Prologue
rendo. » Il ne peut donc être question dans nos tableaux que de ceux qui ont le courage ou la prétention de pratiquer la dévotion telle qu'elle vient d'être définie. Je dis la prétention; car, comme toutes les vertus, la dévotion a sa contrefaçon , c'est-à-dire un ensemble d'actes extérieurs qui trompent l'œil, et qui, mêlés à des imperfections sans nombre, quelquefois à des vices, pervertissent le jugement du monde et provoquent, de sa part, de sévères arrêts.
Le monde, sans doute, est inconsidéré dans ses jugements ; mais cette inconsidération n'aurait aucun motif de s'exercer à l'endroit de la dévotion, s'il n'y avait pas de faux dévots comme il y en a de vrais.
Par faux dévots, nous n'entendons pas ceux qui, de parti pris, se déguisent sous un vêtement religieux, afin de tromper plus sûrement les cœurs chrétiens, et de préparer à leur vie hypocrite des satisfactions vulgaires ; êtres à double face qu'un auteur trop illustre a im-
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mortalisés sous le nom de t Tartufes ». Le monde n'a pas le droit de nous les reprocher, car il en nourrit dans son sein la race immortelle. Le nombre des tartufes religieux n'égalera jamais celui des tartufes civils et politiques, hommes méprisables qu'on voit saluer tous les astres placés, l'un après l'autre, au centre de la vie publique, prendre la livrée de tous les pouvoirs et chanter d'une voix infidèle des hymnes en l'honneur de tous les gouvernements.
Pareillement nous écartons les figures grotesques, les charges monstrueuses dont certains auteurs modernes se servent, sur la scène, pour aiguiser la curiosité publique. On n'y reconnaît plus le pinceau du maître, versé dans la connaissance des choses dont il voulait flétr ir l'abus, par une exhibition plutôt dangereuse qu'utile. Ce sont des produits sans nom de rignorance religieuse et de l'impiété mécontente appliquées à ridiculiser ou à rendre oaituses les vertus chrétiennes, en les mariant