‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 404 sur 615 · Cf. le Sermon, cité plus haut, même édit., p. 460-4/j · texte numérisé non relu

Cf. le Sermon, cité plus haut, même édit., p. 460-4/j

DA.NNE DE GONZAGl'E.

ennuis*, après les peines ^ terribles où vous l'avez vue! Cependant, si quelquefois elle désirait ^ d'en être un peu soulagée, elle se le reprochait à elle-même : « Je commence, disait-elle, à m'apercevoir que je cherche le paradis terrestre à la suite de Jésus-Christ, au lieu de chercher là montagne desOHves et le Calvaire, par où* il est entré dans sa gloire. » Voilà ce qu'il ^ lui servit de méditer l'Évangile nuit et jour, et de se nourrir de la parole de vie. C'est encore ce qui lui fit dire cette admirable parole : « Qu'elle aimait mieux vivre et mourir sans consolation que d'en chercher hors de Dieu. » Elle a porté ces sentiments jusqu'à l'agonie; et prête à rendre l'âme, on entendit qu'elle disait d'une voix mourante : « Je m'en vais voir comment Dieu me traitera; mais j'espère en ses miséricordes 6. )) Cette parole de confiance emporta son âme sainte au séjour des justes.

Arrêtons^ ici. Chrétiens; et vous. Seigneur, imposez

1. Vos ennuis, vos chagrins médiocres et peu considérables. On voit que le mot perdait déjà même dans la prose de la fin du xvii' siècle la forte signifu-alion que la poésie lui conservait. « Sa rnort avancera la fin de mes ennuis. » Racine, Androm., v. 376. « Si d'ime mère en pleurs vous plaignez les f/JUMW.»

Id., Iphig., IV, i. « Que faites-vous, madame, et quel mortel ennui || Contre tout votre sang vous anime aujourd'hui ? » Phèdre, v. 235. Au contraire, Mme de Sévigné, La Rochefoucauld. La Bruyère ne donmmt pas à ce mot un sens plus violent que son sens d'aujourd'hui.

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