Ps.. CXLV
emporter au monde* dont la figure ^ passe et s'évanouit. Car encore que notre esprit soit de nature à vivre toujours, il abandonne à la mort tout ce qu'il consacre aux choses mortelles; de sorte que nos pensées, qui ^./j devraient être incorruptibles du côté de leur principe, -^^ deviennent périssables du côté de leur objet. Voulez-vous sauver quelque chose de ce débris ^ si universel, si inévitable? Donnez à Dieu vos atTections; nulle force ne vous ravira ce que vous aurez déposé en ces mains divines. Vous pourrez hardiment mépriser la mort, à l'exemple de notre héroïne chrétienne. Mais afin de tirer d'un si bel exemple toute l'instruction qu'il nous •-/ peut donner, entrons dans une profonde considération* jj des conduites-^, de Dieu sur elle, et adorons en cette
princesse le mystère de la prédestination et de la grâce. -
Vous savez que toute la vie chr^étieiine, que tout l'ouj ,^ vrage de notre sakit est une suite continuelle de j^iisé- ' 1,'icordes ^ : mais le fidèle interprète du mystère cleTT grâce, je veux dire le grand Augustin, m'apprend cette ^ véritable et solide théologie, que c'est dans la première grâce', et dans la dernière, que la grâce se montre grâce; c'est-à-dire ([ue c'est dans la vocation qui n(Uis prévient^ et dans la persévérance finale qui nous couronne, (pie la bonté qui nous sauve paraît toute gratuite et
1. Laissé emporter an monde. (ii't emploi de à pour si^Miifior par est fi'éiiucnt après le verbe laisser : « Ne vous laissez pas séduire à Satan. » liùssiK^t. « Et ne vous laissez. ]ias séduire à Vos bontés. » Molière {reiinii. sav., V.:2). <.'.r. p. Il, n. 1.
2. Dont la fujure passe.... C'est le lanjiaue même de l'Iîcriture :
l'rieterit figura hujiis miiiidi, I Cor., vu, r>l. Cf. p. 176, n. 7.