‹ Oraisons funèbres de Fléchier, suivies de celles de TurenneChapitre 9 sur 58 · I)E MADAME D' AIGUILLON · texte numérisé non relu

I)E MADAME D' AIGUILLON

rroyons être immortels ? Cependant ce petit nombre de jours malheureux qui composent la durée de notre vie s’écoule insensiblement. Chaque instant nous retranche uue partie de nous-mêmes. Nous arrivons au terme qui nous est marqué ; le charme se rompt , et tout ce qui nous enchante s’évanouit avec nous. La vérité pourrait nous faire connoitre la fragilité des biens du monde, par la fragilité de notre vie qui les termine; mais l’amour-propre nous fait voir cette vie sans bornes , de peur d’en donneranx choses, que nous aimons. Ainsi notre imagination et notre vanité vont plus loin que nous. Nous n’avons jamais qu'un moment à vivre , et nous avons toujours des espérances pour plusieurs années. Revenons, revenons aux paroles de mon texte ; pensous que la figure de ce monde passe. Ne pleurons plus la perte de celle qui en a fait un si bou usage ; imitons seulement ses exemples, afin que nous puissions, comme elle, vivre et mourir en Jésus-Christ , qui vit et régné au siecle des siècles.

ORAISON FUNE1ÎRE

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