‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 19 sur 615 · Se rapproche de l'immortalité · texte numérisé non relu

Se rapproche de l'immortalité

L'emploi de ce verbe, et à l'actif, dans ce sens est fréquent au xvi* siècle. Mais au xvii' siècle ou dit [tlutôt approcher de : « Les mœurs qui approchent des nôtres nous touchent. » La Bruyère. I, 23 (Grands écrivains).

i. « Fais que je t'estitne. afin que je sois triste d'être déchu de tes lionnes grâces. » La Bruyère, 1. 5.51 {Grands écrivains). « Vos ennemis, déchus de leur vaine espérance. »

Racine, Britannicus, II, 2.

5. De ])artitif devant un nom de nombre. « Voit-on fleurir chez eux des quatre facultés? » Boileau, Sat. VIII. « Je passe des six mois sans écrire à mes amis. » Voltaire, I Lettres (dans Littré).

DE MADAME YOLANDE DE lONTERBY. 5

et que lorsque la malice' est accrue-, la vie en mèuie temps s'est diminuée^. Dieu même, dont la vérité infaillible doit être la règle souveraine de nos sentiments, étant irrité contre nous, nous menace en sa colère d'abréger nos jours ; et au contraire il promet une longue vie à ceux qui observeront ses commandements. Enfin, si cette vie est le champ fécond dans lequel nous devons semer pour la glorieuse immortalité, ne devonsnous pas désirer que ce champ soit ample et spacieux, afin que la moisson soit plus abondante? Et ainsi l'on ne peut nier que la longue vie ne soit souhaitable.

Ces raisons qui flattent nos sens gagneront aisément le dessus*. Mais on leur oppose d'autres maximes qui sont plus dures, à la vérité, et aussi plus fortes et plus vigoureuses; et premièrement, je nie que la vie de l'homme puisse être longue : de sorte que souhaiter une longue vie dans ce lieu de corruption c'est n'entendre-^ pas ses propres désirs. Je me fonde sur ce principe de saint Augustin : Non est longum qiiod aliquando finilur^ : (( Tout ce qui a fin ne peut être long. » Et la raison en est évidente; car tout ce qui est sujet à finir' s'efface nécessairement au dernier moment, et on ne peut compter de longueur en ce qui est entièrement effacé; car de même qu'il ne sert de rien de remplir** lorsque j'efface

1. Incliiuition à mal faire. « I.orsqu'uiie âme si pure se croyait telieniont ploiii;ée dans la ituilicc. »

Bossuet,£^//.sv/'ora«OH, IX,3. « lu cœur noble ii(> peut soupçonner en auU'ui la bassesse et la malice qu'il ne se sent })oiut en lui. » Racine, Esthin\ III, 9.

2. « Mes désirs toutefois .son/ «rr/v/.s de nioitit'. » Mairet, Sojjlwnisbe,l\, 1. L'usaj,M' du passif i»ù nous employons l(> rélléclii élail courant au xvii« siècle.

3. « La vie buniaine.qni •ie poursuit jusques à près de mille ans, s'est diminuée peu à peu. » lios-

suet, Ilist. universelle U\nn^ I.iltrè).

Ni le diclioniiaire de Kirclière, ni celui de I Académie ne mentionnent cet emploi pronominal de diminuer.

4. « Dès qu'ils (les enfants) ont pu les entamer (leurs maîtres), ils {1(1(1 nent le dessus et preiuient sur eux un ascendant (|u'ils ne perdent plus. » \.;\ Bruyère. De l'iiamme.

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