‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 149 sur 615 · Var. : Honteux d'avoir tant pu · texte numérisé non relu

Var. : Honteux d'avoir tant pu

3. Tournure analogue à l'ablatit absolu des Latins. Cf. p. 4, n. 2.

4. Des conspirations rovalistcs menaçaient sans cesse la "vie de Cromwell ; la légèreté des conspirateurs et leur imprudente conliance firent échouer tous ces comi)lols, dont quelques-uns coûtèrent la vie à leurs auteurs. Vowell et Gérard ]M''rirent sur l'écliafaud (10 juillet llJoi), livrés par llensbaw et Fox, leurs complices. Trois ans plus tard, Synderconib imajiina une machine infernale qui devait incendier le |)alais et favoriser l'assassinat du Protecteur; trahi par Took et Cécil, il fut arrêté, condamné à mort et assassiné dans sa prison. Sexby, qui

avait ])Oussé la main de Syndercomb, tenta un dernier effort: il fit imjirimer à la Haye une brochure avec ce titre : « Tuer n'est i)as assassiner ». Ce libelle, où Cromwell était désigné comme un tyran au |)oignard de ses ennemis, fit sur l'esprit public une profonde impression. Mais à peine Sexby débanjuait-il en Angleterre, que le Protecteur prévenu le faisait arrêter et mettre à la Tour, où i! mourut. La corresjiondauce de Clarendon semble prouvn- (|ue Charles ne resta j)as étranger à toutes ces tentatives : les veuves et les enfants de ces misérables reçurent des pensions sur sa cassette.

5. Charles ne fut ni juste, ni sage, ni clément. Né avec de bonsinstincts, sa paresse, la mobilité de sou esprit et ses goûts voluptueux l'entraînèrent dans tous les excès. d'vui mauvais prince. Déjà même, eu 1669, l'exemple de Clarendon abandonné et banni avait jirouvé l'injustice du l'oi envers ses plus fidèles serviteurs; la l'uLtune scandaleuse de quelques

DE HENRIETTE-MARIE DE FRANCE

Il est inutile de vous dire combien la reine fut consolée par ce merveilleux événement; mais elle avait appris par ses maiheurs à ne changer pas dans un si grand changement de son état. Le monde une fois banni n'eut plus de retour dans son cœur. Elle vit avec élonnement que Dieu, qui avait rendu inutiles tant d'entreprises et tant d'efforts, parce qu'il attendait l'heure qu'il avait marquée, quand elle fut arrivée, alla prendre comme par la main le rui son fils, pour le conduire à son trône ^ Elle se

seigneurs débauchés faisait peu d'honneur à sa sagesse, et sa clémence, dans le châtiment des meui'triers de son père, n'avait pas su respecter même des tombeaux. L'n an i)lustard, Charles laissait discuter la validité de sou mariage, vendait à Louis XIV l'hoimeur de l'Angleterre, et s'engageait sans retour dans cette voie d'hypocrisie, d'intolérance et de faiblesse qui l'a déshonoré aux yeux de l'histoire.

1. liakac avait développé la même idée avec une élévation de pensée et une majesté do langage que Bossuet n'a pas surpassées : « C'est le moyen de l'aire injustice ([ue de juger toujours du mérite des conseils par la bonne fortune des événements.

Cioyez-moi, et ne vous laissez pas éblouira l'éclat des choses ([ui réussissent. Ce que les Grecs, ce que les Romains, ce que nous avons appelé une prudence admirable, c'était inie lienreu-e lémérilé. Il y a l'U des hommes dont la vie a été pleine de miracles, quoiqu'ils ne fussent pas saillis, et qu'ils n'eussent point dessein de l'être : le ciel bénissait toutes leurs fautes, le ciel couron- I ait toutes leurs folies.

« Il (levait péril-, cet homrne fatal (nous le coii-idéiàmes il y a (|uelques jouis daii^ l'histoire de l'empire d'Oiieiit),*il devait périr dès le premier jour de sa conduite, par une telle ou telle enlrei)rise; mais Dieu se voulait servir de lui ponr punir le genre humain, et pour tour-

menter le monde : la justice de Dieu se voulait venger, et avait choisi cet homme pour être le ministre de ses vengeances, il fallait donc qu'il fît, quehjue malade, quelque moribond qu'il fût, ce que Dieu avait résolu qu'il ferait avant sa mort. La raison concluait qu'il tombât d'abord par les maximes qu'il a tenues; mais il est demeuré longtemps debout par une raison i)lus haute qui l'a soutenu : U a été affermi dans son pouvoir par une force étrangère, et qui n'était pas de lui : une force qui appuie la faiblesse, qui anime la lâcheté, qui arrête les chutes de ceux qui se préciiiitent. qui n'a que faire des bonnes maximes pour produire les bons succès. Cet homme a duré ])Our travailler au dessein de la Providence ; il pensait exercer ses j)assions et il exécutait les arièts du ciel. Avant que de se perdre, il a eu loisir de perdre les peuples et les Etals, de mettre le feu aux quatre coins de la terre, de gâter le présent et l'avenir par les maux qu'il a faits et par les exemples qu'il a laissés.... Lu peu d'esprit et beaucoup d'autorité, c'est ce qui a i»resque toujours gouverné le mon<le, quel- (piel'ois avec succès, quelquefois non, selon rinnneur du siècle, ]ilus ou moins porté à endurer, selon la disposition des esprits plus farouches ou plus apprivoisés. Mais il faut toujours en venir là : il est très vrai tju'il y a (|uelqne chose aU; divjiK disons davantage, il n'y a rien que

soumit plus que jamais à cette main souveraine, qui tient Ou plus haut des Lieux les rèues de tous les empires; et dédaignant les trônes qui peuvent être usurpés, elle attacha son affection au royaume où l'on ne craint point d'avoir des égaux* et où l'on voit sans Jalousie ses concurrents. Touchée de ces sentiments, elle aima cette humble maison plus que ses palais. Elle ne se servit plus di^ sou pouvoir que pour protéger la loi catholique, pour nuiltiplier ses aumônes, et pour soulager plus abondamment les familles réfugiées de ses trois royaumes, et tous ceux qui avaient été ruinés pour la cause de la religion, ou pour le service du roi.

Rappelez en votre mémoire avec quelle circonspection elle ménageait le prochain, et combien elle avait d'aversion pour les discours empoisonnés de la médisance. Elle savait de quel poids ^ est, non seulement la moindre parole, mais le silence même des princes; et combien la médisance se donne d'empire, quand elle a osé seulement paraître en leur auguste présence. Ceux qui la voyaient atleutive à peser toutes ses paroles, jugeaient bien qu'elle

do (li viji dans les maladies qui travaillent les Etats. Ces dispositions de CCS humeurs, dont nous venons de parler, cette fièvre chaude de rébellion, cette léthargie de servitude viennent de plus haut qu'on ne s'imagine. Dieu est le poète et les hommes ne sont que les acteurs • ces grandes pièces qui se jouent sur la terre ont été composées dans le ciel, et c'est souvent un faquin qui en doit être r.\tréeou l'Agamemnon.

Quand la Providence a quelque dessein, il ne lui importe guère de quels instruments et de quels moyens elle se serve. Entre ses mains tout est foudre, tout est tempête, tout est déluge, tout est .\lexandre ou César : elle i)cut faire par un enfant, jtar un nain, par un eunuque, ce qu'elle a fait par les géants et par les héros, piu' les hommes extraordinaires.

« Dieu dit lui-même de ces genslà qu'il les envoie en sa colère et qu'ils sont les verges de sa fureur.

Mais ne prenez pas ici l'un jiour l'autre. Les verges ne piquent ni ne mordent d'elles-mêmes, ne frappent ni ne blessent toutes seules. C'est l'envoi, c'est la colère, c'est la fureur, qui rendent les verges terribles et redoutables. Cette main invisible, ce bras qui ne paraît })as.

donnent des coups que le monde sent. 11 y a bien je ne sais quelle hardiesse qui menace de la part de l'homme : mais la force qui accable est toute de Dieu. » (Balzac, Sacrale chrétien, dise, vm.)

1. Plus amant illucl regmimin quo non liment habere consortes (saint Augnistin, De civilale Dci, 1. V, c. xxiv).

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