‹ Oraisons funèbres de Fléchier, suivies de celles de TurenneChapitre 6 sur 58 · i OKAISON FUNliBKE · texte numérisé non relu

i OKAISON FUNliBKE

précepte do Jésus-Christ , n'aime ni ce monde, ni tout ce cjui le compose; qui s’en sert comme do moyens par un usage fidele , sans s’y attacher comme à sa lin par une passion déréglée; qui sait se réjouir sans dissipation, s’attrister sans abattement , désirer sans inquiétude, acquérir sans injustice, posséder sans orgueil , et perdre sans douleur. Heureuse encore une fois l’amc qui , s’élevant au-dessus d’elle-même , et, malgré le corps qni l’appesantit , remontant à son origine, passeau travers deschoses créées sans s’y arrêter, et va se perdre heureusement dans le sein de son créateui !

J’ai fait , messieurs, sans y penser, sous le nom d’uneame chrétienne, le portrait de très haute et très puissante dame , madame Marie de Wignerod , duchesse d’ Aiguillon , pair de f rance ; et croyant vous donner seulement une instruction , j’ai presque achevé son éloge. Désabusée des vanités et des folies trompeuses du monde; occupée à distribuer ses richesses, sans se mettreen peine d’en jouir; pénétrée durant sa vie des tristes mais salutaires pensées de la mort , par la miséricorde du Seigneur , elle a sauvé son cœur des attachemen ts grossiers et des mauvais usages du monde.

.l’atteste ici la conscience des grands de la terre: quel fruit recueillent-ils de leur grandeur i’ 1 1 s jouissent du monde en y mettant leur affection , au lieu d’en profiter pour leur saint en le méprisant ; ils en goûtent les plaisirs , et n’en veulent pas eonnoitre les dangers ; ils font servir à leur convoitise tes biens qu’ils ont reçus pour exercer leur charité ; ils livrent leurs cœurs aux vaincs douceurs d'une

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