Cosnac, Mém., Il, \k o(j. | 2. Mme de la Fayette, p. bS
Elle repoussait aussi obstinément les conseils de sa belle-mère Anne d'Autriche, — qui, poiirttmt, plus .-ui fait des dan^œrsdeia cour, plus instruite des intrigues, souvent si honteuses, qui s'y tramaient, méritait d'avoir plus de crédit ^ur son esprit. -=- Mais Madame, dès les premières représentations de la reine mère, soupçonna ses conseils d'être inspirés par la jalousie d'une mère, inquiète de voir soustraire à son inlluence son fils préféré.
A ce moment, en effet, Louis XIV, revenu de ses préventions contre sa belle-sœur, « s'attachait fort à elle, et lui témoig^uait une complaisance extrême ». Ce fut elle, bientôt, qui a disposa de toutes les parties de divertissement; elles se faisaient toutes pour elle, et il paraissait que le roi n'y avait de plaisir que par celui qu'elle en recevait* ». Cest en son honneur que fut donné, au mois de juillet 4660, à Fontainebleau, le ballet des Saisons, où elle figurait Diane, saluée par Louis XIY, qui personnifiait le Printemps. « Il parut » alors, « aux yeux de tout le monde, qu'ils avaient lun pour l'autre cet agrément qui précède d'ordinaire les grandes passions », et bientôt « on ne douta plus qu'il n'y eût entre eux plus que de l'amitié ». C'est alors qu'à plusieurs repriseg Anne d'Autriche intervint, sans succès. — Henriette était tout « occupée de la joie d'avoir ramené à elle- » ce roi que toute sa cour adorait comme un dieu. Elle se souvenait, « avec quelque noble dépit, qu'il l'avait autrefois méprisée, et le plaisir que donne la vengeance lui faisait voir avec joie de contraires sentiments s'établir pour elle dans l'âme de son cousin' ». « Toutes ces choses la détournèrent tellement des mesures qu'on voulait lui faire prendre que même elle n'en garda plus aucune : elle se lia d'une manière étroite avec la comtesse de Soissons qui était alors l'objet de la jalousie de la reine et de l'aversion de la reine mère*. »
Démarche funeste, dont les conséquences pesèrent sur toute la vie de la duchesse. Se lier avec la comtesse de Soissons^, c'était se mettre à la discrétion de ces femmes corrompues et vicieuses qui pour satisfaire leurs passions, leurs ambitions, ou simplement leur avarice, n'eussent pas reculé, au besoin.