‹ Or & alliage dans la vie devoteChapitre 27 sur 44 · DÉSAGRÉABLE, INDISCRÈTE · texte numérisé non relu

DÉSAGRÉABLE, INDISCRÈTE

EN étudiant les qualités et les défauts de la vraie et de la fausse dévotion, nous en avons remarqué les bons et les mauvais effets Les habitudes de l'âme retentissent fatalement dans la vie extérieure. Cependant il reste cer- ^ins détails d'attitude et de conduite qu'il est important de connaître ; car, indépendamment de tout autre signe, ils nous donnent la mo

sure du vrai et du faux, dans la vie dévjte.

i38 Simplicité, etc-

Ouvrons donc les yeux et examinons avec soin l'attitude et la conduite de la vraie et de la fausse dévotion : l'une est simple, aimable et discrète ; l'autre est affectée, désagréable ei indiscrète.

Nous disons de Dieu qu'il est simple parce qu'il n'est pas composé de puissance et d'acte, de matière et de forme ; nous disons des esprits qu'ils sont simples, parce qu'ils ne sont pas composés de quantités divisibles ; nous disons d'un corps qu'il est simple lorsqu'il ne contient qu'un seul élément : mais, par extension, nous disons d'une chose qu'elle est simple, lorsqu'elle ne contient que les éléments qui lui sont propres, et c'est dans ce sens que nous devons entendre la simplicité de la vraie dévotion.

Elle est simple, c'est-à-dire que, tout en co rrigeant la nature, car c'est un devoir, elle ne la surcharge pas de formes singulières, de bizarreries et d'étrangetés. Au dedans comme au dehors, elle va tout d'une pièce. En elle,

Affectation, etc, iSp

rêtre et le paraître sont en merveilleux accord. Ce que saint François de Sales conseillait à ses filles spirituelles, elle l'applique à son intérieur. « Il ne faut point trop pointiller en l'exercice des vertus... il faut y aller rondement, franchement, naïvement, à la vieille française, avec liberté, à la bonne foi. Grosso tnodoi. » C'est ainsi qu'elle va. L'extérieur s'en ressent; on n'y voit rien qui ne soit naturel et qui ne ressemble à ce que tout le monde doit faire. Sa physionomie, ses vêtements, ses allures, sa démarche, ses poses, sa conversation, ni n'étonnent le regard, ni n'éveillent l'attention. Elle a appris, dans les Saintes Lettres, que la gloire des enfants de Dieu est toute à l'intérieur 2; à l'école des saints, qu'on ne doit point, à moins d'uns inspiration particulière, s'adonner aux sing qlarités. « Il ne s'agit pas, dit saint Grégoire de Nazianze, de déprimer son cou, de parler bas,

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