‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 427 sur 615 · Courville, .Vt'm., éJ. MicliautI, p. d-SO · texte numérisé non relu

Courville, .Vt'm., éJ. MicliautI, p. d-SO

secret par la peur de se faire des envieux, qu'il ne méprisait pas, quelque petits qu'ils fussent^ » « Il excellait en patelinage, dit à son tour M. de Saint-Hilaire-, et il était dangereux et vindicatif comme un Italien. » Et enfin, l'on sait le mot fameux du maréchal de Gramont, le voyant sortir du cabinet du roi : « Il me semble voir une fouine qui vient d'égorger des poules et qui lèche son museau plein de sang. » Cela, c'est l'hyperbole, mais les appréciations de Choisy et de Gourville risquent bien d'être la vérité. Et ce qui les confirme, c'est le rôle de Le TeUier, autant que nous pouvons l'apercevoir dans deux circonstances célèbres, lo procès de Fouquet et la révocation de l'édit de Nantes^.

D'abord dans le procès de Fouquet. Je veux bien que le mot de Voltaire : — « un des plus implacables persécuteurs du surintendant était Michel Le Tellier* », — soit exagéré, et qu'il ne faille confondre Le Tellier, en cette affaire, ni avec Pussort, ni avec Talon, ni avec Colbert. Il est incontestable qu'il blâma la procédure suivie par la Chambre d'enquête contre Foufpiet, et quil lit retirer de bonne heure son fils Louvois de celte commission^. Mais il n'est pas prouvé que s'il l'en retira, ce fut par une indignation vertueuse et non par un calcul d'intérêt bien entendu, pour éviter de mettre le jeune homme d'État mal avec l'opinion publique qui, déjà, se retournait en faveur du surintendant^. Et quand il critiqua les formes du procès, quand il prononça le mot que rapporte Olivier Lefèvre d'Ormesson : « qu'on avait fait la corde trop grosse, qu'on ne pouvait plus la serrer, qu'il n'y fallait qii'une chanterelle^ », — ce mot semble bien plutôt indiquer un regret à l'endroit de la maladresse des juges qu'une pensée miséricordieuse en faveur de Fouquet. Et si, dans un procès où il y eut assurément, en dépit des crimes avérés du prévenu, une large part d'iniquité pohtique, on n'a pas d'autres preuves à apporter de

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