‹ Opuscules sur la rente foncièreChapitre 21 sur 23 · SENTES · texte numérisé non relu

SENTES

capitaux.

annuels.

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peine sociale.

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taux ne donnant que les profits pour cette couche et pour celle qui est la plus productive. La rente, qui est, pour chaque couche de capitaux, égale au produit brut multiplié par la différence des prix aux taux don^ nant le profit ordinaire pour ce l^foduîtiet c^ui des capitaux les moins productifs, n'a exigé aucune peine nouvelle et ne représente aucune quantité de produit obtenu. 11 est évident qu'elle est un simple déplacement de richesses par suite de l'uniformité du prix de la denrée, et qu'elle n'est le payement ni d'un travail, ni d'une coopération plus grande de la nature, ni de quoi que ce soit. C'est la différence entre les produits ou les revenus obtenus par des capitaux égaux inégalement productifs, qui donne à la rente une grandeur définie. Elle est le résultat et non la cause du prix, comme nous venons de voir; celui-ci est fixé par le capital qui ne donne point de rente. La rente île peut 4onc pas se trouver dans le prix considéré du point de vue général et absolu. Dans les revenus rapportant une rente, on peut faire sa part, qui sera différente pour les capitaux diversement productifs. La rente ne peut donc avoir de taux général, mais un taux particulier pour chaque couche de capitaux superposés, dans notre supposition d'un sol de qualité invariable dans tout le pays.

Les progrès dans le travail de la terre avaient lieu avant l'apparition de la rente ; ils continueront également pour les capitaux qui n'en apporteront pas : ce n'est donc pas cette superfétation du revenu d'une partie des capitaux qui est nécessaire au progrès. Du

point de vue de la somme des richesses tocialés, elle n'est ni l'expression d'un gain, ni celle d'nne perte Ou d'une peine > mais du point de vue de là distribution des richesses, elle est, pour les bonsommateurs/une aggravation gratuite d'une peine sociale à l'avantagé, inutile pour la société, de quelques producteurs. Après l'effet bienfaisant de la rente dans la distribution équitable du produit parmi les consommateurs, il ne reste aucun motif pour perpétuer l'inégalité de distribution entre les propriétaires recevant les rentes , — d'un côté, et les consommateurs, les propriétaires euxmém^ y compris, ce qui revient à toute la population, — de l'autre. Cependant, ce n'est pas en éparpillant la somme des rentes parmi les consommateurs qu'on en retirerait le plus grand bien; le plus avantageux est de leur donner le caractère de capital accumulé et de les employer, après les avoir prélevées par un impôt, au profit collectif de la société.

Si la rente est laissée au propriétaire, la valeur de sa propriété augmentera d'une somme équivalente à la rente annuellement perçue. Il peut, sans y employer un capital quelconque, faire payer son droit d'exploiter le terrain. Le locataire lui payera la rente, se contentant des profits seuls comme s'en contentaient les propriétaires avant que leurs terrains n'aient commencé à rapporter une rente. Dans le cas de l'impôt absorbant la rente, une semblable location ne sera plus possible, et la valeur de la propriété ne sera que celle des capitaux, non pas effectivement employés, mais celle de la valeur actuelle de ces capitaux. La valeur due au ca-

pital impérissable y employé au défrichement primitif^ disparaîtra dans le cas de l'exploitation de tout le territoire. Elle ne c^essait de diminuer jusque-là, et avait pour mesure la difficulté présente de nouveaux défrichements. Maintenant il n'y a plus de nouveaux défrichements , et il n'y a par conséquent plus d'évaluation possible de leurs frais; de plus, la rente^ si on la considère comme amortissement de la dernière valeur à laquelle s'estimait le défrichement, indemnisera, dans peu d'années, le propriétaire.

Si le pays ne jouissait pas de la liberté des échanges avec tous les autres, son appauvrissement continu par l'emploi successif des capitaux, de moins en moins productivement, ne pourrait s'arrêter que par un arrêt dans l'accroissement de la population et, par conséquent, dans celui de la demande des produits. Avec la liberté des échanges, au contraire, cet appauvrissement ne peut être que très-limité et même insignifiant comparativement à l'accroissement des industries manufacturières du pays. La concurrence étrangère évitera au pays la nécessité de la superposition successive des capitaux sur le même terrain avec moins d'effet produit; et comme dans d'autres pays il se trouvera toujours, — et jusqu'à ce que les terres du globe entier ne soient cultivées en totalité, — des terrains aussi productifs que ceux de notre pays supposé, il n'y aura de hausse dans les* prix des produits que celle due aux frais de transport. Les rentes ne pourront s'élever au delà de la limite posée par ces frais> après

quoi elles diminueront à mesure du perfectionnement des moyens de locomotion,

Nous avons supposé jusqu'ici que les frais du transport intérieur étaient invariables pour tous les points du territoire du pays. Ces frais se distribuent dans les diverses parties des frais généraux que nous avons analysés; il y a la part des salaires, celle du matériel, des amortissements, etc. Si les frais du transport variaient à cause de la différence des distances au marché et des obstacles naturels intermédiaires, il y aurait différence des frais de production pour la même quantité du produit dans diverses propriétés. Le prix du produit devant être toujours au moins suffisant pour donner des profits ordinaires aux capitaux engagés, il est clair que , dans l'exploitation d'une denrée , c'est le lerrain pour lequel les frais du transport sont les plus grands qui détermine le prix courant de la denrée considérée. L'accroissement de la demande, en faisant hausser le prix, permettra de placer la culture dans des conditions de plus en plus désavantageuses relativement au transport. A toute époque, la culture placée dans les dernières conditions ne donnera que le profit, et toutes les autres, — des rentes^ d'autant plus grandes que l'accroissement du prix a permis de placer le dernier appoint de la demande dans des conditions plus onéreuses. Ce ne sont plus des capitaux superposés sur la même terre, mais des capitaux employés sur des terres différentes , qui se trouvent plus ou moins productifs à cause de la différence des frais du transport. Mais cela ne change en rien la nature et les

propriétés de la rente que nous avons îndîquéescî-dessus. Pour estimer les rentes relatives aux difiTérences de difficulté du transport, il faut les considérer pour des denrées déterminées, parce que lés meilleures conditions du transport ne sont pas toujours les mêmes pour toutes les denrées quelconques.

Les perfectionnements dans les moyens de transport font disparaître les obstacles intermédiaires, et toute la part des rentes due aux différences de ces obstacles disparaît peu à peu. Les différences d'éloignement du marché restent les seules causes de différence des frais de transport et des rentes qui en résultent.

Ce n'est que les différences relatives des frais de transport qui donnent naissance aux rentes et non pas l'importance absolue de ces frais, celle-ci n'influe que sur le prix de la denrée. Quelle que soit la difficulté de transport d'une denrée, pourvu que cette difficulté soit la môme pour toutes les terres où cette denrée est exploitée, il n'y aura nulle part de rente due à la difficulté du transport, mais la valeur de la denrée sera d'autant plus grande que les frais du transport seront plus forts. Le prix de la denrée sera tenu, par la concurrence, au taux nécessaire pour ne donner que les profits courants des capitaux engagés, s'il n'y a pas d'autre cause pour déranger cet état de choses. Une autre denrée pourrait se trouver exploitée dans des conditions meilleures ou moins bonnes, relativement au transport; mais si ces conditions sont variables d'une propriété à une autre, la denrée rapportera des rentes. Son prix sera plus bas qu'il n'aurait été si la

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tfeni^ était cultivée â une distance plus grande du tharché, et plus haut dans une supposition contraire.

Une plus grande difficulté de transport, augmentant les frais, est cause de ce que pour le même capital en frais il y a moins du produit obtenu. Les perfectionnements dans la locomotion diminuent les frais de traiisjKirt proportionnellement aux distances; il en résulte Une diminution de la différence entre les frais, et par Sttite une diminution de la différence entre les quantités de la denrée produites aux mêmes frais, c'est-àdire une diminution des rentes en produit. Il y à donc tlne décroissance continue des rentes en produit dues ôtix différences de la distance au marché, mais elles ne peuvent disparaître comme les rentes dues aux obstacles intermédiaires qu'il est possible d'aplanir partout. Les rentes dues aux distances sont, sous ce rapport, analogues au taux de l'intérêt des capitaux qui ne pourra jamais ni disparaître, ni cesser de diminuer; sa diminution ayant lieu dans une progression décroissante.

Les rentes en argent décroissent plus rapidement que les rentes en produit, parce que les économies du transport diminuent aussi le prix de la denrée, et que la rente en argent c'est la rente en produit multipliée par le prix.

L'impossibilité absolue de la suppression des inégalités des frais de transport est cause de ce que même dans un pays uniformément fertile, mais entièrement cultivé, et sans différences des frais de transport intérieur, les rentes ne pourraient disparaître que daiis le

cas où les industries foncières qui s'y exploitent se trouvent dans des conditions moins avantageuses que celles d'autres pays faisant concurrence aux propriétaires de celui-ci.

Ce qui est de l'accroissement de la valeur d'une propriété dû à la rente qui prend naissance dans la différence des frais de transport, nous n'aurions qu'à répéter ce que nous avons dit d'un accroissement pareil provenant de l'emploi de capitaux de moins en moins pïOrductifs.

Les travaux individuels d'amélioration des moyens de transport se confondent avec ceux que nous avons examinés en général sans spécifier l'espèce du matériel amélioré. Ces améliorations procurent un bénéfice décroissant et disparaissant par l'effet de la concurrence.

Les grands travaux d'amélioration des communications dans le pays sont l'objet d'entreprise de sociétés spéciales ou de l'État, et le boni qui en résulte pour quelques propriétés, à l'exception des autres, est une rente. Ce boni ne diffère en rien de la différence de revenus de diverses terres due à la différence des distances ou d'obstacles naturels. Il n'y a pas de raison pour que les propriétaires favorisés en jouissent seuls lorsque tous les membres de la société y ont contribué, et l'absorption de cette rente par l'impôt ne ferait aucun tort à l'industrie foncière, n'ayant aucune influence sur les prix^ ni sur la continuation des améliorations des voies de communication. L'effet de l'amélioration d'une voie publique, tout en faisant naître ou augmenter les rentes des propriétés riveraines, produit néan-

moins une baisse du prix des denrées dont elle parcourt la culture. Cette baisse du prix diminue les rentes des terres en dehors de la voie, et ne permet pas aux nouvelles rentes d'atteindre l'importance des anciennes. L'effet sommaire de l'extension des améliorations des voies et moyens de transport est ainsi, comme nous l'avons déjà fait voir, une diminution continue des rentes. Dans le cas particulier où les terrains qui ne donnent que les profits ne puissent pas profiter d'une amélioration du transport, le prix d'une denrée ne serait affecté en baisse que si la production augmente dans les propriétés profitant de la voie, excitée comme elles seraient par une plus grande facilité du débouché. Une augmentation du produit au delà de la demande baisserait alors son prix , et les cultures des terrains ne donnant que les profits seraient en perte jusqu'à ce qu'une nouvelle demande ne rehausse le prix.

Passons maintenant à l'examen d'un pays , dont le sol est varié en propriétés naturelles; qu'il y en ait de secs, d'humides, de sablonneux, de calcaires , d'argileux, de rocailleux, de pauvres ou riches en humus, etc., etc. A l'origine de la société, les moyens d'exploitation sont faibles, et les premiers cultivateurs s'établiront sur les terrains les plus faciles à défricher* Parmi ces terrains faciles, il y en aura de plus ou moins propres à la culture de trois ou quatre denrées qui forment encore le principal et presque unique besoin de la population. La population ne manquant pas de quelque intelligence , saura choisir les terrains présentant les meilleures conditions à la production des

denrées qu'elle se propose d'y cultiver. Après un laps de temps plus ou moins court , la population ayant augmenté , toutes les portions donnant le plus de produit aux moindres frais seront exploitées, et une légère augmentation du prix d'une des denrées cultivées dans le pays donnera le moyen de retirer les profits ordinaires d'un terrain présentant des conditions moin9 fevorables à la réussite de cette denrée. La même chps^ arrivera dans la production d'une autre et de toutes les denrées qui font l'objet des besoins de la population. Le prix de chaque denrée s'établissant au taux donnant le profit ordinaire du capital employé le moins fructueusement^ celui employé plus avantageusement donnera plus que le profit, c'est-à-dire une rente. L'accroissement de la demande ne cessant jamais , on étendra la culture de la denrée aux portions du territoire de moins en moins favorables; de BortQ que toute la série des terrains^ produisant la même denrée, donnera, à une époque déterminée, des rentes de moins en moins grandes jusqu'au dernier cultivé qui n'en donnera point, et que ces rentes s'accroîtront^ mesure que l'on étendra la culture aux terrains de pleins en moins productifs. Cette extension de la culture exige un accroissement de capitaux pour lea employer aux nouvelles terres ; il faut par conséquent qu'il y ait progrès dans la richesse du pays. Mais, dans le progrès, il n'est pas possible que les capitaux ne fassent qu'augmenter sans se perfectionner, c'està-dire que, par exemple, la quantité des charrues augmente sans qu'il y ait des améliorations de cet

instrument essentiel du labour. Or, le perfectionnement du matériel , ainsi que de l'habileté dans le travail et des connaissances théoriques et pratiques dans l'art agricole, joints à la baisse de l'intérêt des capitaux qui s'accumulent et à la hausse des prix , permettront de défricher avec avantage des terrains plus difficiles mais plus productifs que les premiers. On y procédera même avant l'exploitat^n de tous les terrains faciles, car on le fera aussitôt que l'on pourra retirer des terrains plus difficiles des profits ordinaires, et au moment, par conséquent, où il sera tout aussi avantageux de les attaquer que de défricher un terrain plus facile, mais moins productif. Il pourra donc rester en friche une partie de terrains de la première série, faciles à défricher, mais de moins en moins productifs. Parmi les nouveaux terrains, il y en aura, de même, de moins en moins favorables à la culture de la denrée, relativement à laquelle nous considérons les exploitations. 11 s'en trouvera aussi qui tout en étant plus diffficiles à préparer pour recevoir la culture, ne seront, en même temps, pas plus fertiles, et il y en aura aussi de moins favorables que ceux de la première série, car la fertilité des terre$ n'augmente pas nécessairement en raison de la difficulté de leur exploitation. Ainsi, par exemple, un sable mouvant ou un rocher exigent des frais énormes pour leur mise en culture, et peuvent n'être que les plus infertiles des sols relativement à l'emploi qu'on en fait. On s'adressera d'abord à ceux des nouveaux terrains qui donneront le plus de produit aux mêmes frais primitifs çt courants, car ce n'est que ceux-là qui

donneront les profits ordinaires, et qu'on les attaque, comme nous avons dit, aussitôt que l'on peut en retirer ces profits. Quoique ces terrains soient naturellement plus fertiles, la dépense pour la mise en culture les mettra, sous le rapport des revenus, au rang des moins profitables et ils ne donneront pas de rente, tandis que les derniers des terrains faciles et moins productifs commenceront à en rapporter une.

Nous aurons dans les nouveaux terrains plus difficiles et plus fertiles, une série de cultures de moins en moins productives, analogue à la série précédente, s'étendant à mesure de l'accroissement de la demande. On y verra de même surgir des rentes d'autant moins fortes que les terrains sont plus récemment exploités, et croissants à mesure de l'extension de la culture aux terrains moins propres à la production de la denrée considérée.

Mais l'accumulation et le perfectionement des capitaux servant à l'exploitation foncière, croissant toujours, on trouvera un avantage à commencer le défrichement des terrains encore plus difficiles mais aussi plus fertiles encore, et de laisser en friche une partie de la série précédente plus facile à préparer à la culture mais moins productive.

On arrivera enfin à occuper tous les terrains les plus difiîcîles et, en même temps, les plus productifs , et Ton sera obligé d'en venir à ceux laissés en friche lors du passage d'une série à l'autre des terrains de plus en plus difficiles.

Les avantages relatifs des terrains étant le résultat

— soldes deux causes combinées : difficulté de la préparation du terrain , et sa fertilité native, ou des frais de mise en culture et du rendement du capital employé en frais courants annuels, il est clair qu'on se trouvera souvent dans le cas d'avoir plus d'avantage à revenir à une série de terrains moins fertiles, abandonnés primitivement, au lieu de commencer ou de continuer le défrichement de ceux qui sont plus difficiles quoique plus fertiles. Ce retour aux terrains plus faciles sera d'autant plus fréquent que l'on rencontrera plus souvent parmi les terrains difficiles des portions peu fertiles. Les derniers terrains auxquels s'adresseront les cultivateurs du pays, seront, sans contredit, ceux qui réunissent, en même temps et au plus haut degré, la difficulté de la mise en culture avec l'aridité naturelle.

C'est ainsi que l'ordre des mises en culture des divers terrains, pour la production de la même denrée, ne sera ni suivant la difficulté croissante de leur défrichement, ni suivant leur rendement décroissant aux mêmes frais courants , mais d'aprh Veffet combiné de ces deux causes de l'avantage relatif entre les terrains. Le dernier en date de la mise en culture sera toujours celui qui ne rapportera que les profits; quant aux autres , Tordre des rentes ne sera pas toujours celui des dates de la mise en culture des terrains , car la hausse du prix a d'autant plus d'influence sur la hausse du revenu que le produit brut, aux mêmes frais, est plus grand.

Les frais de transport étant comptés dans la somme des frais courants, la rente dont nous parlons çon-

tiendra fout ce qui est dû à la différence de facilité des communications et de l'éloignement relatif du marché; c'est dans la fertilité relative du terrain que nous comprenons la facilité relative du transport pour ne pas scinder la rente, ce qui serait aussi inutile que peu praticable.

Après avoir posé la loi générale de Faccroissement des rentes ^ voyons les causes qui les font baisser et les lîrnitent. D'abord, dans le progrès de la populatkm du pays, les besoins deviennent de plus en plus variés. Au lieu d'un nombre restreint de diverses denrées, on en demandera à la terre une variété toujours croissante. Des terrains, qui ne donnaient que de cbétifs produits en denrées qu'on s'efforçait d'y cultiver, se trouveront beaucoup plus aptes à la culture de denr^s dont on ne faisait pas jusqu'ici usage. Les terrains se classeront ainsi, d'après les espèces d'industries foncières pour lesquelles ils présentent des conditions plus favorables. Il y aura beaucoup moins de différence que naguère, entre les rendements, auX mêmes frais, pour la môme denrée; les rentes en produit dimir nueront par conséquent.

La production de la même denrée n'étant plus poussée aussi loin dans la série des terrain» de moins en moins avantageux, sous le double rapport de la difficulté de la mise en culture et du rendement irabséquent, le dernier cultivé, qui ne donne que le {m)fit, sera plus productif, et le prix de la denrée baissera. Les rentes en arg^j^f baisseront donc phls encore que fx^^ en produit^

Le? perfectionnements des moyens de défrichement ne se borneront pas à rendre possible et avantageuse la mise en culture des terrains difficiles, ils réduironf les frais de ce travail au point que les intérêts dei^ capitaux sacrifiés ne formeront plus qu'une partie insignifiante du revenu de la terre obtenu par les frais courants de la culture. Cela sera une autre cause de la diminution du prix et des rentes j et les capitaux employés au défrichement des anciennes terres per^ dropt considérablement de leur valeur.

Les améliorations dans Tart agricole permettront de produire davantage à moins de frais; de là encore dir minution des rentes en produit, baisse des prix, et diminution plus grande des rentes en argent.

La baisse de l'intérêt des capitaux qui s'accumuleront dans le pays diminueront les frais de toute espèce et les prix, par conséquent; ce qui est de même suivi de la diminution des rentes.

Enfin, la concurrence étrangère posera une limite à la hausse du prix et des rentes pour chaque denrée produite dans le pays.

Il n'est pas impossible, d'après tout cela, que quelque pays n'arrive un jour à n'avoir plus d'autres rentes que celles qui proviennent des difl^érences des frais de transport, les seuls qu aucun progrès de l'humanité ne pourra jamais faire disparaître»

L'action individuelle des propriétaires fonciers consiste ici , comme dans les cas examinés , en améliorations diminuant les frais et augmentant la quantité des denrées produites. Ds jouissent, pour leurs œu*

vres, d'un bénéfice temporaire et décroissant par l'efiFel de la concurrence. Le résultat final de leurs efforts est toujours la baisse du prix et des rentes en faveur des consommateurs.

Tout ce qui a été dit sur l'emploi successif des capitaux sur la même terre convient aussi à leur emploi sur des terrains difiérents. L'analyse des capitaux et de leurs effets et résultats, ainsi que l'analyse des revenus, déjà faites pour les cas les plus simples, n'ont aucune modification à subir dans les cas plus compliqués, et je crois pouvoir considérer mon essai comme complet.

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