‹ Or & alliage dans la vie devoteChapitre 7 sur 44 · Prologue · texte numérisé non relu

Prologue

ment ici-bas. Elle emploie tout ce qu'elle a de génie à imaginer, tout ce qu'elle a de force et de courage à accomplir ce qui peut plaire à Dieu et contribuer à sa gloire. Parmi ses actes il en est que la dévotion commande directement, d'autres qu'elle accompagne et perfectionne. Il est facile de les distinguer, quand on se rappelle que la dévotion appartient immédiatement à la vertu de religion, médiatement à la vertu de charité.

Formée extérieurement par Dieu, prmcipe éternel de la charité, la dévotion se forme intérieurement par une double contemplation de l'âme appliquée, d'un côté à la considération de la bonté divine, de l'autre à la considération de sa propre fragilité et misère. D'où un double effet de joie ineffable et de pieuse tristesse qui se produit en même temps : la joie tempérant les amertumes de la tristesse et la retenant sur les pentes funestes du découragement ; la tristesse arrêtant les excès de la joie et l'empêchant de dégénérer en vaine complai-

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sance, Ces deux choses contraires, l'âme chrétienne sait les pondérer et les faire subsister dans le même milieu, comme ces harmonieux contrastes d'ombre et de lumière qui réjouissent le regard, dans les chefs-d'œuvre de la nature et de l'art humain*.

Telles sont les notions générales du sujet que nous allons individualiser , en quelque sorte, par des applications. Mais que l'on fasse bien attention à notre point de départ. Nous entendons parler de la dévotion, non comme d'un acte transitoire accompagnant, dans la vie chrétienne, ce qu'il y a d'essentiel et de nécessaire à tous, tant hommes que femmes, pour arriver au salut, — mais comme d'une disposition habituelle et commune à un certain iiombie d'âmes. C'est la perfection de la charité, l'empressement au service de Dieu, la promptitude et l'affection aux choses conseillées, le dévouement : « Devotio dicitur à devo-

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