Réunie. Cf. p. 92. n. fi
4. Conqiarer Télof^'e de Louis XIV par La iW-uyère dans le cliapiire du Souverain (odit. class. Hachette, p. 278-279, p. 282-286).
5. Présider dans. On disait plutôt présider à. « 0 qu'une saj;esse profonde || Aux aventures de ce monde || Préside souverainement. »
Malherbe (dans I-ittrc). « Ce fut un jugement niK/uel la passion seule présida. » Dourdaloue, Mijslère de la l'assion /dans Lillré).
fi. Cf. La Bruyère, éd. citée, p. 285, avec les notes de Saint-Simon, et Mme de Caylus (Souvenirs) : >< 11 pensait juste, s'exprimait noblement, et se* réponses les uioius préparéea
dant qu'il parle avec tant de force, une douceur surprenante^ lui ouvre les cœurs, et donne je ne sais comment un nouvel éclat à la majesté qu'elle tempère.
N'oublions pas ce qui faisait la joie de la reine. Louis est le rempart de la religion; c'est à la religion qu'il fait servir ses armes redoutées par mer et par terre. Mais songeons qu'il ne l'établit partout au dehors que parce qu'il la fait régner au dedans et au milieu de son cœur. C'est là qu'il abat des ennemis plus terribles que ceux que tant de puissances jalouses de sa grandeur et l'Europe entière pourraient armer contre lui. Nos vrais ennemis sont en nous-mêmes, et Louis combat ceux-là plus que tous les autres. Vous voyez tomber de toutes parts les temples de l'hérésie ^ : ce qu'il renverse au dedans est un sacrifice bien plus agréable, et l'ouvrage du chrétien, c'est de détruire les passions qui feraient de nos cœurs un temple d'idoles. Que servirait à Louis d'avoir étendu sa gloire partout où s'étend le genre humain? Ce ne lui est rien d'être l'homme que les autres hommes admirent ; il veut être, avec David, « l'homme selon le cœur de Dieu 5 )). C'est pourquoi Dieu le bénit*. Tout le genre
renfermaient en peu de mots tout ce qu'il y avait de mieux à dire selon les temps, les choses et les pei'sonnes. 11 avait l'esprit qui donne de l'avantage sur les autres : jamais pressé de parler, il examinait, il pénétrait les caractères et les pensées; mais comme il était sage, et qu'il savait combien les paroles des rois sont pesées, il renfermait souvent en lui-même ce que sa pénétration lui avait fait découvrir: s'il était question de parler de choses importantes, on voyait les plus habiles et les plus éclairés, étonnés de ses connaissances, persuadés qu'il en savait plus qu'eux et charmés de la manière dont il s'exprimait. S'il fallait badiner, s'il fallait des plaisanteries, s'il fallait faire un conte,
c'était avec des grâces infinies, un tour noble et fin que je n'ai va qu'à lui. »
1. « Surprenant, signifie aussi beau, extraordinaire. L'ouverture de l'Opéra est une chose surprenante. Cette femme a une beauté, une vertu surprenante. » Dict. de Furetière. 1690.
i. Cf. Fr. Puaux. Rev. hist.A^^o, t. XXIX. p. 241 sqq.. sur la guerre faite aux protestants par le clergé, les parlements et le gouvernement depuis 1661 jusqu'à la Révocation.
ô. C'était le moment où la faveur de Mme de Montespan était presque complètement finie.
4. Proba me, Deus, et scito cor meum; interroga me et coqnosce semitas meas. (Ps. CXXXVIII, 23.)
DE MARIE-THÉRÈSE D'AUTRICHE
humain demeure d'accord qu'il n'y a rien de plus grand (fue ce qu'il fait, si ce n'est qu'on veuille^ compter pour plus grand encore tout ce qu'il n'a pas voulu faire et les bornes qu'il a données à sa puissance 2. Adorez donc, ô grand roi, Celui qui vous fait régner, qui vous fait vaincre, et qui vous donne dans la victoire, malgré la fierté qu'elle inspire, des sentiments si modérés. Puisse la chrétienté ouvrir les yeux et reconnaître le vengeur que Dieu lui envoie! Pendant, ô malheur, ô honte, ô juste punition de nos péchés ! pendant, dis-je, qu'elle est ravagée par les infidèles qui pénètrent jusqu'à ses entrailles, que tarde-t-eHe à se souvenir et des secours de Candie =^ et de la fameuse journée du Raab*, où Louis renouvela dans le cœur des infidèles l'ancienne opinion^ qu'ils ont des armes françaises fatales à leur tyrannie, et par des exploits inouïs devint le rempart de l'Autriche dont il avait été la terreur?
Ouvrez donc les yeux, chrétiens, et regardez ce héros dont nous pouvons dire, comme saint Paulin ^ disait du grand Théodose, que nous voyons en Louis « non un roi, mais un serviteur de Jésus-Christ, et un prince qui s'élève au-dessus des hommes plus encore par sa foi que par sa couronne'^ ».
C'était, iMessieurs, d'un tel héros que Marie-Thérèse devait partager la gloire d'une façon particulière, puis-