Cosnac, Mém., I, p. 420. —Cf
3Ime de la Fayette : « Un moment après je montai chez elle ; elle me dit qu'elle était chagrine, et la mauvaise humeur dont elle parlait aurait fait les belles heures des autres femmes, tant elle avait de douceur naturelle, et tant elle était peu capable d'aigreur et de colère. »
o. l)ansSainle-I>euve,Por/-fio//rt/, t. V (édilion iii-12), p. 537.
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pour échapper à cette perversion quasi fatale, une jeune femme ne pouvait avoir trop de bons conseillers.
Or on sait qu'il lui manquait celui-là même que le mariage devait lui donner. Philippe d'Orléans était aussi incapable que possible de prendre sur sa femme l'autorité qu'il eût fallu. Sans parler des vilenies intimes de sa vie privée et de basses immoralités dont une femme ne pouvait être que dégoûtée, il est difficile d'imaginer une nullité d'esprit et de cœur plus complète que celle de ce frère de Louis XIV. Le système d'éducation princière, qui consistait à tout faire pour empêcher un cadet d'inquiéter son aîné, n'avait que trop bien réussi avec lui. Homme, il était resté le fantoche bellâtre qu'Anne d'Autriche se plaisait à attifer de jupes, adolescent déjà, tandis que son frère montait à chevalet allait à la chasse. Très épris. mais trop épris des choses artistiques, élégant dans sa mise jusqu'à la vanité la plus puérile, « son amour-propre semblait ne le rendre capable d'attachement que pour lui-même », sans jamais pourtant lui inspirer aucune ambition généreuse et virile. On peut voir dans les mémoires de Daniel de Cosnac, son aumônier, les efforts inouïs et inutiles tentés par ce prélat pour insuffler à son triste maître quelques sentiments nobles et quel(}ues idées hautes. Philippe d'Orléans ne se fit connaître à sa femme que par une jalousie, qui encore était bien singuhère, et paraissait plutôt celle d'un rival que celle d'un mari : elle s'adressait bien moins aux affections d'Henriette qu'à son esprit, dont il était olïîisgué, ne pouvant souffrir, visiblement, « qu'on lui rendit la justice qui lui était due* ».
D'autre part, Henriette de France, vieillissante, déprimée par une vie d'épreuves, obligée par sa fortune médiocre de vivre à l'écart de la cour, semblait éprouver, on l'a vu. une sorte de lassitude trop permise. Elle était absorbée par ses dévotions monacales; elle s'absenta de France, après le mariage d'Henriette, pendant plusieurs années, et, qu'elle fût en Angleterre ou en France, elle se contentait sans doute, trop souvent, de charger Mme de Motteville du soin d'avertir la jeune duchesse et de la réprimander avec respect. Réprimandes, d'ailleurs, assez mal accueillies : « Madame était lasse de l'ennui et de la contrainte qu'elle avait essuyés auprès de la reine sa mère-».