‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 434 sur 615 · G. l{ou9.î,ct. passage cité · texte numérisé non relu

G. l{ou9.î,ct. passage cité

■i. Claude, Plaintes des Protestants, édit. citée, p. 22.

5. Claude, otivr. cité. p. 29. .^rêt du Conseil du 24 nov. 1681.

G. Candidats au ministère pastoral.

DE MICHEL LE TELLIER

l'exercice (du culte protestant) serait interdit, ni plus près que de trois lieues » d'abord, puis « de six lieues*... »; « on en fait pour défendre nu peuple de s'assembler dans les temples sous prétexte de prière, de lectures ou de chants de psaumes, sinon en présence d'un ministre envoyé par le synode- ». Et cinquante autres déclarations sont rendues coup sur coup, de 1680 à 1(585, qui ordonnent confiscation, au profit des hôpitaux, de tous les fonds ou biens légués aux pauvres de la R. P. R., « dans les lieux mêmes où l'exercice de ladite religion subsistait encore » ; — qui portent défense aux pères et mères d'envoyer sous quelque prétexte que ce fût leurs enfants voyager dans les pays étrangers avant l'âge de seize ans ; — qui « soumettent les malades et mourants à la nécessité de recevoir les visites tantôt des juges, commissaires », ou même simplement des « marguilliers ». et tantôt « des curés, vicaires, moines, missionnaires ou autres ecclésiastiques, afin de les induire à changer de religion, ou exiger d'eux sur ce sujet des déclarations expresses^ ». Jamais assurément on ne vit persécution plus savamment minutieuse, jamais une prévoyance plus subtile et plus perfide de tous les cas possibles, — et sans doute il y a lieu de reconnaître dans les instruments de cette législation vexatoire la main de l'ancien maître des requêtes, collaborateur de Mazarin, et son astucieuse et méthodique expérience.

En même temps, on a encore le regret de constater que Le Tellier repoussait les moyens qu'il aurait pu y avoir de ramener les religioiinaires au catholicisme par d'autres moyens. Un des intendants pourtant les plus zélés contre le calvinisme, le fameux Foucault, eut l'idée de représenter au chanceher que les ministres et principaux réformés de Montauban étaient « fort bien disposés » à revenir à l'Église romaine, qu'ils « ne cherchaient qu'une porte honnête pour rentrer dans l'Église et qu'ils demandaient pour cet effet une conférence où les points controversés seraient agiles, assurant que c'était la seule voie qui pût faire réussir le grand projet des conversions ». Le Tellier reçut fort mal ses avances. « Il rejeta absolument

1. Clniido. ihi l. ; ili'clar. du 15 janvier 1()S5; arrrt du 17 mai KiSÔ.

2. Claude. t7'?rf.;(lôrlaration nivnlo du iiO août ir)S2. « I/i'frlist' de' l.iguièies fui interdite le ÔO mai ItiSÔ,

par ce qu'on avait lu la Bible avant (lue le pasteiu' lût moulé en chaire. » K l'uaux.

.%. Claude, oiivr. cite. édit. cilée.

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ORAISON FUNÈBRL

cette proposition, disant qu'une pareille assemblée aurait le même succès que le colloque de Poissy, que le pape trouverait mauvais que l'on fit une pareille conférence sans sa participation, et, dit Foucault, il ?«e défendit d'en parler au roi. » Cette étrange opposition, Foucault, subordonné respectueux, l'attribue à la « timidité naturelle » de Le Tellier « dans une entreprise qu'il jugeait périlleuse », et il regrette que cette « timidité » ait été peut-être cause que « l'ouvrage des conversions, qui aurait pu réussir parles conférences soutenues par d'autres moyens doux, a causé la ruine d'un grand nombre de religionnaires et la perte du commerce et des arts ». Mais on s'explique mal cette « timidité ». Car le caractère de Le Tellier était plutôt porté aux moyens pacifiques qu'aux mesures violentes, comme le reconnaît lui-même le ministre protestant Claude^; et Claude n'est-il pas plus dans le vrai quand il attribue la conduite du Chancelier dans cette circonstance, moins à V « inclination » naturelle de Le Tellier qu'à la « politique » qu'il suivait dans ces « dernières années », c'est-à-dire au désir passionné qu'il avait de se maintenir et de s'avancer dans la faveur du roi tout en faisant pièce à Colbert? Précisément cette proposition de conférences amiables que le Chancelier repoussait avec si grand dédain, Colbert- avait accepté, lui, d' « en rendre compte au roi' », et, tout en réservant la décision de Louis XIY, il semblait admettre assez volontiers, pour sa part, que « la disposition » présente des réformés « pouvait produire un plus grand avantage qu'autrefois ». D'ailleurs on sentait si bien, dans le public, qu'il y avait sur ce point entre Le Tellier et Colbert une divergence au moins clandestine que c'était à Le Tellier que les dénonciations s'adressaient quand les arrêts contre les religionnaires n'étaient pas exécutés à la rigueur dans l'administration des finances dont Colbert était le chef*. Et Mme de Caylusest sans doute l'écho de

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