‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 541 sur 615 · CI', p. 10.^. n · texte numérisé non relu

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i. 8 octobre 1043.

tin capitaine également redoutable dans les sièges et dans les batailles. Mais voici, dans* un jeune prince victorieux, quelque chose qui n'est pas moins beau que la victoire. La cour, qui lui préparait à son arrivée- les applaudissements qu'il méritait, l'ut surprise de la manière dont il les reçut. La reine régente lui a témoigné (jue le roi était content de ses services. C'est dans la bouche du souverain la digne récompense de ses travaux. Si les autres osaient le louer, il repoussait leurs louanges comme des otTenses; et indocile à la flatterie, il en craignait jusqu'à l'apparence. Telle était la délicatesse 3, ou plutôt telle était la solidité* de ce prince. Aussi avait-il pour maxime^ : écoutez, c'est la maxime qui fait les grands hommes : Que dans les grandes actions il faut uniquement songer à bien faire, et laisser venir la gloire après la vertu. C'est ce qu'il inspirait aux autres; c'est ce qu'il suivait luimême. Ainsi la fausse gloire ne le tentait pas; tout ten-

2. Mazarin aurait préféré qu'il ne icvînt pas à la cour. « Le li septembre ItJiS, après avoir comblé (ITnghien d'éloges (« un autre que vous se fût reposé après les plus mémorables actions de ce siècle »), le cardinal le pressait d'aller au secours de Guébriant qui défendait péniblement l'Alsace. Le duc exigea qu'on lui permît de revenir à la cour où il resta du 13 septembre au 15 octobre, s'occupant de ses intérêts et de ceux de sa famille. »

E. Bourgeois, édit. du Siècle de Louis XIV, p. 39, n. 4.

3. Délicatesse. Il semble bien que ce mot a ici le sens qu'il avait fréquemment au xvn" siècle, celui de sitceptibiliié (cf. p. 249. n. 7i. Bossuet ne dit-il pas. en efjet. quelques lignes plus liaut : « Si les autres osaient le louer, il repoussait leurs louanges comme des offenses » ?

4. Solidité. Qualité de ce qui est sérieux. Ce mot avec ce sens s'oppose à vanité, futilité. « (Démos-

lliène, conseillant de refuser une île si le traité portait donne)' et non rendre,) faisait plus de cas de la vanité du mol que de la solidité de la chose. » Balzac, De la co7tr, 6" dise, (dans Littré). « II (le marquis de Grignan) a un sérieux et une solidité qui jilaît fort. » Sévigné, VIII. 3o7 iGrands écrivains}.

« Il (Barillon) nous contait la solidité de ses vertus. » Id., ib.,l\, 102. « Ce cœur de héros, qui, apiès s'être rassasié de la gloire du monde, s'est, par une humble [lénitence, soumis à l'empire de Dieu, je veux l'exposer à vos yeux, je Veux vous en faire connaître la solidité, la droiture, la piété. » Bourdaloue, Or. fun. de Coudé (dans Jacquinet).

On employait de même l'adjectif solide : « Il y a une infiiiité de conduites qui jiaraisscnt ridicules, et dont les raisons cachées sont très sages et très solides. » La Rochefoucauld (Grands écrivains), 1, 96. Cf. p. 122. n. 1.

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