Corresp. de Madame, trad
Jaoglé. t. II. p. 90.
5. MII(>do Moiitpensier. Mrm., IV |i. ill . Cf. il'idnn. sur los siuLiuIioi'lioiiillons (|uo ]>rt'nait la rt'ino « lot jours do uiodocinc », p. 415, etc.
des mets à respagiiole, ce qui obligeait sa cousine de Montpensier à rester dîner chez elle. — Un peu trop d'exubérance et de candeur dans ses dépits féminins : coinine on lui montrait les cadeaux de noce de la Daupliine sa bru : a Les miens n'étaient pas si beaux, quoique je fusse plus grande dame, mais on ne se souciait pas tant de moi que l'on fait d'elle. » « Car elle avait dans la tête, ajoute Mlle de Montpensier, qu'on la méprisait, et cela fait qu'elle était jalouse de tout le monde et de toute chose. » Et de même, quand cette pauvre Mademoiselle vint lui annoncer son projet de mariage avec Lauzun, il faut avouer que les objections de cette reine de France sentaient un peu leur bourgeoise de Molière : « De quoi vous avisez-vous de vous marier? — me dit-elle d'un ton fort aigre. — N'êtesvous pas bien comme vous êtes? Vous feriez bien mieux de ne vous marier jamais et de garder votre bien pour mon fils d'Anjou'. » — « Ah! Madame, repartit la petite-fille de Henri IV, qui se piquait tant de grandeur d'âme, quels sentiments Votre Majesté me fait connaître! J'en suis très honteuse pour elle. » Et sans doute, ces petits travers d'une femme, d'ailleurs excellente, nous expliquent encore mieux l'espèce d'abandon où nous voyons qu'elle était, trois ans avant sa mort, dans une cour où l'élégance et la tinesse étaient les qualités les plus prisées et valaient plus que la vertu. Elle n'approchait plus de son mari, raconte Mme de Cayhis-, qu'avec effroi : a Un jour, le roi l'ayant envoyé chercher, la reine, pour ne pas paraître seule en sa présence, voulut que Mme de Maintenon la suivit ; » encore celle-ci fut-elle obligée « de la pousser pour la faire entrer, et remarqua un si grand tremblement dans toute sa personne que ses mains tremblaient de timidité ». Les dames d'honneur de cette souveraine délaissée l'abandonnaient e'ies-mêmes, malgré les devoirs de leur charge, et s'en allaient « faire la compagnie de Mme de Montespan^ », dans ce salon de la favorite, qui était alors, comme le dit Saint- Simon, « le centre de la cour, des plaisirs, de la fortune, de l'espérance, de la terreur des ministres et généraux d'armée, — et Thumiliation de toute la France ». — D'ailleurs les p'îus proches de Marie-Thérèse en faisaient autant. Sa bru, la Dauphine, à peine installée à la cour, « va de son côté »,
1. Mlle deMontpeusier, 3/é/n., IV, I 2. Souvenirs, "Çi. Mi-Mop. 203. I 5. Sévigné, 7 août 1673.
DE MARIE-THÉRÈSE DAtTRICHE.
témoignant hautement qu'elle entend bien, comme le dit Mme de Sévigné, n'être pas « cousue » à la reine*. Même sa froideur pour sa belle-mère devint telle, que d'abord Marie-Thérèse, ne sachant à qui s'en prendre, accusait Mme de Maintenon, alors dame d'atours de la dauphine, d'être la cause de cette mésintelligence'-*.
C'était pourtant à Mme de Maintenon qu'elle allait être redevable d'un peu de consolation dans les derniers temps de son existence, et elle le reconnut bientôt. Dés le milieu de l'année 1680, le changement était sensible. « On me mande, écrit Mme de Sévigné, que la Reine est fort bien à la cour », — expression singulièrement caractéristique pour le dire en passant. — « Elle a eu tant de diligence dans ce voyage », en Alsace, « allant voir toutes les fortifications, sans se plaindre du chaud ni de la fatigue, que cette conduite lui a attiré mille petites douceurs^. » Bientôt le roi « eut pour son épouse des attentions, des égards, des manières tendres, auxquelles elle n'était pas accoutumée, et qui la rendaient plus heureuse qu'elle n'avait jamais été. Elle en [était] touchée jusqu'aux larmes; elle disait avec une espèce de transport : Dieu a suscité Mme de Maintenon pour me rendre le cœur du roi ». En elfet, c'était Mme de Maintenon, dont les agréments incontestables d'esprit et de cœur subjuguaient de plus en plus le roi, qui usait généreusement de cet ascendant pour l'éloigner de Mme de Monlespan et le rapprocher de sa femme. Celle-ci « lui en témoigna souvent sa reconnaissance, et marqua à toute la cour », en particulier par le don de son portrait, « l'estime qu'elle faisait d'elle* ». Parlant à sa plus intime confidente, une semaine à peine avant sa mort, la pauvre reine lui disait avec attendrissement que « de sa vie elle ne s'était trouvée en cet état, qu'elle avait un contentement parfait et ne désirait plus rien au monde ^ ». Malheureusement, ajoute la duchesse d'Orléans, cela ne dura ({ue quatre jours, et le septième, elle mourut^.