‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 41 sur 615 · Ou dirait plutôt aujourd'hui · texte numérisé non relu

Ou dirait plutôt aujourd'hui

elle redouble a'nmoiir; mais cette construction, conforme à la forme active de l'original latin, est dans l'usage courant du xvu* siècle. « Le vieux prince disait que le moment où l'on reçoit les plus heureuses nouvelles était le moment où il Aillait redoubler .son attention pour les petites. » Retz, Mémoires (dans Littré).

DU P. BOURGOnG.

l'unité en son Église et par son Église; voyons maintenant l'exécution. L'exécution, chrétiens. C'est l'établissement des pasteurs; car de crainte que les troupeaux errants et vagabonds ne fussent dispersés deçà et delà*, Dieu établit les pasteurs pour les rassembler. Il a donc voulu imprimer dans l'ordre et dans l'oflice des pasteurs le mystère de l'unité de l'Église : et c'est en ceci que consiste la dignité de Tépiscopat. Le mystère de l'unité ecclésiastique est dans la personne, dans le caractère, dans l'autorité des évèques. En efTet, chrétiens, ne voyezvous pas qu'il y a plusieurs prêtres, plusieurs ministres, plusieurs prédicateurs, plusieurs docteurs, mais il n'y a qu'un seul évêque dans un diocèse et dans une église. Et nous apprenons de l'histoire ecclésiastique, que lorsque les factieux entreprenaient de diviser l'épiscopat, une voix commune de toute l'Église et de tout le peuple fidèle s'élevait contre cet attentat sacrilège par ces paroles remarquables : « Un Dieu, un Christ, un évêque : » Unus Detis, unus Chvistus , unus episcopus-. Quelle merveilleuse association, un Dieu, un Christ, un évêque! un Dieu, principe de l'unité, un Christ, médiateur de l'unité, un évêque, marquant et représentant en la singularité^ de sa charge le mystère de l'unité de l'Église. Ce n'est pas assez, chrétiens : chaque évêque a son troupeau particulier; parlons plus correctement; les évêques n'ont tous ensemble qu'un même troupeau, dont chacun

1. Çà ot là. « Ces sorvileurs, ;i courir de çà et de là. » Bossuot, sermon sur VImpéii. finale. « Peuples qui enaieut de çà et de là sur des cliariots. » Ilist. universelle^ II, 7. Expressiou fréciueute au xvii" siècle. On ilisail, du reste, aussi çà et là.

2. Cornet. Epist. ad Ciipr..,npud Ci/jn'., ep. xi.vi. Theudoreliis, lli.st. Ecries., lih. ii. cap. xiv.

3. Au sens étyn)oloj;i(|ue : étal de ce qui est unicjue, i(iialilé de ce qui

appartient à un seul individu. « Je ne crois pas qu'il y ait parmi eux (les protestants) un seul honune de linu sens qui. se voyant tout seul d'un sentiment, jioui' évident qu'il lui send)làt. n'eût horreur de sa sinçiularité. « Bossnet, Erpnsition de 1(1 Doctrine cntludique. « Ils opposent la sinfjulnrité de leur opinion au consentement des peuples et à la foule des exemples. »

lîidzac. De la cour, 0* discours (dans le Dicl. de I.illré).

conduit une partio inséparable du tout; de sorto qu'en vérité tous les évèques sont au tout* et à l'uiiilr, cl ils ne sont partagés que pour la facilité de l'application. Mais Dieu, voulant maintenir parmi ^ ce partage l'unité inviolable du tout, outre les pasteurs des troupeaux particuliers il a donné un père commun, il a préposé un pasteur à tout le troupeau, afin que la Sainte Église fût une fontaine scellée par le sceau d'une parfaite unité, et « qu'y ayant un chef établi, l'esprit de division n'y entrât jamais : » Ut capite constituto schismatis tollerelur occasio ^.

Ainsi Notre-Seigneur Jésus-Christ voulant commencer le mystère de l'unité de son Église, il a séparé les apôtres du nombre de tous les disciples; et ensuite, voulant consommer le mystère de l'unité de l'Église, il a séparé l'apôtre saint Pierre du milieu des autres apôtres. Pour commencer l'unité, dans toute la multitude il en choisit douze ; pour consommer l'unité, parmi les douze il en choisit un. En commençant l'unité, il n'exclut pas tout à fait la pluralité : « Comme le père m"a envoyé, ainsi, dit-il^, je vous envoie. » Mais, pour conduire à la perfection le mystère de l'unité de l'Église, il ne parle pas à plusieurs, il désigne saint Pierre personnellement, il lui donne un nom particulier^ : « Et moi, dit-il, je te dis à toi : Tu es Pierre; et, ajout e-t-il, sur cette pierre je bâtirai mon Église; et, conclut-il, les portes d'enfer ne prévaudront point contre elle, » afin que nous entendions que la police, le gouvernement, et toute Pordonnance de l'ÉgUse se doit enfin réduire à l'unité seule ; et que le fondement de cette unité est et sera éternellement le soutien immobile de cet édifice.

Par conséquent, chrétiens , quiconque aime l'Église

1. Sont au tout. Appartiennent à lenscnible de l'Eglise, en dépendent. Cf. p. 308, n. 5.

'i. l*our cet emploi fréquent du

mot parmi, cf. p. 298, n. 2. 0. S. Hieron. Adv. Jovin.. lib. i.

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