LA VRAIE DÉVOTION EST GÉNÉREUX LA FAUSSE DÉVOTION EST ÉGOÏSTE
NOUS avons énoncé plus haut un principe qui doit nous servir à faire ressortir un nouveau caractère de la vraie et de la fausse dévotion.
Le souverain bien, avons-nous dit, aime a se répandre, à se communiquer : « Summum bonum est sui diffusivum. » Or, le souverain bien, c'est Dieu dont la nature infinie ne peut subsister qu'autant qu'elle réunit en elle toutes
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les perfections imaginables; perfections sans origine, sans rivages et sans déclin.
Éternellement et souverainement parfait, Dieu se contemple, et cette contemplation le remplit d'une joie inexprimable, qui suffit à son bonheur. Sans se faire injure, il peut retenir dans son sein tous les êtres qu'il y voit à l'état idéal; s'il les produit, il n'accroît pas son être, il ne multiplie pas sa vie, il n'ajoute pas la plus petite goutte à sa félicité. — Cependant Dieu produit au dehors. Le bien qu'il contient tout entier dans son sein immense, il le répand, il le distribue, il en fait à des êtres qui ne l'ont pas demandé, de perpétuelles communications. Cet océan de l'être, de la vie, de la perfection, est sans cesse occupé à envoyer l'être, la vie, la perfection, par ces milliers de canaux dont les croisements infinis forment le monde, comme notre océan terrestre est sans cesse occupe à envoyer ses eaux aux torrents, aux fleuves, aux rivières, aux ruisseaux qui sillon- Qcnt la surface du globe. Si l'océan retenait,
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dans ses profondes entrailles, tous les flots qui s'y agitent et s'y mêlent par un perpétuel mouvement, la course des eaux qui vivifient la terre serait suspendue, les vallées affligées se dépouilleraient de leurs beautés, et la mort répondrait, comme un écho, à l'immobilité égoïste des abîmes. Mais, constamment sollicitées par les rayons ardents du soleil, les mers se laissent arracher, en vapeurs légères, leurs ondes généreuses ; portés par des vents propices, ces lacs mobiles se promènent dans les hautes régions de l'atmosphère, jusqu'à ce que la terre les appelle ; ils tombent sur ses flancs desséchés, l'abreuvent, la pénètrent, et reprennent leurs pentes vers les lieux d'où ils sont sortis.
Ainsi en est-il de Dieu, océan du souverain bien. S'il se concentrait en lui-même, tout être se sentirait tomber au néant ; mais constamment sollicité par les rayons ardents de son amour, il répand le bien qui est en lui. Tous les êtres s'en abreuvent et le lui retournent
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par les pentes qu'il leur a données vers sa perfection infinie.
« Summum bonum est sui diffusivum. Le souverain bien aime à se répandre. > Comme ce principe est vrai! il suffit d'ouvrir les yeux pour en découvrir partout et à chaque in.stant la vivante application.
Dieu est le principe de tous les biens ; conséquemment le principe de la dévotion et des grâces qui y sont attachées. Mais, en même temps qu'il est principe, il est type, en vertu de l'inclination qui le porte à se répandre. En donnant quelque chose de sa perfection, il imprime aux êtres un mouvement par lequel leur perfection communiquée cherche à se donner elle-même. Il forme, dans toute nature créée, des habitudes généreuses. Combien plus dans les natures qu'il a sanctifiées par la grâce et qui tendent davantage à se rapprocher de lui !
C'est en conséquence du mouvement que Dieu lui imprime et sur le mouvement typique des communications divines, que la vraie et vi-
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vante dévotion se forme, dans ses habitudes de générosité.
Elle est généreuse. C'est un de ses plus remarquables caractères; il se recommande particulièrement à notre attention.
Dieu se donnant à elle, l'âme dévote se sent pressée de se donner à Dieu: c'est son premier mouvement. Elle se donne, non-seulement par certains actes spécifiquement déterminés et classés d'avance, mais elle se donne tout entière. Elle offre le meilleur d'elle-même. Elle l'offre, non-seulement de bouche, ne se contentant pas de dire : a Seigneur, je suis à vous, Seigneur, prenez-moi ; » mais elle l'offre effectivement par un perpétuel sacrifice d'elle-même par une constante mortification de toute recherche et de toute satisfaction dans laquelle D ieu ne se retrouverait pas.
Elle offre son imagination, son cœur, ses sens.
Tous les fantômes dont la présence importune éloigne le souvenir de Dieu, toutes les
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images qui passent ei repassent dans cet endroit mystérieux qui confine les convoitises^ images dont le jeu séduisant sollicite les appétits de la nature, — elle les prévient par la vigilance, elle les éloigne par des préoccupations saintes; elle s'efforce de leur substituer les pieuses représentations des mystères dans lesquels elle rencontre celui qu'elle cherche et à qui elle veut appartenir sans partage.
Toutes les affections qui amollissent le cœur et lui préparent des jalousies, des surprises, des déceptions, des tristesses, des découragements, elle les immole. Toutes les attaches secrètes, qui entravent le libre mouvement de Tamour vers celui qui est tout amour, elle les rompt. Ellle dit, avec saint François de Sales : « Si je voyais dans mon cœur un petit fil qui ne fût de Dieu, à Dieu, pour Dieu, je l'arracherais tout de suite. • Elle s'applique à ne plus aimer ni rien, ni personne, que dans celui qu'il faut aimer par-dessus tout.
Elle ferme le? portes fatales par où le péché
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entre dans l'âme afin d'y prendre une place qui n'est due qu'à Dieu. Elle est discrète dans ses démarches, modeste dans ses regards, réservée dans ses conversations. Elle réprouve ces plaisirs trop doux à la nature, où la sensualité cherche à se satisfaire.
Afin de couronner le complet sacrifice de la nature, elle ne craint pas de se condamner à des privations qui semblent n'être pas rigoureusement commandées par le désordre des appétits. Elle s'abstient dans les choses permises, elle se soustrait même quelque chose du nécessaire. Persuadée que tout progrès dans la vie spirituelle dépend de la violence qu'on se fait en toute chose, selon la pensée de limitation 1, elle ne s'accorde rien que ce qu'il faut : encore n'est-ce pas à elle qu'elle l'accorde mais à Dieu qui la possède, parce qu'elle s'est donnée à lui sans réserve. La mesure de sa générosité , c'est le Crucifix qu'elle adore et
^ « In tantum proficies in (juantum tibi vim intuler;5. » IrÀtation. Liv. I, chap. xxv. r
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qu'elle couvre de ses tendres baisers. Elle y voit son Dieu immolé, elle voudrait s'immoler elle-même. Elle a soif de pénitence et de mortification, et facilement elle comprend les héroïques cruautés des saints qui, pour l'expiaiion du péché et le salut du monde, ont uni leur sang répandu au sang du Rédempteur. Excitée et soutenue par la grâce de Dieu, elle se condamne à ces libres supplices que le monde ne comprend plus, parce que sa vie sensuelle l'éloigné chaque jour de plus en plus du mystère de la Croix. Enfin elle a, comme le Dieu qui s'est donné jusqu'à la mort, un calvaire où elle se donne elle-même par un perpétuel sacrifice.
Telle est la générosité de la vraie dévotion à l'égard de Dieu. Pour lui, elle se refuse tout, tant elle a peur de se rechercher dans ce qu'elle se donne. Pour lui, elle n'épargne rien, tant elle l'estime digne de tous les sacrifices. Elle répond au mouvement par lequel Dieu se communique à elle, en répandant en lui toui
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le bien qu'elle en a reçu. Il se fait entre elle et Dieu comme un échange de vie. Morte à la nature, la vie de l'âme dévote est cachée en Dieui. Elle peut dire en toute vérité : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est Dieu qui vit en moi 2. »
Ne croyons pas cependant que la générosité de la vraie dévotion se réduise à ce mouvement qui donne tout à Dieu. L'âme vraiment dévote prend, dans ses rapports avec les autres, les habitudes de celui qui la possède. Comme il aime à se répandre, elle aussi aime à se répandre. Elle cherche à communiquer ses dons, elle désire que tous participent aux biens dont elle est remplie. Elle n'en tire pas vanité, elle ne s'en glorifie pas, ainsi que nous l'avons déjà remarqué; mais, en rendant à Dieu d'humbles actions de grâces, elle lui demande une effusion générale de tous ses bienfaits. Non-seule-
1 . « Mortui estis et vita vestra abscondita est cum Christo in Deo. » Epître aux Colossiens, chap. m, v. 3.
2. « Vivo jàm non ego, vivit vero in me Ghrisfas. » Epitre -aux Gaiates, chap. m, v. ao.
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ment elle s'applique avec une parfaite abnégation d'elle-même aux œuvres de bienfaisance 1U1 ont pour but de soulager les misères extérieures, y dépensant son temps, son argent et toutes les tendres délicatesses de son cœur; mais elle veut, avant toutes choses, l'expansion du plus grand de tous les biens, la grâce de Dieu. Il lui plairait que tous les hommes fussent bons, pieux et saints. Si elle pouvait faire passer en eux les sentiments qui l'animent, les prendre dans les bras de son amour et les offrir à Dieu dans un même sacrifice, ce serait pour elle le plus grand des bonheurs Écoutez-la : quelles bonnes paroles s'échappent de sa bouche, quand elle veut toucher les cœurs 1 Entrez dans sa vie intime : que de prières elle répand dans le sein de Dieu, afin d'obtenir des grâces ! Comme elle s'afflige de l'infidélité et de l'ingratitude des pécheurs ! Comme elle s'inquiète des imperfections des âmes justes 1 Comme elle appelle par scupirs, gémissements, larmes et douleurs. Dieu au se»
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cours de toutes les âmes dont elle veut le salut et la perfection ! Sans qu'on s'en doute, elle est apôtre, et l'Église lui doit plus de grâces qu'à ceux qui ont pour mission de toucher les cœurs par la prédication, et de les diriger par leurs conseils.
Mêlée à la vie de tous par les secrètes influences de sa charité généreuse, elle semble s'en séparer par le complet effacement de sa vie extérieure. Partout où on la rencontre, on la voit se sacrifier à la paix, au bien-être, à l'avantage des autres. Enfin elle répand tout le bien qui est en elle, parce que le souverain bien s'est communiqué à elle. Toute sa vie est l'application de ce principe, qui convient a Dieu le type de toute perfection : « Summum bonum est sui diffusivum. Le souverain bien aime à se répandre. »
La fausse dévotion part du même principe, mais elle l'applique diversement, comme nous Talions voi\ Son caractère c'est l'ésoïsme.
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Puisque Dieu se donne, pourquoi se tourmenter ? Il s'agit purement et simplement de recevoir. Ou plutôt, la fausse dévotion croit se donner assez par les actes extérieurs qu'elle accomplit et dont elle a fait une part déterminée. Ses prières, ses lectures, ses génuflexions, ses visites à l'église, ses confessions, ses communions, voilà la part de Dieu. Si elle y demeure extérieurement fidèle, elle se croira suffisamment généreuse, quand elle aura répandu des flots de paroles et de sentiments tumultueux, dans lesquels il lui semble laisser échapper toute sa vie; mais au fond elle se possède tout entière.
La fausse dévotion est pleine de passions. Non pas de passions honteuses qui déshonorent et avilissent, de ces passions qu'on ne rencontre que chez ceux qui vivent dans le plus complet oubli de Dieu ; mais de ces petites passions que l'amour-propre protège et que l'on croit pouvoir satisfaire avec une sécurité d'autant plus grande, qu'on les a mises sous la garde
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sacrée de ses exercice^ religieux, et que, par les habitudes extérieures d'une apparente piété, on leur a donné une sorte d'onction sainte.
Le moi vit donc tout entier, dans les entrailles de la fausse dévote, et sa présence se trahit par une sorte d'horreur pour la véritable mortification. Entendons-le bien, il s'agit de la véritable mortification, telle que nous l'avons dépeinte tout à l'heure ; car la fausse dévote se livre volontiers à certains actes extraordinaires de pénitence qui la séduisent et l'abusent. Jeûnes, haire, cilice, disciplines, toutes choses excellentes quand elles sont prises avec humilité et pour représenter les immolations de Jésus-Christ dans sa chair adorable , la fausse dévote les convoite avec ardeur et les demande avec instance. On pourrait croire à son courage et à sa générosité ; mais malheui à elle, si elle ne rencontre pas un directeur clairvoyant qui sache lire dans le fond de sei dispositions.
C'est là que se cachent toutes les petites la-
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chetés de son égoïsme. C'est là qu'on découvre rimmortification en permanence. — Dans l'imagination-, des rêveries dangereuses et malsaines dont la trame est à peine interrompue, quand il s'agit d'entrer en rapport avec Dieu et de converseraveclui. — Dans le cœur, de vaines complaisances , de secrètes adulations , des affections molles et déréglées qui préoccupent, mquiètent, absorbent, troublent, divisent. — Dans les sens, mille délicatesses, mille recherches d'aises ou de bien-être. Jamais de vigilance, très-peu de retenue, si ce n'est sur la limite extrême où l'âme est en péril de fautes -graves. La fausse dévotion en appelle aux actes particuliers de pénitence et de mortification qu'elle accomplit selon ses caprices; mais ces ac:es, n'étant point accompagnés d'intentions pures et élevées, ne sont que les fausses appare nces de faux sacrifices. En somme, la fausse dévote n'est pas généreuse envers Dieu.
Pareillement, elle n'est pas généreuse à l'égard du prochain. Son moi terrible l'occupe à
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tel point, qu'elle n'a ni le temps, ni la volonté de songer aux autres. Dans les œuvres de charité, qu'elle prodigue quelquefois, elle recherche plus la gloire que l'efficacité du bienfait, et ne se tient pour satisfaite qu'autant que ses largesses lui reviennent en louanges et honneurs. Semblable à l'avare, qui compte ses trésors entassés et passe ses mains frémissantes dans les flots d'or qu'il tient sous une triple serrure, elle compte ses prières et ses œuvres pies, elle en jouit à son aise , en songeant que tout cela vient d'elle, que tout cela est pour elle. Son égoïsme spirituel se traduit par cette phrase stéréotypée que tout le monde connaît : e Ah ! il est si difficile de faire son salut ! J'ai bien assez de penser à moi ! » Aussi, n'ayez peur, elle ne s'oubliera pas un seul instant. Même lorsqu'elle manifestera un certain empressement pour les autres, c'est elle encore qu'elle recherchera ; c'est elle qu'elle retrouvera à la fin des prières qu'elle récite , des messes qu'elle entend et des communions qu'elle fait
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pour le salut des pauvres âmes. Dans le bien qu'elle semble répandre autour d'elle, elle fait sa moisson de vaine gloire, et dans le mouvement qui paraissait parti d'un principe généreux, le moi se retrouve toujours.
Autant la vraie dévotion , dans la vie extétieure, est prête à s'efïacer et à se sacrifier, autant la fausse dévotion est prête à paraître et à s'imposer. Elle est remarquable par ses accaparements de toutes sortes. Elle a ses heures : il faut qu'on les respecte , dût-elle gêner dix persormes à la fois. Elle a son confesseur: elle voudrait accaparer son ministère. Malheur à lui s'il oublie, en servant une autre âme, qu'elle est là et qu'elle attend ; malheur à lui s'il refuse à sa loquacité la demi-heure ou les trois quarts d'heure d'attention qu'elle réclame. Un orage se prépare, et le moindre inco^-îvénient qu'on puisse craindre , c'est de s'entendre traiter d'homme insensible aux charmes de la vertu, de prêtre indifférent à la perfection des âmes, de mmistre partial de la
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justice et de la grâce divines. La fausse dévotion a ses livres : n'y touchez pas. Elle a sa place : ne la prenez pas, même par mégarde ; elle ne sait pas s'en priver, pour le bon ordre et la paix du lieu saint. Cette place est à elle; elle l'a choisie bien située, bien avantageuse, afin qu'elle puisse voir à son aise son Saint-Sacrement, et entendre à pleines oreilles son sermon; elle la recherche avec inquiétude, elle la réclame avec hauteur; — c'est sa propriété! — Que de petitesses, que de mesquines actions nous pourrions signaler encore qui n'ajouteraient rien à cette vérité : la fausse dévotion est égoïste.
Autour de cet égoïsme tout est stérile, ou plutôt tout est gâté. La fausse dévotion perd une partie de ses prières et de ses bonnes œuvres, en les retenant, avec avarice, dans les étroites limites de sa propre vie; tandis que la rraie dévotion , ouverte comme le sein de Dieu, s'enrichit de mérites et convertit silencieusement^ par son mystérieux apostolat, les
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âmes pécheresses et imparfaites Le moi de la fausse dévote scandalise les âmes faibles, jus qu'à leur faire douter de la piété; tandis que la vraie dévotion relève et féconde toutes les âmes, qu'elle approche par ses salutaires influences.
Ne quittons pas des yeux ces deux portraits sans rentrer en nous-mêmes, ni sans dire à Dieu, du fond d'un cœur sincère et dévoué, ces belles paroles de V Imitation : « Seigneur ! source d'amour éternel, tout ce que j'ai est à vous. Le service même que je vous rends est votre bien. Et, cependant, par un renversement admirable, je vous sers beaucoup moins que vous ne me servez. Voilà le ciel et la terre jjie vous avez créés pour le service de l'homme; ils sont toujours prêts et accomplissent, chaque jour, les ordres que vous leur avez donnés. C'est trop peu : vos anges eux-
êmes, vous les avez destinés, par une disposition providentielle, à être les ministres de l'humanité Mais ce qui surpasse tout, c'est que vous ayez daigné vous faire le serviteur de
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rhomme et lui promettre de vous donner à lui.
t Que vous rendrai-je pour ces milliers de biens? Que nepuis-je vous servir tous les jours de ma vie! Au moins que ne puis-je employer un jour, un jour tout entier à votre unique
service O mon Seigneur et mon Dieu, je
le veux ainsi, je le désire ainsi, daignez suppléer à ce qui me manque pour mettre en œuvre ce dessein ^
« C'est un grand honneur et une grande gloire de vous servir.^ et de tout mépriser pour
vous Grande grâce, suaves consolations de
r Esprit-Saint, grande liberté du cœur : c'est la récompense de ceujc qui ont renoncé, pour vous, à tout plaisir sensuel, et rejeté toute soUicitudejnondaine, afin d'entrer dans la voie étroite. »
€ O glorieuse et douce servitude de Dieu !... O servitude digne d'être embrassée ei souhaitée à toujours 1. 6
k Imitation. Liv. III, chap. x.
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