‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 5 sur 615 · BOSSUET · texte numérisé non relu

BOSSUET

ET L'ORAISOX FUNÈBRE

î. — l'oraison funèbre KN FRANCE EN I6o0 ; LA THÉORIE DU GENRE. — ANTIPATHIE DE BOSSUET POUR CETTE ESPECE DE

DISCOURS. — PLACE DES Ovaisons funèbres dans sa carrière d'orateur.

Vers 1650, quand Bossuet commença de prêcher, le genre de i'oraison funèbre était fort à la mode. Très éprise de l'éloquence sous toutes ses formes, la société polie d'alors courait partout aux beaux discours, et ceux auxqifels donnait lieu un mort illustre olfraient un régal particulièrement doux aux admirateurs de Balzac et de Voiture, de Mlle de Scudéry et de Corneille. En effet, les prédicateurs catholiques, dont cet engouement du public français pour la parole peuplait les auditoires, n'hésitaient pas à complaire aux goûts affirmés de leurs contemporains pour rélégance fleurie, la noblesse grandiose, les pompes et les finesses du bien-dire. Les Godcau, les Ogier, les Bertier, les GruUié, les Cohon, les Lingendes, les Senault* rivalisaient, en ce sens, de prévenances pour leur temps. François Ogier ne lait pas de difficulté d'avouer, en 1652, que les panégyriques « ne sont institués et introduits que pour l'ostentation, le divertissement et la pompe ». Et de ce principe il déduit loyalement toutes les conséquences : « Les choses de ce genre doivent être en un excellent degré de bonté, de beauté et de jycrfeciion. La nécessité se contente de ce qui lui fait besoin...: le plaisir veut l'aboudance, la richesse, la super-

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