Var. de la première édition qui reste à gagner à ceux
fortes du plus grave ^ des historiens, « qu'elle allait être précipitée dans la gloire^ )>? Cnr quelle créature fut jamais plus propre cà être l'idole du inonde? Mais ces idoles que le monde adore, à combien de tentations délicates^ ne sont-elles pas exposées? La gloire, il est vrai, les défend de quelques faiblesses; mais la gloire les défend-elle de la gloire même? ne s'adorent-elles pas secrètement? ne veulent-elles pas être adorées? que n'ont-elles pas à craindre de leur amour-propre, et que peut se refuser la faiblesse humaine, pendant que le monde lui accorde tout? n'est-ce pas là qu'on apprend à faire servir à l'ambition, à la grandeur, à la politique, et la vertu, et la religion, et le nom de Dieu? La modérationque le monde affecte n'étouffe pas les mouvements de la vanité, elle ne sert qu'à les cacher; et plus die ménage* le dehors, plus elle livre le cœlir aux sentiments les plus délicats et les plus dangereux de la fausse gloire. On ne compte plus que soi-même, et on dit au fond de son cœur: « Je suis, et il n'y a que moi sur la terre s. » En cet état. Messieurs, la vie n'est-elle pas un \)ôr[], la mort n'est-elle pas une grâce? Qne ne doit-on pas craindre de ses vices, si les bonnes qualités sont si dangereuses? N'est-ce donc pas un bienfait de Dieu d'avoir abrégé les tentations avec les jours de Madame, de l'avoir arrachée à sa propre gloire, avant que cette gloire par son excès eût mis en hasard^ sa modération?
1. « Grave, sérieux, qui agit, qui p;irle avec un air sage, avec flifrnité cl circonsi)ertioii. — On apiiello fadeur grave, un auteur tjui est do p'ande considération (r.-à-d. très ostinié) dans la niatièVo dont il traite. » Dict. de V Académie. 1691.
Ces deux sens se mêlent iei.
2. Taeile. Arjricola. 1:2 : « C'est ainsi qne ses |ir()|)i-es vertus en niènie lenijisque les vices d'autiui préripifaient Agricola dans la gloire. «
3. Délicates, d'une nature relevée, tentations d'amour-propre, de vanité, de j;énérositù même. Voir la Sotice. p. 137.
i. Mcnaiie. Cf. p. 356, n. 9.