Tel est le le.xte de leditiuii
ORAISON FUNÈDRE
tout par lin dernier trait, ainsi la longue et la courte vie sont toutes égalées* par la mort, parce qu'elle les ellace toutes également.
Je vous ai représenté, chrétiens, deux opinions diirérentes qui partagent ^ les sentiments de tous les mortels. Les uns, en petit nombre, méprisent la vie, les autres estiment que leur plus grand bien c'est de la pouvoir longtemps conserver. Mais peut-être que nous accorderons ^ aisément ces deux propositions si contraires, par une troisième maxime, qui nous apprendra d'estimer * la vie non par sa longueur, mais par son usage, et qui nous fera conlesser qu'il n'est rien de plus dangereux qu'une longue vie, quand elle n'est remplie que de vaines entreprises, ou même d'actions criminelles; comme aussi il n'est rien de plus précieux, quand elle est utilement ménagée 5 pour l'éternité; et c'est pour cette seule raison que je bénirai mille et mille fois la sage et honorable vieillesse d'YoLA:<DE de Monterby; puisque dés ses années les plus tendres jusqu'à l'extrémité de sa vie, qu'elle a finie en Jésus-Christ après un grand âge, la crainte de Dieu a été son guide, la prière son occupation, la pénitence son exercice, la charité sa pratique la plus ordinaire, le ciel tout son amour et son espérance.
originale, que nous devons suivre ici à défaut de manuscrit. » (Note de l'édition Lebarq.)
1. « Certaines personnes... travaillent à persuader... qu'elles ('(laleront la durée de leur déplaisir à leur propre vie. » La Rochefoucauld.
I, 12i {Grands écrivains). « 11 est à remarquer que souvent les avantages et les forces (entre deux joueurs) sont incommensurables, de sorte que les joueurs ne peuvent jamais être parfaitement égalés. « Fonlenelle. Eloge de Bernoiiilli.