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■1. ClfiULMil. CulbcrlA. X.y. •2-J,-23,
i:J. IS. l',). 50. Cf. iilus loin ce qu'on dit lîossut'l.
ô. Lettre lia 15 uov. 1651.
ORAISON Fr>'EBRE
ment personnel de Louis XIV, donminé entièrement pnr Colbort, LeTellier avait-il à craindre l'ingratitude et l'absence coniiilèle de scrupules de son ancienne créature. Ainsi faisait-il. 11 ne pouvait voir sans appréliension la manière dégagée dont Colbert s'alfrancliissait envers lui, même en public, de sa déférence d'autrefois. Pendant les réunions tenues à l'occasion du procès de Fouquet, Colbert s'asseyait sans façon tandis que Le Tellier restait debout^ Et les commentaires allaient leur train : « Lon discourt fort sur la fortune de M. Le Tellier et de M. Colbert, et l'on croit qu'ils sont fort opposés, et que M. Le Tellier ne se soutiendra pas. L'on fait les mêmes discours qu'en 1661, lors de la fortune de M. Fouquet. Je ne sais — ajoutait d'Ormesson, rapportant ces on-dit — si l'événement sera pareil. » Dans une telle conjoncture, la conduite toute tracée à un courtisan jaloux de se maintenir n'était-elle pas de se plier, avec une déférence prudente, aux désirs du ministre omnipotent? Un jour — c'était à ce moment tout juste, — Le Tellier causait avec d'Ormesson qui résistait, lui, autant quepossible, aux illégalités de Colbert et de ses âmes damnées ; et il lui disait qu'assurément « il ne fallait pas^ que d'Ormesson fit rien contre sa conscience, mais aussi qu'il lui fallait se conduire de telle sorte qu'il ne se gâtât pas^ ». Voilà un conseil que Le Tellier, dans son for intérieur, dut trop souvent se donner à lui-même. Voilà une considération qui sans doute est la clef de son attitude, soit au commencement, soit à la fin du procès de Fouquet — attitude tantôt assez modérée, tantôt cruelle, mais dans l'un et l'autre cas égoïste.
Et de même, dans l'affaire de la révocation de l'édit de >'antes.
Je voudrais qu'il fût vrai, ce que dit Bossuet, que le seul zèle de l'unité de la foi eût inspiré dans cette circonstance les sentiments et les actes du ^^eux chancelier. Sans doute, on ne saurait trop blâmer et trop flétrir l'esprit d'intolérance qui poussait depuis tant d'années le clergé* français à poursuivre l'abolition de la charte préservatrice des réformés. Mais du moins, cette mtolérance était assez peu mêlée, tout compte
1. Journal d'Ormesson, t. II, p. 128 (avril 166ii. Cf. la relation de l'ambassadeur vénitien Giustiniani, dans le t. VII de la Corresp. de Colbert. publiée par Clément.