‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 540 sur 615 · No eu Fraiiclio-Coiiilé, lils (l'un paysan · texte numérisé non relu

No eu Fraiiclio-Coiiilé, lils (l'un paysan

.y. (Icile diaisc estaujuurd'luii au Miist'i' ilarlilleric.

li. Qu'on l'oj/ait porté cl... inon- Irrr. Sur ce cliaiigonieiil de coustiuclioii, cl', p. ôôl, u. 2.

Bossi.ET. — Ur. tun. 5'2

OUAISON FUNÈBRE

ghien que le combat. Pendant qu'avec un air assuré il s'avance pour recevoir la parole de ces braves gens, ceux-ci , toujours en garde , craignent la surprise de quelque nouvelle attaque; leur eUroyable décharge met les nôtres en furie*; on ne voit plus que carnage; le sang enivre le soldat; jusqu'à ce que le grand prince, qui ne put voir égorger ces lions comme de timides brebis, calma^ les courages émus, et joignit au plaisir de vaincre celui de pardonner. Quel fut alors l'étonnement de ces vieilles troupes et de leurs braves officiers, lorsqu'ils virent qu'il n'y avait plus de salut pour eux qu'entre les bras du vainqueur? De quels yeux regardèrentils le jeune prince, dont la victoire avait relevé la haute

1. Furie. Cf. Malherbe : « (Leur caiiip; eut jteur de sa furie \\ El dciiiaïKia la paix. » I, 42 {Graiirls écrivairts). Corneille, Méclée, V, 6:

« Que sert de s'emporter à ces values furies'^ » Boileau : « L'enfer s émeut au bruit de Neptune en furie. » Trad. de Longin, Sublime, Vu (dans Littré). Racine : « Par quelle barbarie || A-t-on de votre maître excité {{ifurie'i » Alexandre.

V. 522. D'après Vaugelas, bien que les deux mots fureur et furie a signifient une même chose, ...

il ne les faut pas toujours confondre, parce qu'il y a des endroits où l'on use de l'un, que l'on n'userait pas de l'autre. Par exemple ou dit fureur poétique, fureur divine, fureur ninrtiale, fureur héroïque, et non pas furie poétique, furie divine.... Il semble que le mot de fureur dénote davantage l'agitation du dedans et le mot /"«r/V' l'agitation violente du dehors. » C'est ainsi qu'où disait : « Durant la furie du comltal, la furie du mal, courre de furie, donner de furie. » Pourtant Vaugelas se rend bien compte de la subtilité et de rinexactitudc partielle de cette remarque. Aussi renvoie-l-il a la « lecture attentive des

bons auteurs » pour apprendre dans quels cas ou doit employer chacun de ces deux mots fureur et furie.

Les connnentateurs de Vaugelas, Palru,Th. Corneille, et même l'Académie, n'osent pas plus que lui se prononcer d'une façon catégorique sur l'emploi de ces deux termes.

2. Jusqu'à ce que le grand prince.... calma. Jusqu'au moment où.... En '^énéval jusqu'à ce que se construit avec le subjonctif, parce que cette locution marque le plus souvent l'avenir, et comporte, par suite, d'une façon plus ou moins nette, une idée de doute sur la réalisation de l'action exprimée par le verbe qui suit jusqu'à ce que.

Il s'agit ici d'un fait positif, (pii est déjà accompli, sur la réalité duquel le doute n'est donc pas jiossible.

De là l'indicatif. Il en est de même dans les exemples suivants : « Ces trois grands hommes commencèrent à demeurer en Chanaan. jusqu'à ce que la famine attira Jacob en Egypte. » IJossuet, Histoire universelle, II, 2. « L'écrit n'a bougé de dessus ma table, jusqu'à ce que je l'ai mis dans le paipiel. » Malherbe. Lettre:) Peiresc.l'J octobre l()Oy (cité par Jacquinctj.

DU PROCE DE CONDÉ

contenances à qui la clémence ajoutait de nouvelles grâces? Qu'il eût encore volontiers sauvé la vie au brave comte de Fontaines ! Mais il se trouva par terre, parmi ces milliers de morts dont l'Espagne sent encore la perte-. Elle ne savait pas que le prince, qui lui fit perdre tant de ses vieux régiments à la journée de Rocroi, en devait achever les restes dans les plaines de Lens^. Ainsi la première victoire fut le gage de beaucoup d'autres. Le prince fléchit le genou, et dans le champ de bataille il rend au Dieu des armées la gloire qu'il lui envoyait. Là on célébra Rocroi délivré, les menaces d'un redoutable ennemi tournées à^ sa honte, la régence afTermie, la France en repos, et un règne, qui devait être si beau, commencé par un si heureux présage. L'armée commença l'action de grâces; toute la France suivit : on y élevait jusqu'au ciel le coup d'essai du duc d'Enghien : c'en serait assez pour illustrer une autre vie que la sienne ; mais pour lui, c'est le premier pas de sa course.

Dès cette première campagne, après la prise de Thionville*, digne prix de la victoire de Rocroi, il passa pour

1. « Il a fort bonne mine et tout à l'ait l'air d'un grand j)rinct.' et d'un grand capitaine. » Mlle de Jlontpensier, Mém., éd. Chéruel, t. I, p. 130.

2. L'armée espagnole perdit environ sept ou huit mille hommes. — 11 est nécessaire de comparer avec ce récif de I5ossuet : 1° le récit de Lenet i Mémoires, éd. Michaud et Poujoulat, p. -177 et suivantes) ; 2" la relation do la bataille i)ar le manpiis de la Monssiiic, aide de camp du duc d'Hughieii. plusieurs fois réimpi'imée depuis l'édition de 1673, et étudiée dans une rédaction nouvelle par Chéruel iCorrrspoiiflniil, janvier 1S77, p. 113 i-t sniv.) : 3° le récit de Vc.ll;iiir ISièfli' (le /,o///.s' A'/r, éd. l-jnilc l!our;;e<)is, p. 30-39: éd. Rébelliau et Marion.

p. 30-51) ; i" celui de Victor Cousin {Jeitnessc de madame de Longueville, y. 230-234i; o" enlin et surtout celui du Duc d'Aumale (ouvrage cité, t. IV. p. 10i-i28i qui a utilisé, entre autres documents,, un manuscrit de la relation de La Moussaie où l'on trouve, avec des détails et des jugements ne figurant dans aucune édition imprimée , quel({ues corrections^ autogra|)hes (le Coudé. — Le-; écri- \ains militaires se sont souvent oeeu]iés iU'> cani]iagnes de tioiulé, même à l'étranger ; vove/ Heimann. Die FeUhiKje der Bni/eni in denjiihren l(îi3, 1011//»^/ kilo; Lnll't, Pie Schlarhlen bei Freibtinj m AïKinsI nui, etc.

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