‹ Or & alliage dans la vie devoteChapitre 34 sur 44 · I. Cùniique des Cantiques, chap. iv · texte numérisé non relu

I. Cùniique des Cantiques, chap. iv

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éternel, le Verbe descendit; il se cacha avec amour dans le sein virginal de Marie, jusqu û ce que vint le jour de sa joyeuse manifestation, qui dissipa les ombres d'une nuit à jamais célèbre.

Mais quelque chose encore l'attirait davantage.

Dieu aime les profondeurs, et, après celles de sa grande nature, il en est une où il se plaît à résider : c'est la profondeur de l'humilité. "Zomme le soleil, il dessèche les sommets orgueilleux qui le bravent, et féconde les humbles vallées où se concentrent ses rayons. Or, jamais vallée ne fut mieux préparée que l'âme naïve et simple de Marie. « Par vertu, elle s'était faite toute petite ; c'est pourquoi elle plut au Très-Haut : Cwn essem parvula placui Altissimo. »— a Elle conçut le Verbe fait chair caase de son humihté i. »

Elle était humble! Si humble que, dans^le

I. « Virginate placuit, humilitate concepit. » (St. Bernard. Sermon i, sur l'Évangile Mjss/zs.)

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temple, elle voulait 'servir tout le monde. Si hum.ble que, nuit et jour, elle demandait à Dieu comme une faveur d'être la servante de celle qu'il avait choisie pour être la mère du Messie. Si humble qu'elle trembla lorsque l'ange l'appela pleine de grâces et qu'elle lui répondit : « Voici la servante du Seigneur. » Si humble que, fécondée par la vertu divine, elle aima mieux s'exposer aux soupçons de son chaste époux que de divulguer le secret du Très- Haut. Si humble qu'elle s'effaça pendant toute la vie du Sauveur. Si humble que, mère de Dieu, elle proclama sa bassesse dans un immortel cantique. Si humble qu'elle arrêta, dit-on, la main filiale des apôtres qui s'apprêtaient à raconter ses gloires.

Et cependant, sa perfection est tellement grande qu'il est réservé à Dieu seul de la connaître *. D'où lui venait donc son humi-

I. « Tanta fuit ejus pertectio , ut soli Deo cognoscenda reservetur. » (St. Bernardin de Sienne. Sermon pour IJinrcaculée Conception.)

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lité, et une humilité si profonde* ? Au milieu de tant de gloires, ce fut un miracle, le miraci des miracles : Miraculum tniraculorum^,

La vertu du Très-Haut l'avait couverte de son ombre , l'Esprit Saint était survenu en elle 3, elle était mère de Dieu, et pouvait dire mieux que l'épouse des Cantiques : « Mon Bien- Aimé est à moi, Dilectus meus mihi; » mais mieux encore elle disait : « Et je suis à lui. Et ego illi*. «Elle s'était donnée à Dieu, dès le commencement, et tous les jours elle se donnait par la fermeté plus que par la rénovation des généreuses promesses qui l'avaient engagée à l'unique amour et à l'unique service du Seigneur. Appelée à l'insigne honneur de k maternité divine, elle ne prononça son Jiat qu'à la condition qu'elle ne reprendrait rien de ses

I, « Undè tibi humilitas et tanta humilitas, ô beata I o <St. Bernard. Sermon 4, de l'Assomption.) &- St. Bernard. Sermon de la Nativité.

S, St. Luc, chap. I, V. 35.

{f, Canîiiue des Cantiques. Chap. n, v 10.

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ons, et que, dans un si grand mystère, sa virginale pudeur serait respectée.

Rapprochée plus que toutes les créatures de l'auteur même de la grâce, par la plénitude des biens qu'elle en avait reçus, elle ne les posséda que pour les répandre*. Le Bien-Aimé était à elle ; mais Elle, c'était le genre humain. Elle court, elle vole à travers montagnes et vallées, pour porter à Jean Baptiste la première grâce de la rédemption. Elle découvre avec amour aux pasteurs et aux rois les mystères de la crèche et les amabilités de Jésus enfant. Elle intercède auprès de son Fils pour obtenir un sourire de sa bonté dans une manifestation de sa puissance. Elle est pleine de grâces pour elle-même ; mais pour nous, elle surabonde ^ Ceux qui ont chanté ses gran-

1. t Beata virgo Maria tantam gratiae obtinuit plenitudinem , ut esset propinquissima auctori gratiae ; ità quod cum qui est plenus gratiâ in se reciperet, et cura pariendo quodammodo gratiam ad omnes derivaret. » {Som. théoL, troisième partie, quest. 27, art. 5.)

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