TROISIEME PARTIE
Il semble d abord , messieurs, qu'il n'est pas de la grandeur et de la majesté de Dieu de promettre à l'homiue, pareequ’élant infiuiment puissant et par conséquent iuiiuimeut libre, il rétrécirait son pouvoir, et se donnerait des lois à lui-même. Il semble aussi qu'il ne soit pas de la sagesse de l'homme de promettre à Dieu, pareeque lui devant tout , et ne pouvant rien sans lui , il est ou inutile de s’engager à lui rendre ce qu’on ne peut lui refuser, ou téméraire de lui piomettre ce qu’ou ne peut exécuter sans son secours. Cependant l’écriture sainte nous enseigne qu'il n'appartient proprement qu’à Dieu de promettre, pareequ'il n’appartient qu’à lui de donner; que comme il nous détourne du mal par les menaces de ses châtiments, il veut nous exciter au bien par le désir de ses récompenses , et qu'il est enfin de sa grandeur de montrer que comme il est j liste dans ses j ugements et saint dans ses œuvres , i 1 est aussi fidele dans ses promesses. La même écriture nous enseigne qu'il est bou à l'homme de s’engager et de se dévouer à Dieu ; que le plus grand hommage que la créature puisse lui rendre, c’est de lui consacrer sa liberté et de se lier à son service, en s'imposant une heureuse nécessité de lui obéir et «1e lui plaire, et qu'on est «l'autant plus parfait qu'on aime plus la perfection, et «|u’on s oblige davantage a la chercher et à la suivre.
C'est sur ce principe (jue sainte Thérèse voulut i’unir étroitement à Dieu par les vœux et par les promesses qu'elle lui fit. Jamais vierge chrétienne ne s’est donné tant d’engagements à la piété, et ne s’eu est si lîdèlement acquittée. Commencerai-je par ces voeux qui sont des règles de perfection que s'imposent ceux qui veulent suivre les conseils évangéliques? Y eut-il jamais un plus grand détachement que le sien de tout ce qui regarde les hiens du monde! La pauvreté ne lui parut point entière si elle n’etoit extrême. La providence de Die i lni sembloit toujours trop prompte à la secourir. La charité deslideles lui étoit à charge, et souvent elle crut avoir beaucoup de superflu, pareequ’il ne lui manquoit rien du nécessaire. Avec quel courage établit-elle une partie de ses maisons sur le seul fonds de la Providence , soigneuse d’y entretenir la discipline sans se mettre en peine d’y assurer du revenu, craignant moins la nécessité que l’abondance, et s’élevant au-dessus des prévoyances inquiétés de l’avenir, qui font qu’on se jette dans la distraction et dans la dépendance du monde, et que bien souvent on est abandonné de Dieu , parccqit'on cherche trop les secours et les assistances des hommes !
Avec quelle sévérité défendit-elle qu’il y eût rien dans 1rs bâtiments de son ordre qui ressentit la vanité , souhaitant , par un zele semblable à celui de son pere Llie, que le feu du ciel qui doit un jour consumer ec vaste univers tombât par avance snr ces édifices orgueilleux pour les ruiner juvju'aux fondements, et ne laissât dans les appartenances du
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Carmel aucune trace d’une grandeuret d’une magnificence séculière! Combien de fois a-t-elle refusé les biens de ces personnes vaines et indiscrètes qui appauvrissent leur maison pour enrichir des monastères , et qui donnant à des étrangers ce qui appartient à leur famille , sous prétexte d’exercer la charité, renvcrseut toutes les réglés delà justice! Avec quelle confiance , et avec quelle joie , recevoitelle des filles pauvres, lorsqu’elle remarquoit eu elles un désir sincere de servir Dieu ; cherchant l'édification , non pas l’utilité; examinant la vertu, uon pas les biens de celles qui se présentoient ! Aussi condamna-t-elle toujours ces religieuses intéressées qui , se défiant de la bouté de Dieu , fout une espece de trafic de la religion, refusant les pauvres , exigeant trop des riches, comme s’il étoit permis de faire perdre aux unes leur vocation et de la faire acheter aux autres.
Son obéissance ne fut pas moins exacte que sa pauvreté. C’est le défaut de la plupart des hommes . et plus encore de ceux qui se piquent d’être spirituels , d’abonder en leur sens , et de trop s’arrêter à leurs propres lumières. On veut être dévot selon 6on humeur; on veut marcher dans les voies qu'on s'est faites soi-même. Ici qui se plaît à l'oraison , se contente de lever scs mains oisives au ciel, et regarde comme uue distraction toutes les œuvres d'une charité qui lui paroit tumultueuse. Tel qui s’est destiné à l’action, regarde l'oraison comme un amusement d’esprit , et une oisiveté pieuse de gens qui ne savent être bons que pour eux-mêmes. Ainsi L'hacuu demeure satisfait de soi ; et , dans le dessein
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où il est de laire le bien, se réserve au moins la liberté de choisir le bien qu’il veut faire. Thérèse au contraire réduisit toute sa perfection au seul point de l'obéissance: elle chercha dans sa dévotion non pas ce qui la contentoit , niais ce qui lui étoit imposé.
Elle se conduisit non pas par les chemins qui lui plaisoient davantage, mais par ceux que Dieu lui avoit tracés, et que ses supérieurs lui faisoient eonnoitre. Est-elle appelée à la contemplation ; elle prend l’essor, et va se perdre heureusement dans l’abîme des grandeurs et des perfections de Dieu. Est-elle rappelée de ces élévations; elle descend jusqu'aux moindres offices d’une piété commune, l'aut-il augmenter ses mortifications ; elle redouble sou courage, laut-il les modérer; elle sacrifie son amour-propre. Veut-on qu’elle agisse ; elle se prépare au travail. Veut-on qu’elle souffre ; elle se détermine à la patience. Toujours prête à tout ce qu’on lui ordonne, tranquille dans scs occupations , occupée dans sa retraite , humble dans les grandes choses, grande dans les petites, et joignant surtout à la pureté de ses intentions le mérite de l’obéi. ssanoe.
Que dirai-je de cette pureté qu’elle conserva avec tant de soiu et tant de précaution? Depuis qu’elle se fut promise à .1 ésus-flhrist , elle ne chercha plus qu’à lui plaire. Les moindres attachements aux créatures lui parurent des infidélités punissables. Elle examina jusqu’aux plus secrets mouvements de son cœur, et y étouffa jusqu'aux affections qui pou- \ oient paroitreles plus innocentes. Tantôt elle déclare qu’elle n’aime ni le moud»' ni ce qui est dans
DE SAINTE THÉRÈSE. 61 le monde; que Dieu seul est tout son bonheur et toute sa joie , et que tout le reste lui est une croix. Tantôt elle fait voir, par les réglés d’une sainte amitié qu’elle prescrit , combien elle est éloignée d’en avoir que dans la vue de son salut et de Dieu même. C est ainsi qu’elle observe les promesses qu’elle fit lorsque Jésus-Christ la choisit pour lui , et qu’elle choisit Jésus-Christ pour elle. C’est là l’état des plus saintes âmes : mais ce n'est pas assez pour Thérèse que ces engagements communs , la charité lui inspire le plus hardi et le plus noble desseiu qu’on ait jamais imaginé pour la perfection évangélique.
Elle s'engagea par une promesse solennelle de faire toujours ce qu’elle croiroit être de plus parlait et de plus agréable à Dieu. Ellesavoit ce que Jésus- Christ uous enseigne : qu’il ne suffit pas d’avoir une justice commune , qu'il faut en avoir une qui soit abondante. Ellesavoit que S. Paul nous exhorte à nous porter avec une sainte émulation aux dons qui sont les plus sublimes. Ce fut dans cet esprit qu’elle s’obligea d’entreprendre non seulement ce que la loi commande, mais encore tout ce que la charité suggéré. Pénétrée de la grandeur et de la pureté de Dieu, elle cherche dans le culte qu’elle lui rend tout ce qui peut contribuer le plus à sa gloire. Des conseils elle se fait des commandements. Ces pratiques évangéliques qui sont si fort au-dessus de nous devienuent ses devoirs et ses exercices ordinaires. Elle tire des vertuscbrétienues tout ce qu’elles oui de plus noble et de plus parfait. Elle porte la chante jusqu'à l’union intime avec son époux, T humilité jusqu’à l’anéantissement d’elle-mêine, la pan-
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vreté jusqu’à l'entier dépouillement des biens et du désir de les posséder, la chasteté jusqu’au crucifiement continuel de sa chair, l'obéissance jusqu’au renoncement à ses volontés et à ses lumières.
Que ne puis-je vous la représenter ici telle qu’elle étoit ! Grande par ses actions, plus grande par ses motifs ; réglant son courage non pas sur des possibilités humaines, mais sur la confiance en la protection divine ; s’animant par des difficultés, espérant mémo contre toute espérance; discernaut le bien d’avec le bien, et la vertu d’avec la vertu, pour s'arrêter toujours à la plus parfaite ; et cherchant à se distinguer dans le service de Dieu par les grands mouvements de son cœur, et par les actes d’une charité sans mesure et sans bornes. Ce n'étoit pas assez pour elle d’aspirer à la perfection, elle y voulut eugager les autres en leur communiquant son zele ; et c’est dans ce dessein qu’elle s’appliqua à établir la réforme de son ordre , et à réparer les brecheÿ que le temps y avoit faites.
Telle est la condition déplorable des ordres, même les plus saints, qu’ils perdent presque toujours de leur première pureté à mesure qu’ils s’éloignent de leur source ! Soit l'instabilité naturelle de l’esprit humain, qui est toujours dans le mouvement , et qui ne peut sc soutenir long-temps, sans un grand travail , dans le même état de vertu ; soit le poids de la nature, qui , par des relâchements imperceptibles, porte sans cesse au déréglement ; soit un jugement visible de Dieu, qui punit les négligences et les infidélités des particuliers par l’affoiblissement de la discipline commune ; soit l'envie
DE SAINTE THERESE, des démons, qui aiment à troubler le repos «le ces maisons de retraite et de silence qui sont comme des asiles publics où se sauvent des âmes choisies , pour marcher dans la voie étroite, et pour se séparer de la contagion et du commerce du monde. Quoi qu’il en soit, le temps emporte jusqu’à la force et à la ferveur de la piété ; et , la charité venant à se refroidir dans les établissements les plus saints , il s’v fait un mélange du monde et de la religion, de la cupidité et de la charité, des affections séculières et des . bligations chrétiennes. Grâces soient rendues à Jésus-Christ, qui suscite de temps en temps certaiues âmes généreuses qui renouvellent la ferveur des anciens instituts, et qui les ramènent au point de lenrpremicre vocation , en rallumant le feu divin que l’esprit du siecle y avoit presque éteint !
Voilà ce qu’eulreprit sainte Thérèse; ouvrage plein de difficultés qui paroissoient insurmontables. Ceux qui dévoient l’assister lui résistent. Les puissances temporelles et spirituelles s’unissent contre elle. Toute l’Espagne se soulevé. Des mémoires sanglants la déchirent de tontes parts. On la regarde comme nue femme inqvicte et dissimulée, qui veut se faire un nom par une entreprise hardie, et abuser le public par des apparences de piété. Les politiques s’imaginent qu elle couvre d'autres desseins dont il faut arrêter le cours, et lui font un crime d'état de ce projet de religion. Les sages croient lui faire grâce de juger «[n’elle est séduite par l'esprit «l'erreur, et «jue , sans dessein «le tromper autrui, elle se trompe sans doute elle-même. Les plus pieux
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déclament contre elle. Les chaires et les assemblées
retentissent de ces murmures.
La piété s’arme contre la piété , et le zele contre l’innocence. Que fera cette grande aiue? Rien ne la rebute; elle souffre, elle espere, elle adore les jugeraerts de Dieu , elle consulte ses volontés , elle attend les effets de ses promesses : heureuse si , par ses soins, par ses travaux., et par sa mort même, elle peut relever les ruiues du Carmel , cette montagne autrefois si sainte ; si elle peut être cette pierre de fondement sur laquelle doit porter tout le faix de ce nouvel édifice ! Heureuse de pouvoir former des épouses fidèles à Jésus-Christ , en qui le monde soit crucifié , et qui soient crucifiées au monde ; qui marchent à grands pas dans les voies de Dieu , et, ne comptant pour rien tout le chemin qu’elles ont fait, ne pensent qu’à celui qui leur reste à faire; qui suivent par-tout l'Agneau, soit qu’il les mené sur le Thabor, soit qu’il les conduise sur le Calvaire ; qui se disposent à l'oraison par la mortification , et qui soutiennent leur mortification par l’oraison ; toujours appliquées à se perfectionner dans leur vocation ; régulières par reflexion , non par coutume ; aussi ferventes à la fin que si elles ne faisoient que commencer ; aussi fermes au commencement que si elles avoient long-temps continué; qui ne négligent pas les petites choses, et qui embrassent les grandes avec courage ; et qui , faisant tout ce qu’elles peuvent, s’imaginent toujours qu’elles n’ont rien fait !
Puisse cette ferveur de Thérèse passer jusqu’à ta dernicre postérité ! Que le Carmel, qu’elle a cultive,
«oit toujours vert et toujours fleuri, malgré les hivers et les refroidissements de la charité dans ces derniers siècles ! Que ses intercessions puissantes , et ses exemples encore vivants , entretiennent ce qu’elle a établi par ses soins et par ses travaux ! Que la gloire et les richesses qu'elle a amassées dans sa maison n’en sortent jamais, et que sa justice demeure jusqu’à la fin des siècles, afin que Dieu soit glorifié dans l’éternité, où vous conduise le fere , le fils , ete.
pi’ôponcé dans l’église de Saint-Louis, dans l’isle Notre-Dame, à Paris, le 25 août 1681 .
Siciit divisiones a(|uarum, ila cor régis in manu Doininl : quùcumque volucrit iuclinabit illud.
L e cœur des rois est dans les mains du Seigneur comme une eau courante; il le fait tourner du côté qu’il veut. Prov. 9. 1 .
Lorsque le cœur des rois est dans leurs mains, et que Dieu, par un secret jugement de sa providence ou de sa justice, les abandonne à eux-mêmes, hélas ! enivrés de leur propre grandeur , ils oublient celui qui lésa faits grands, ils n'ont d’autre loi ni d’autre réglé de leurs volontés que leur volonté même. Tout ce qui flatte leurs désirs leur paroît permis ; l’orgueil de la vie , les pompes du monde, les plaisirs des sens, occupent toutes leurs pensées; et il est difücile qu’ils ne tombent dans les dérèglements ordinaires et inévitables à uue condition éclatante, mais dangereuse, où les passions sont continuellement excitées par les objets et entretenues par les occasions , et où le penchant au péché est fortifié par la facilité de le commettre, et par l'impunité quand on l’a commis.
Lorsque le cœur des rois est dans les mains des hommes, hélas! tout conspire, ce semble, à les
PANÉGTRIQUE DE S. LOUIS. 67 pervertir. La flatterie les corrompt, la politique les trompe , le mauvais conseil les préoccupe, le mauvais exemple les entraîne, la diversité des affaires les dissipe. On surprend leur crédulité par des apparences de bonne foi ; ou réveille leur ambition par des intérêts supposés; on nourrit leurs défauts par des complaisances affectées; on prend des tours ingénieux pour donner du relief à certains commencements de vertu qui n'ont rien de grand ni de solide; on a des voiles toujours prêts pour jeter sur la vérité, de peur qu'elle ne leur plaise trop , ou qu'elle ne leur éplaise. Enfin , tout ce qu’ils voient, tout ce qu’ils entendent , c’est autant d’amusements qu’on donne à leur vanité , ou de piégés qu’on tend à leur innocence.
Mais lorsque le cœur des lois est dans les mains de Dieu , et que, par sa miséricorde, il les tourne à sa religion et à sa justice, eu leur donnant des inclinations bonneset bienfaisantes, il s’ensert comme d'un noble et glorieux instrument, pour faire admirer sa puissance, pour Taire craindre ses jugements, pour faire observer sa sainte loi , pour répandre ses miséricordes , pour représenter sa sainteté, et pour régner par eux sur l’esprit et sur le cœur des autres hommes. Tel fut le grand saint Louis, dont l'Église célébré aujourd’hui la mémoire. Dieu le prévint de ces bénédictions de douceur par lesquelles il se hâte , pour ainsi dire , d’entrer en possession de ses élns. Il lui donna un de ces naturels heureux qni sont faits pour la vertu, et qui semblent être la vertu même. Il permit qu’une sainte éducation fit fructifier dès son enfance ces premières semence*
de piété qu'il avoit versées daus son aine ; et , soit qu'il lésinât dans une glorieuse paix , soit qu’il entreprit de grandes guerres, soit qu’il souffrit de grandes tribulations , Dieu le sanctifia dans sa gloire , Dieu le soutint dans ses travaux, Dieu le couronna dans sa patience.
Si je n’avois , messieurs, qu’à vous parler de la grandeur d’un roi , je nie servirois des réglés de cet art ambitieux qui appren l aux hommes à louer des hommes ; mais dans l’engagement où je suis de vous parler des grandeurs d’un saint , je ne dois tirer ce que je dis que du sein de la vérité, et îles lumières de l’esprit divin, que j'invoque par l’intercession de la Vierge. Ave., Maria.
C’est toujours l’ouvrage de la main de Dieu . et un effet de sa puissance, que la sanctification des hommes, de quelque état qu’ils puissent être. 11 faut arrêter le cours de leurs inclinations naturelles, réprimer leurs mouvements contraires à la loi et à ta discipline, leur inspirer de nouveaux désirs et île nouvelle-, affections, et faire en eux des changements et des révolutions qu’il n’appartient qu’à sa grâce de faire: mais quand il veut s’assurer du coeur des rois et des grands du monde , et former en eux une sainteté sincere et cons ante , « c’est l’ouvrage - de sa main droite (i) >■. Il faut qu’il agisse de toute la force de sa grâce, qu’il surmonte cette fatale opposition qu’il y a entre la grandeur et la piété, qu’il retienne tout le poids de la cupidité, qui d’cllemêhie tombe sur eux, et que, renversant tous les
(t) llrec niutatio dexterae cxrelsî. l’s. 76, 11.
DE S. LO U IS. 6y
obstacles qu’y met le monde , il les arrache à euxmêmes, et leur fasse changer, au moins intérieurement , de condition et de nature.
Mais il y a trois défauts qui sont ordinaires à leur état : un amour-pro re qui lis attache à leur gloire, à leur intérêt, à leur plaisir, et leur rend tout le reste indifférent , une imagination d'indépendance qui leur persuade que tout ce qui leur plait leur est permis ; un esprit du monde anquel ils tiennent par tant d’endroits , qui les jette dans l’irréligion , ou pour le moins dans la tiédeur. Or, messieurs, je prétends vous montrer que Dieu, ] ar sa grâce , a sauvé saint Louis de ces trois sortes de corruption, en lui donnant,
i". Un coeur tendre pour sou peuple ;
2’. Un coeur modéré pour lui-même ;