Cruiions... en. Cf. supra, p. 556, I). k
2. Endroit. Ce mot, d'un très grand usage au xvn" siècle, s'employait oîi nous disons côlé^ point, point de vue, aspect, face, phase, moment, etc. La Rochefoucauld :
« Quelque industrie que l'on ait à cacher ses passions, il y a toujours quelque endroit qui se montre »
1, 55 (Grands écrivains). « Tout le monde presque tomhe par quelque endroit dans ce défaut. » 1,289 (iljid.j. — Sévigné : « Dieu voulait que je fusse morliliée par Vendroit le plus chagrinant pour moi. » VII, 42G [ibid.). « ISe me demandez point de rcvor gaîment à cet endroit-Ui de notre destinée. » IV. 191 {'ihid.). « Son esprit [celui d'une jeune fenune] est si hou et si aimahle qu'où peut la tenir vieille jiar cet endroit. » VI, 47 (ibid.). — liacine : « Je le vais i'rapper [votre cœur] YdiV endroit le j)lus tendre. »
Bérénice, v. 892. — La Itruyére :
« La mort a un hel endroit (jui est do mettre (in à la vieillesse. » II, 25 (Grands écrivains). Cf. les Caractères, édit. class. Hachette, p. 101, n. 1; 500, n. 5; 402, n. 1. 4 et 7; 410, n. 4; 550, n. 4, et plus haut }). 180, u. 8. — En particulier. « ce mot se disait également depuis
iiossLET. — Ur. lua.
quelques années, remarque Bouhours en 1692, en lui certain sens :
vous ne le connaissez que par ses mauvais endroits, pour dire : par ses mauvaises qualités. » Ainsi Boileau : « Mais voyous l'honnue enfin par ses plus heaux endroits. »
Et INicole: « Les plus heaux esprits ont des endroits somhres et téuéhreux. »
5. Tendre, affectueux (et non délicat, suscej)lible, comme dans l'exemple de Racine cité à la note précédente).
4. Resserrées... dilatées. « Cor nostrum dilalatum est... .Anf/ustiamini aulein in visceribus vestris. » (Il Corinth.,\\, 11,12.) « Qui clauserit viscera sua.... » (l Joann.
III, 17.) Bossuet dit encoreailleurs :
« i\otre âme sera dilatée par l'inspiration de la charité. » Sei-mou ])0ur la véture d'une nouvelle catholique. l6o8, 2° p. « Au lieu d'ouvrir largement tes mains sur les misères du pauvre, non seulement tu resserres tes entrailles, mais lu multiplies tes rapines. » Sermon sur les Rechutes (1600). 5" p.« [Le chrétien en songeant aux vastes vues de la Providence' s'étend et se dilate lui-même. » Sermon sur la Provi(/ence (\6C)2). 2° p. « Le nouveau peuple s'étend et se dilate jus(|u'aiix extrémités du moudc. »
Histoire universelle, U, 20. « Vous faites trop dépendre votre conduite
comprendre toute l'étendue de l'amour d'un Dieu. Pour nous, croyons sans réserve, et prenons le remède entier, quoi qu'il en coûte à notre raison. Pourquoi veut-on que les prodiges coûtent tant à Dieu? Il n'y a plus qu'un seul prodige que j'annonce aujourd'hui au monde. 0 ciel, ô terre, étonnez-vous à * ce prodige nouveau ! C'est que, parmi tant de témoignages de l'amour divin, il y ait tant d'incrédules et tant d'insensibles. N'en augmentez pas le nombre qui va croissant tous les jours. N'alléguez plus votre malheureuse incrédulité 2, et ne faites pas une excuse de votre crime. Dieu a des remèdes pour vous guérir, et il ne reste qu'à les obtenir par des vœux continuels. Il a su prendre la sainte princesse dont nous parlons, par le moyen qu'il lui a plu^; il en a d'autres pour vous jusqu'à l'infini* ; et vous n'avez rien à craindre, que de désespérer de ses bontés s. Vous osez nommer vos
des événements.... Dilatez vos voies et laissez ces choses, très indifférentes. » Lettre à la sœur Coemeau (13 août 1695). Ces fortes expressions sont rares même chez nos grands écrivains : « Il n'y a rien qui... rehausse et qui dilate l'esprit et la vertu. » Mallierbe (Irad. de Sénèque). « L'espérance qui nous rfî7a/e présentement le cœur.»
Se vigne, Vil, 81 {Grands écrivains).
1. A, en présence de.... « II.(I'accusé) s'en défendait à ses juges. »
Sévigné. « Quoique le mien (mon esprit) s'étonne à ces rudes alarmes. » Corneille, Horace.
2. Cf. le Sermon sur les Effets de la Résurrection de Jéstis-Clirist^ 1681 (éd. cl. Hachette, p. 458).
3. Qu'il lui a i)lu. Bossuet avait écrit dahord : « qui lui a plu », faute qui se trouve plusieurs fois chez La Bruyère (éd. class. Hachette, p. 58, n. 4. et p. 442, n. 2). — Le sens est : par le moyen par lequel il lui a plu de la prc.ndre ; — ellipse encore usitée du l'estie, et emploi très fran-
çais du pronom (ou de la conjonction) que. Voyez Liltré, que, 14° et lo°; Chassang, Gramm. française, cours supérieur., § 419, Bem. ni; Brachet et Dussouchet, Gr. /r., § 738, p. 347.
4. Jusqu'à l'infini: « Qu'y a-l-il, si je puis parler de la sorte, de plus infini et de plus immense que cette divine bonté, qui non seulement reçoit ceux qui la recherchent et se donne fout entière à ceux qui l'embrassent, mais encore rappelle ceux qui s'éloignent et ouvre toujours des voies de retour à ceux qui la quittent?... Il faudrait démêler dans la multitude quelque âme désolée et lui dire à l'oreille et en secret : Ah ! Dieu pardonne sans fin et sans borne.... Il y a pour nous dans le ciel une miséricorde infinie.... Je ne vois ici ni terme présent, ni nombre arrêté, ni mesure déterminée. » Sermon sur la divinité dej -C, 1665, 3° point.