‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 171 sur 615 · Souffrait. Admettait, tolérait · texte numérisé non relu

Souffrait. Admettait, tolérait

« Puisqu'il est essentiel à Dieu d'être simple et indivisible, la substance ne souffre point de jiartage. « Bossuct, Sermon sur la Trinité i" p. — « Pour un cœur généreux ce trépas a des charmes: |j La gloire qui le suit ne souffre point de larmes. »

Corneille. Horace. II. 1 . — « Supposé, comme il est vrai, que les exercices de la piété souffrent des interval-

les. » Molière, Tartufe, Préface.

2. Voici les principaux points de toute celle généalogie : Jacques V, roi d'Ecosse, avait épousé en secondes noces Marie de Lorraine, fille de Claude de Guise. 3Iarie Stuart. née de cette union, épousa François II. roi de Franco, qui la laissa veuve à dix-huit ans. Enfin Henriette-Marie, fille de Henri IV, fut mariée à Charles 1". père de Uenrietle-Anne, duchesse d Orléans. Le mariage de Jacques IV. roi d'Ecosse, avec Marie Tudor. fille de Henri VU, avait luiilos deux famillesréguuntes d'Ecosse et d'An;:lelerre.

DE IIENRIETTE-ANNE DA^'GLETERRE.

arrachée, comme par miracle, des mains des ennemis du roi son père, pour la donnera la France : don précieux, inestimable présent, si seulement la possession en avait été plus durable! Mais pourquoi j^e^ souvenir vient-il m'interrompre? Hélas! nous ne pouvons un moment arrêter les yeux sur la gloire de la princesse, sans que la mort s'y ^ mêle aussitôt pour tout ofïusquer^ de son ombre. 0 mort, éloigne-toi de notre pensée, et laisse-nous tromper pour un peu de temps la violence de notre douleur par le souvenir de notre joie ! Souvenez-vous donc, Messieurs, de l'admiration que la princesse d'Angleterre donnait à toute la cour. Votre mémoire vous la peindra mieux avec tous ses traits et son incomparable douceur, que ne pourront jamais faire toutes mes paroles. Elle croissait au milieu des bénédictions de tous les peuples, et les années ne cessaient de lui apporter de nouvelles grâces. Aussi la reine sa mère, dont elle a toujours été la consolation, ne l'aimait pas plus tendrement que faisait Anne d'Espagne. Anne, vous le savez. Messieurs, ne trouvait rien au-dessus de cette princesse. Après nous avoir donné une reine, seule capable par sa piété, et par ses autres vertus royales, de soutenir la réputation d'une tante e;' illustre, elle voulut, pour mettre dans sa famille ce que l'univers avait de plus grand, que

1. Sans que la mort se mêle à notre contcmiilalion. Au xvii' siècle le pronom ;/, comme le pronom en.

était IVéquemniont cmployc jiour remplacer une proitosilion iout entière. « Je vois (pi'on m'a Iraiii :

vous m'y voyez rêver. >> Corneille.

cité par Chassants Gr. fr., cours Slip., i 259. « Il l'aut (oujoui-s garder les l'ormalilés. quoi (|n'il puisse arriver. I*our moi. j'// suis sévère on diable. » Molière. Ainoitr modecin. 11. r>. « Je me vois, ma cousine, ici persécutée || Par îles f^cns dont riuiiMi'ur .y ]iarait conci-ilée. >> la., Misaritlir., V, 3. Cf. Bra-

cliet et Dussouchet. Gr. fr.. p. 3^)8.

2. Offusquer. Cacher, voiler, au propre et au li<riu'é,d'un emploi IVéquent au xvu' siècle ; « Ces blonds cheveux de qui la vaste enllure || Des visa^rcs liumains offusque la liiiure. » .Mylière. Kcole (les maris.

I, 1. — « Il a du bon et du louabl(\ ([u'il offusque jiar l'airectalion du firand et du merveilleux. >> La Bruyère, De l'huuiwe. M le dictionnaire de Furelièic il()0O\ ni celui de r.-Vcadémic ( lliîUMic sii:nale pour ce mol le mmis moral qu'il a pris depuis ; porter ombnuje a quelqu'un.

ORAISON FLXÉBRE

Philippe (le France son second fils épousât la princesse Henrietle; et quoique le roi d'Angleterre, dont le cœur égale la sagesse, sùl que la princesse sa sœur, recherchée de tant de rois, pouvait honorer un trône, il hii vit remplir avec joie la seconde place de France, que la dignité d'un si grand royaume peut mettre en comparaison avec les premières du reste du monde.

Que si son rang la distinguait', j'ai eu raison de vous dire qu'elle était encoi'e plus distinguée par son mérite. Je pourrais vous faire remarquer qu'elle connaissait si bien la beauté des ouvrages de l'esprit, que l'on cropit avoir atteint la perfection, quand on avait su plaire à Madame. Je pourrais encore ajouter que les plus sages et les plus expérimentés admiraient cet esprit vif et perçant, qui embrassait sans peine les plus grandes affaires, et pénétrait avec tant de facilité dans les plus secrets intérêts. Mais pourquoi rn'étendre sur une matière où je puis tout dire en un mot? Le roi, dont le jugement est une règle toujours sûre, a estimé la capacité ^ de celte princesse, et l'a mise par son estime au dessus de tous nos éloges.

Cependant ni cette estime, ni tous ces grands avantages, n'ont pu donner atteinte à sa modestie. Tout éclairée qu'elle était, elle n'a point présumé de ses connaissances, et jamais ses lumières ne l'ont éblouie. Rendez témoignage à ce que je dis, vous que cette grande princesse a honorés de sa confiance. Quel esprit avezvous trouvé plus élevé? mais quel esprit avez-vous trouvé plus docile^? Plusieurs, dans la crainte d'être trop faciles,

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