose qu’un privilège pour celui qui en jouit légalement. Dès lors, s’il existe en faveur de certaines classes pour exercer le travail et des privilèges dont les autres classes sont privées, la liberté de travailler n'existe pas pour tout le monde, et la libre concurrence devient illusoire.

A ce sujet, nous allons reproduire ici quelques idées que nous adressions en 1845 à l’Académie des sciences morales et politiques (1).

« Arrivons à la libre concurrence.

« Ici commençons par examiner une difficulté.

« Lorsqu’il s’agit de déterminer la valeur de l’expression libre concurrence, on commence toujours par supposer que dans notre société moderne, la libre concurrence existe. De là vient la nécessité de faire baril) Quelques idées sur l’organisation du travail et la libre concurrence (Revue de Législ. franc, et ëlrang. t. 2, !Sü5).

moniser la valeur de l’expression avec une hypothèse. Si ensuite quelqu’un vient à nier la réalité de ce qui est . mis en hypothèse, tout est à recommencer. Nous nous délivrons de cet embarras en faisant abstraction de ce que nous appelons notre organisation sociale, quitte à examiner ensuite si chez nous la libre concurrence existe.

4 Libre concurrence signifie absence de tout monopole relativement à l’emploi de la faculté de travailler.

4 Remarquez-vous, Messieurs, dans quel dédale nous allons tomber?

4 Écrire..., c’est travailler.

<r Plaider..., guérir c’est travailler. Mais n’augmentons point notre tâche, et bornons-nous à discuter ce qui est généralement compris quand on parle d’organisation du travail: le rétablissement des corporations ou le maintien de leur anéantissement. Et pour ne point laisser d’équivoque, nous appelons corporation, jurande, etc., toute institution qui, pour permettre à un homme de travailler, exige plus que sa volonté et celle de celui qui veut l’employer.

« La question amenée! ce point de clarté, il est évident que toute espèce de corporation, de jurande, etc., est un monopole incompatible avec la libre concurrence, avec la liberté de travailler.

« Tel, me dira-t-on, est l’état de notre société. Donc la fibre concurrence existe.

4 C’est comme si on disait: Pour être honnête homme, il ne faut point assassiner. Donc quiconque n’est pas un assassin est un honnête homme.

« Maintenant, Messieurs, je vais marcher sur des

charbons ardents. Je ferai en sorte de ne brûler personne et de ne pas me brûler.

i Je me repète : Pour qu’il y ait libre concurrence, il faut qu’il y ait absence de monopole.

« Qu’est-ce qu’un monopole pour celui qui en joui) légalement?

« Un privilège.

« Et un privilège social est-il un monopole vis-àvis de celui qui le subit ?

« Sans aucun doute.

« Un privilège de naissance est-il un monopole, estil compatible avec la libre concurrence?

« Un privilège de naissance, quelque légal qu’il puisse être, est un monopole. Et ce privilège est incompatible avec la libre concurrence.

« Et y a-t-il privilège de naissance aussi longtemps qu’il n’est pas indifférent (quant, au développement de. ses facultés de travailler, et quant .à toute l'utilité qu’il est possible d’en retirer) de naître sur les degrés du trône ou dans un ruisseau?

« Indubitablement.

« Et cela existe-t-il dans notre société moderne?

« Il faudrait, être fou pour le demander sans être sûr de la réponse.

« Donc la libre concurrence n'existe [sas. j>

En expliquant l'organisation de la richesse. nous avons constaté quelle était le patrimoine des classes riches, par suite de l’aliénation primitive du sol, et des privilèges attachés à celle propriété. Nous démontrerons aussi, au besoin, que les classes de travailleurs, les

classes de prolétaires, paient toute la masse de l’impôt. Donc, il reste évident, que des deux parties qui forment l’humanité, il y en a une qui, par la possession du sol et du capital, jouit d’avantages immenses pour exercer ses moyens de production, moyens qui, dans l’autre classe, se trouvent bornés à l’exercice des forces, quand il plaît à la classe propriétaire de les employer; et cela moyennant une rétribution journalière, réglée par cette môme classe ; rétribution aussi faible que possible et qui doit servir à acheter une subsistance déjà grevée par l’impôt. Il est inévitable que les conditions pour travailler deviennent d’une inégalité monstrueuse entre les deux classes sociales ; et lorsqu’il y a inégalité dans les conditions du travail, la libre concurrence ne peut pas exister. Certes, il y a concurrence entre les prolétaires pour avoir du travail, mais ce n’est pas une concurrence libre, elle est forcée. La libre concurrence pour les ouvriers existerait, s’il y avait concurrence parmi les maîtres pour offrir du travail; mais cela est loin d’arriver. Par la même raison que la libre concurrence entre les travailleurs n’existe pas, il s’établit une ligue entre les capitalistes contrôles travailleurs. Ces réflexions servent à expliquer les suivants phénomènes monstrueux, indiqués par les économistes.

« Après un demi-siècle de l’édit de Turgot (dit M. Blanqui) qui supprima les jurandes, la concurrence des travailleurs engendrait la baisse des salaires, le paupérisme et toutes les misères qui ternissent l’éclat, de notre civilisation. » Conséquences naturelles qui ont

surpris le savant économiste, lorsqu’il les a trouvées à la suite de la réforme qu’il préconise. (1) « Aujourd'hui il est plus difficile qu’il y a cinquante ans, à un jeune homme capable mais pauvre, de surgir intellectuellement : » dit M. Michel Chevalier en déplorant l’abandon dont la jeunesse pauvre reste victime. 5 —Le travail porte toute la charge de la guerre industrielle... il perd nécessairement de toutes manières.... il perd stul. Les ouvriers demandent du travail et du pain ; du travail qui est chaque jour plus difficile ; du pain qui est chaque jour plus cher, » comme a soutenu M. Wolowski au Congrès de Bruxelles, (p. 169)

D’après les opinions émises par les économistes, après l’observation consciencieuse des faits relatifs h l’exercice du travail dans la société moderne, aux entraves qu’il éprouve chez les prolétaires, aux avantages qu’il apporte aux propriétaires ; il est vraiment étonnant d’entendre la science économique parler de. la liberté du travail, de la concurrence libre entre les producteurs, comme de faits réels, positifs, irrécusables.

Nous avons longtemps cherché à nous expliquer la cause de semblables contradictions. Nous l’avons trouvée dans la distinction faite par les économistes, entre l’économie politique pure et l’économie politique appliquée; distinction que M. Rossi a si clairement établie.

Nous allions expliquer, par cette distinction.jlescontradictions entre la science et la pratique, dans les moments mêmes où M. Michel Chevalier faisait au collège de France les déclarations suivantes:

(1) Histoire de l’Economie politique.

« La concurrence, Messieurs, a un complément dans un autre sentiment qui, grâce à Dieu, ne s’éteint pas sur la terre, qui gagne du terrain chaque jour au lieu d’en perdre, le sentiment de la solidarité, de la fraternité, de la charité. Arrachez du cœur humain ce sentiment généreux et doux, alors, je l’admets, la concurrence sera un fléau ; elle agira sur la société comme un dissolvant; elle isolera tous les hommes. »

« L’économie politique suppose ainsi l’existence simultanée de la concurrence et du sentiment chrétien que vous appellerez comme il vous plaira, l’association ou la charité. Ce ne sont pas deux principes en antagonisme ; ce sont deux forces qui concourent à constituer la société, et dont la double présence est une mutuelle garantie contre des excès opposés. Ainsi, Messieurs, lorsque l’économie politique vous vantera la concurrence, gardez-vous de la considérer comme une science sans entrailles, qui, à la façon de l’impitoyable génie de la guerre, au gré duquel les hommes ne sont que de la chair à canon, poursuivrait les progrès de la production, en broyant les générations sous les roues de fer de son char. » (1)

« L’économie politique, en môme temps qu’elle voit dans l’homme une force productive, n’oublie pas que c’est un être pensant, un ctre aimant.... Elle part de l’hypothèse que mille institutions tutélaires existent dans la société, que celui qui sait et veut travailler, et qui a besoin de travail en obtient ce qu’il lui en faut;

(1) C’est justement ainsi que M. Blanqui la dépeint telle quelle est, dans son Bisl, de l’Economie politique.

que le riche et le fort envisagent dans le faible et le pauvre leurs frères selon la religion, leurs égaux devant la loi ; que l’association et la charité adoucissent les frottements, tempèrent les chocs, rapprochent les extrêmes, et multiplient les ressources ; qu'il n'y a de délaissé que eelui qui s’abandonne lui-même, de paria que l’homme vicieux ou celui qui est lâche au travail. Elle suppose que tout cela est parce que loui cela doit être, et hors de; là elle n’aperçoit que désordre ou tyrannie. L’isolement, n’est pas, vous le vovez. dans les tendances de l’économie politique ; il n’y est ni à l’égard des individus, ni à l'égard des états. Ll ici nous voila arrivés à l’autre forme de la liber té du travail, la liberté des relations commerciales entre les peuples. »>

M. Chevalier trace à longs traits la physionomie de l’isolement des peuples, qui a dominé comme principe dans l’écouomie politique des états. — Puis il continue :

« L’économie politique croit que les états civilisés composent un grand corps dont les membres doivent communiquer librement et profiter tous des faveurs particulières que la Providence a faites à chacun, et jouir des productions par lesquelles chaque contrée se distingue, et où chaque peuple excelle. C’est une grande lamifié unie par la communauté de la religion, des mœurs et des usages : une vaste association où déjà les idées s'échangent pour le bien de tous, et où des produits matériels doivent se troquer de même. (1) i>

(1) La Liberté du travail. Discours (l’ouverture du cours d’F.conomie politique au collège de France, prononcé le 22 décembre 18i7, et imprimé dans le numéro de janvier 18/|8du Journal des Économistes.

Voila tout co que, selon M. Michel Chevalier, la science suppose exister et croit exister, pour que l’établissement de la liberté, de la concurrence intérieure et de la concurrence extérieure ou libre commerce, soient des principes réellement utiles en pratique. D’après cette supposition, nous commençons par déclarer que nous sommes d’accord avec la science; mais, la supposition détruite, la science mérite les noms A’illusoire et d’utopique. Illusoire, parce que aucune des conditions nécessaires, suivant elle et suivant la raison, pour la mise en pratique de la liberté du travail et du commerce, n’existe aujourd’hui ; utopique, parce que aucune de ces conditions ne peut exister avec le système social actuel. M. Michel Chevalier dit: « que l’économie politique suppose que tout ce qu’il indique comme nécessaire, est, parce que cela doit être, et que hors de Ici, elle n’aperçoit que désordre et tyrannie. » La logique déclare ce raisonnement faux : ce qu’on peut affirmer est que tout cela sera, parce que tout cela doit être, et que hors de là il n y a que désordre et tyrannie. C’est dans ce désordre et dans cette anarchie que nous nous trouvons maintenant, parce que ce qui doit être, n’est pas encore.

Quant à la vérité de ce qui est, M. Michel Chevalier nous l’a dit lui-même, à l’ouverture de son premier cours d’économie politique, il y a huit ans, dans le môme endroit où aujourd’hui il déclare existantes les conditions qu’il niait alors. En parlant de l’incertitude pour l’ouvrier d’obtenir du travail, de l’effroyable malheur de n’avoir pas de lendemain, il l’appelait justement « contraire aux conditions de toute société, aux immuables «is de l’ordre universel, aux vœux de la civilisation,

à la mission de l’homme sur la terre. Si cette condition continue, disait-il, le maintien de la société ellemême serait impossible, car quelle chance de stabilité peut offrir un régime social ou l’existence matérielle d’un nombre immense d’hommes est l'instabilité la plus extrême ? Sur quoi peut compter l’avenir là où une grande quantité de citoyens n’a aucune garantie pour le lendemain le plus immédiat ? Puis nous nous étonnons de ce que le sol tremble sous nos pas, et de ce que le gouffre des révolutions ne veut pas se clore? » — L’illustre professeur, entraîné alors par ses nobles sentiments, a osé faire d’un ton solennel une terrible comparaison, devant un auditoire choisi et nombreux. « Cette situation, dit-il, est particulièrement insoutenable et menaçante en France, car chez nous l’ouvrier a le droit, quant il souffre, de répéter cette exclamation que le prince des orateurs romains mettait avec un accent d’énergique désespoir, dans la bouche d’un citoyen iniquement condamné par un odieux proconsul: Je suis un citoyen de Rome, un fils de la reine du monde! : Civis suiu Romanus! Et à la connaissance de ses droits, l’ouvrier français joint le sentiment de sa force; car il y a dix ans il renversa un trône en trois jours et de toute part on l’excite à ne pas l’oublier. Autour de lui tout est calculé pour qu’il s’en souvienne (1). » — Ainsi parlait M. Michel Chevalier en 1840. — Nous venons de voir, Messieurs, qu’en effet, le peuple français conservait la mémoire et la conviction de sa puissance.

(1) Discours d’ouverture an premier cours d’économie politique.

Quant à la fraternité, à ce sentiment sublime qu’aujourd’hui, suivant l’expression de M. Michel Chevalier, la science suppose exister, voici ce qu’il disait lui-même à l’ouverture de ses savantes leçons! «De nos jours, entre le chef et l’ouvrier, il y a moins de liens moraux que dans l’ancien régime. Avant 1789, la famille industrielle existait, aujourd’hui elle est dissoute. La filiation est rompue, chacun pour soi. Le proverbe ajoute : Dieu pour tous ; ici il faudrait dire : Dieu pour personne. Sans liens avec les maîtres, les ouvriers n’en ont pas davantage entre eux. Ils n’ont les uns envers les autres ni obligations ni devoirs. Dans l’atelier, les corps se touchent, les esprits n’ont aucun rapport. Il y a des hommes juxtà-posés. Il n’y a pas de sentiment connu, si ce n’est peut-être la haine du régime auquel l’ouvrier est astreint. La concurrence illimitée, qui est Punique loi de l’industrie et qui rend les maîtres ennemis les uns des autres les oblige, sous peine de banqueroute, c’est-à-dire de mort industrielle, à augmenter sans cesse la tâche de l’ouvrier en réduisant d’autant la rétribution de l’unité du travail, ce qui en langage industriel est appelé le prix de la pièce. Elle contraint l’ouvrier à regarder son voisin comme un rival qui lui dispute son jpain. Il semble que le génie de la guerre, repoussé par le bon sens des nations et des gouvernements, ait cherché à se ménager dans l’industrie un dernier asile et qu’il y ait provisoirement réussi, s Mais, revenons à notre problème de la liberté du travail et du commerce. Si donc leur mise en pratique exige la domination morale de principes qui n’existent pas et qui ne peuvent pas exister sous le système social

actuel, la mise en pratique de la liberté du travail, de la concurrence et du libre commerce est illusoire et chimérique pendant le règne de ce même système. Et quel sera le résultat de la mise en pratique forcée, de principes illusoires et chimériques, pendant le règne d’un système social qui les constitue tels? — U anarchie. Donc, la mise en pratique de la liberté du travail, de la libre concurrence et du libre commerce devient anarchique.

Cette conséquence nous ramène à la seconde question que nous n’avons pas examinée, par le motif qu’elle vient d'être supposée résolue négativement, cette solution négative étant le drapeau de la révolution ; réforme sociale, car on ne réforme {joint ce qui est bien organisé.—Cependant nous allons transcrire ce que nous disions en 1845 (1), après avoir établi que l’organisation de la société suppose l’organisation morale et l l 2 organisation matérielle ; ou l’organisation de l’instruction et l’organisation de la richesse.

« Dans la société moderne y a-t-il organisation de l’instruction.

«Je vous demande pardon, Messieurs, cette question est presque impertinente; vous avez déjà répondu que pour nous il en était de l’instruction comme de la liberté pour Destuttde Tracy(2). L’instruction, en science morale, est ce que chacun veut; nous n’avons pas

(1) Voir la note page 53.

( 2 ) La, liberté est tout ce qu’on désire, tout ce qu’on aine , tout ce qu’on veut... Commentaire sur VEtprildes Lois, de Montesquieu, par M. le comte Destutt de Tracy ; Paris, 1822, p. 125.

d’instruction: s’il en existait une, une réelle,reconnue comme telle, par cela seul qu’elle existerait elle serait organisée, et nous n’en serions pas réduits à décider par majorités.

« Et l’organisation de la richesse?

« Elle est la même que celle de l’ancienne société ; il n’y a de changé que l’abolition de l’hérédité par primogéniture, et cela ne regarde point les masses qui n’héritent point ; et l’abolition des jurandes, qui n’a point amélioré le sort des masses.

«Je sais, Messieurs, que je serai accusé d’exagération. Encore une fois, j’en appelle à ceux qui m’accuseront. Ai-je raisonné juste, oui ou non? — A cette demande, il ne me sera point répondud irectement. On se contentera de me dire: Vous voulez la perfection sociale, elle est une chimère.

« Si c’est une chimère, Messieurs, ou empêchez les masses d’examiner, car ce n’est qu’à ce prix que l’ancienne société a pu exister ; ou préparez-vous à toutes les horreurs de l’anarchie. Il est bien singulier que nous nous vantions d’exister dans un siècle où domine le raisonnement; et aussitôt qu’un logicien se présente, logicien même de l’aveu de ses adversaires, on lui dit qu’il est fou. Mais de quel côté est donc la folie?

« Comment! la perfection sociale est une chimère! Mais qu’est-ce donc que cette perfection?

« C’est l’harmonie entre l’organisation de l’instruction et l’organisation de la richesse.

« Ceux qui me reprocheront d’être utopiste veulent donc qu’il y ait anarchie entre ces deux organisations? Certes ce n’est point au sein de l’Académie qu’un pareil

reproche me sera fait. Il n’est pas un de ceux qui ont la bonté de m’écouter qui, dans ses écrits, n’ait formulé en d’autres termes ce que j’ai maintenant l'honneur d’énoncer.

« Et pourquoi donc en public n’ose-t-elle pas avouer ce que chacun des membres de cette Académie reconnaît en particulier?

« C’est qu’on craint d’aborder franchement le problème de l’organisation sociale. Faut-il le dire en un mot? c’est qu’on craint de froisser des préjugés.

« Et qui donc détruira les préjugés à une époque où ils sont devenus incompatibles avec l’existence de l’ordre?

« Je le répéterai mille fois : Y anarchie.

«En m’arrêtantici ilme serait dit avecjustice : Si vous n’avez que des malheurs à nous annoncer, taisez-vous. Laissez-nous passer le peu de jours d’ordre qui nous restent dans une heureuse ignorance. Ne faites pas de notre société un enfer où il y ait place pour tout, hors l’espérance.

« Pour ne point mériter ce reproche je répéterai donc également :

« Quela première chose nécessaire pour se guérir est de se reconnaître malade ; que lorsque la maladie est sociale il faut qu’elle soit socialement reconnue ; et que l’Académie seule a socialement le droit de ne pas nier l’état pathologique de la société. J’ajouterai que c’est tout ce qu’il lui est d'abord possible de faire. Aussi j’espère qu’elle accueillera mes observations avec bienveillance.

« Je me résume.

« L’organisation du travail, c’est l'organisation de la société.

« Quand l’examen doit être comprimé parce que la base sociale est une hypothèse, les majorités doivent être exploitées par les minorités.

« Quand l’examen ne peut plus être comprimé, il faut que l’anarchie existe ou qu'il n’y ait personne d’exploité.

« Quand il n’y a personne d’exploité, quand la société prend un égal soin de tous ses membres, quelle que soit leur naissance, il y a libre concurrence réelle.

« Quand cela n’existe pas, la libre concurrence es! illusoire.

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