LES SAINTS PERES
UN TYPE D*APRès LES SAINTS PÈRES
ON l'appelle Marie, — Marie ! Nom prophétique de ses grandeurs, de ses vertus et de ses bienfaits.
Fruit béni de la vieillesse de deux saints» elle appartenait à la famille déchue des rois de Juda, et se rattachait, par leur sang illustre, aux premiers héritiers des promesses divines Abraham, Isaac, Jacob et David étaient ses aïeux.
Et cependant, elle naquit dans l'ombre
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confondue avec la plèbe obscure qui attendait le grand événement, sans oser croire qu'elle dût y prendre part, autrement que par ses respectueux désirs.
Tout était prêt pour l'avènement du Messie. Les prophéties étaient doses, les mouvement? des nations antiques étaient achevés, Juda avait bu jusqu'à la lie le calice de ses douleurs et demandait au ciel un consolateur.
Qui eût pensé que l'humble fille de Joachim et d'Anne serait la mère de Dieu ?
C'était elle pourtant que le Seigneur avait choisie. — Elle! — Femme fidèle du premier des oracles, elle devait écraser la tête du serpent, vierge pure, annoncée par Isaïe, elle devait concevoir et enfanter l'Emmanuel ; mère miraculeuse entrevue par Jérémie, elle devait porter dans ses chastes entrailles l'homme par excellence; forte Judith, aimable Esther, elle devait sauver son peuple de la mort.
Elle ne s'en doutait pas; elle ne voulait pas, lorsque toute jeujie encore elle se présenta au
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temple et offrit à Dieu son âme et son corps par le vœu de perpétuelle virginité.
A l'heure où la raison des enfants sommeille, la sienne était pleine de lumière et éclairait le grand dessein qu'elle avait formé d'être toute au Seigneur.
Ce fut près du sanctuaire qu'elle commença sa dévote vie. Elle conversait avec les anges, pendant qu'elle souriait à ses compagnes; elle s'unissait à Dieu d'esprit et de cœur, pendant que ses doigts habiles travaillaient pour les lévites et les prêtres; elle lisait les oracles, elle attendait, elle désirait, elle appelait l'homme des promesses, et Dieu seul entendait les clameurs de son âme virginale. • Pressez votre puissance, ô Seigneur, disait-elle avec les prophètes, et venez nous sauver. — Montrez-nous votre face adorable et regardez-nous, nous sommes votre peuple. — Que ne rompez-vous les cieux pour descendre vers nous i — Cieux, répandez votre rosée, et que les nuées pleuvent le juste. — Que
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la terre s'entr'ouvre et germe le Sauveur.— Ve Qez, Seigneur, ne tardez plus. •
Le Seigneur vint.
Fut-il touché des larmes, des gémissements, des désirs et de la ferveur de cette sainte enfant? — Cédait-il enfin aux pieuses importunités des justes de l'ancienne loi, devenues plus pressantes dans la bouche d'une jeune fille, déjà plus parfaite que tous ses ancêtres? — Oui. Mais quelque chose encore l'attirait davantage.
< Le Bien-Aimé, rosée du ciel et pleur salutaire de la miséricorde divine, le Bien-Aimé se plaît au milieu des lis, en attendant que le jour vienne et que les ténèbres soient dissipées i. 1 Or, en ces jours-là, un lis était ouvert: sa coupe immaculée semblait demander aux cieux l'ondée divine depuis si longtemps dési fée : et les cieux s'ouvrirent, et du sein du Père