‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 516 sur 615 · Cliantelauze, oî/it. f/^p. p · texte numérisé non relu

Cliantelauze, oî/it. f/^p. p

ô. Duc flAumale. t. III, ],'. 429 et

uiv. ; Chanlelauze, ouvr. cité.

4. Mém., éd. Chéniel, t. I, p. 49- 51. Mademoiselle, fille de Gaston d'Orléans, n'aimait pas Richelieu ni ses :unis.

DU PRINCE DE CONDE

Brézé [neveu d^i cardinal). » Cet excès de complaisance ne fut point agréé de liiclielieu, qui répondit « qu'il voulait bien donner des demoiselles à des princes et non des gentilshommes à des princesses : il ne lui fit donc la grâce que de lui accorder Mlle de Brézé pour M. le duc d'Engliien ».

Ce dernier avait plus de fierté. Comme sa mère, comme sa sœur, il détestait en Richelieu le persécuteur de la grande noblesse, le meurtrier de Montmorency, propre frère de la princesse de Condé sa mère. Il n'accepta que par obéissance filiale ce mariage qui, d'abord, pour mi prince du sang était une mésalliance; et qui, surtout, était trop visiblement dicté, d'un côté, par la raison d'État, de l'autre par l'ambition politique.

Ajoutons que le cœur du duc d'Enghien le portait ailleurs. 11 s'était épris pour une des amies et compagnes habituelles de sa sœur, Marthe du Vigean, «d'une estime et d'une amitié qui devint » ensuite « un amour fort passionné et fort tendre* ». Marthe du Vigean, parmi les jeunes « beautés » que célèbrent les poésies galantes de l'époque, était une des plus adulées^ et, semble-t-il, une de celles qui, par les charmes de l'esprit et du caractère autant que par les agréments physiques, méritaient le mieux !'« encens » des versificateurs mondains. De plus, bien que la famille de Vigean ne fût pas do la première noblesse, « le duc d'Enghien pouvait fort bien s'imaginer qu'il ne lui serait pas im«possible d'obtenir de son père et du roi leur consentement à un mariage très dispi'oportionné sans doute, mais qui n'avait rien de dégradant' ». Celui qui lui était imposé n'était pas, en somme, beaucoup plus relevé, et de ce côté-là, en tout cas, il n'y avait aucune cause sentimentale à alléguer.

« Outre que du côté de la beauté et des qualités de l'esprit, Clémence de Maillé n'eût rien qui la mît au-dessus du commun, elle était encore si enfant que, plus de deux ans après être mariée, elle jouait encore avec des poupées'*. » L'humiliation que le duc d'Enghien ressentit de ce mariage forcé fut .issoz vive pour lui inspirer, tout en cédant, des démonstrations publiques de sa répugnance-''. S'il n'alla pas jusqu'à protester,

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