‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 157 sur 615 · llisluirc amoureuse des · texte numérisé non relu

llisluirc amoureuse des

Gnulrs, édit. Poiltniii. t. I, p. Ô51. 3. l.c romtedc IhiUoix, ou vr. ci h',

la Iristeexistenco. De nouvelles remontrances d'Anne d'Autriclie et de Philippe d'Orléans, sur la complaisance avec laquelle Henriette acceptait les assiduités du roi, n'avaient abouti qu'à leur faire chercher à tous deux un moyen — « quelque moyen que ce pût êfre » — de « donner le change au public ». « Ils convinrent donc entre eux que le roi ferait l'amoureux de quelque personne de la cour », et, entre autres, ils jetèrent les yeux sur une des filles d'honneur de Madame, « La Valliére, qui était fort jolie, fort douce et fort naïve ». De fortune médiocre, orplteiine de mbre, élevée jusqu'alors en province, cette enfant de seize ans était tout « heureuse d'être auprès de Madame... ». Et c'est ainsi que (c fut livrée à sa destinée Louise de la Vallière, et livrée par la princesse dame et gardienne de son honneiu% qui se servait d'elle comme d'un jouet * ». Il n'y a rien à ajouter à cette observation d'un historien moderne ; mais, quelque répugnants que soient ces faits, il faut les citer pour une autre raison encore : pour montrer à quel étrange oubli des principes d'honneur les plus élémentaires descendaient, sous l'influence d'un milieu corrupteur, des âmes que les contemporains n'hésitent pas à quaUfier de « grandes » et de « justes- ».

Il ne paraît pas cependant que, pour sa part, Henriette ait poussé jusqu'à l'oubli complet de ses obligations les imprudences de sa frivolité. Ce qu'elle eût voulu, nous dit Mme de la Fayette écrivant sous sa dictée, — c'est « que le roi eût conservé pour elle une sorte d'attachement qui, sans avoir la violence de l'amour, en eût eu la complaisance et l'agrément^ » Cet aveu nous fait voir sans doute la facilité que la conscience avait alors de pallier sous de beaux dehors de vilaines faiblesses, mais il nous montre aussi ce qu'il pouvait entrer d'illusion romanesque et à demi honnête dans les témérités de la jeune femme.

C'est ainsi qu'avec le comte de Guiche son imagination fut probablement aussi plus prise que son cœur. Dans ces hommages d'un seigneur « jeune et hardi », qui n'avait pas hésité dés l'abord à se brouiller publiquement, malgré l'inégalité des rangs, avec le mari d'Henriette, et qui, à demi en disgrâce et banni de la cour, « ne trouvait rien de plus beau

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