C'est la leçon de l'éd. de lOSO
Un exemplaire île la Bibl. de Chantilly porte après é(hap2)er un de ajoute au crayon. Cf. Bossuet. <■< Il ne faut point qu'ils se flattent d'avoir échappé l'anal hé me qu'ont mérité les Pélasgiens, sous prétexte qu'ils ne le sont qu'à demi. »
îxle qu lis 1 «r., XIV, a
dd. S -i. « Où avez-vGUS
pris qu'un enfant qui n'a pas de dents et qui ne se soutient pas à dix-huit mois, ait échappé lous 1rs périls. » Sévigiié, li juillet 1077.
« Des dangers qu'il avait écha/>pés dans un siège. » Flécliier (dans Littré). Echapper, dit Vangidas.
« a trois régimes différents pour une même signification : on dit échapjAir d'un (jrand dan(jcr, et
DU PRDXE DE CONDÉ. 505
la gloire du prince'. L'Europe, qui admirait la divine
échapper nu (/rand dnmjcr. qui est plus éléiiani que l'autre, et l'on (lit aussi échapper aux ennemis, échapper aux embûches. (|ui est encore une fort belle façon de parler. » L'emploi d'échapper à l'actif est devenu plus rare dans la seconde moitié du xvn' siècle. Thomas Corneille le signale encore en 1687, mais ajoute qu il n'est conservé (ju'à cause de l'expression l'échapper belle. En 1694, l'Académie écrit {f)ict.) : « Echapper est quelquefois actif.... Echapper le danqer, échapper la polencc, échapper la corde. » Enlin en 1704, dans les notes sur les Remarques île Vaugelas, on lit : « On n'a pas cru i\uéchapper un danger soit plus élégant uw'échapper d'un qrand danger, il semble au contraire que le régime de l'accusatif ne soit dû à ce verbe que dans cette phrase :
Noî(s l'avons échappé belle. »
1. La gloire du prince. Elle ne la releva pas sur le moment, où on le chansonna durement en France, « Paris l'nt inondé de « Léridas », car ces pasquins avaient un nom générique; Mazarin. dans ses lettres à Condé, s'étend avec complaisance sur le déluge des chansons et des brocards, sur les mesures qu'il prend pour protéger M. le Prince contre la licence des langues et des plumes, et le secrétaire d'Etat de la giii-rre. Le Tellier, accable le ^rand capitaine de condoléances où il se plait à le confondre avec les généraux qui sont en train de perdre des |)laces dans le nord de la France. » D'.\umale, t. V, p. 168, (!ei)endant la retraite île Condé avait été liéie et honorable. Il n'avait « rien abandonné, pas un canon, pas un atlûl. pas un bnulet, pas un baril de pdudre. ])as uncharii»t; » et restait «( à deux portées de canon de Lérida. menaçant » (Duc d'.\umale, t.
V, p. 16Si, Et la lettre où il amionre sa décision à Mazarin est pleine do
noblesse : « Vous me connaissez assez pour croire (|ue ce n'a pas été sans douleur et sans peine, et que, en sacrifiant mon honneur au service du roi, je n'ai pas fait un petit effort sur moi. La Moussaye vous dira les raisons qui m'y ont obligé; j'attends de votre justice que vous les approuverez.,.. Si les ennemis entreprennent quelque chose, nous sommes en état de les en faire rçpentir. » (19 juin, dans le ducd'Aumale, oiivr. cilé. t. V. p. 162.) Les ennemis n'entreprirent rien; Don Luis de Haro ne courut pas le risque d'une bataille. Quatre mois après, Condé, en s'en allant, laissait l'armée française d'occupation solidement fortiliée en Catalogne, et lui avait fait reprendre conliance par des succès nouveaux. Quant à l'armée du roi d'Espagne, elle avait été obligée de repasser lEbre. (Duc d'Aumale, ibid.. p. 181.)Ensonnne, si « les qualités dont il lit preuve dans le cours de cette campagne, le tact stratégique, la mesure, le caractère siu'tout, ne sont pas de celles qui séduisent le grand nombre, c'est à l'histoire d'en tenir compte », hl,, ibid.. p. 184. Dès le XVII* siècle, les esprits compétents et réfléchis devancèrent le jugement delà postérité, mais il n'en est pas moins vrai (|ue la ''loire du }irince reçut de l'alVaire de Lérida une forte atteinte. « Toute la correspondance olïiciiîlle en témoigne; elle abonde en recommandations j)ressantes; les refus (du gouvernement) sont moins voilés; l'étoile a pâli, » Duc d'Aumale. t, V. p, 218.
Et l'anecdote racontée par Saint- Simon (èd, Chéruel, t. V, p. H16- 197 1 j»rouve la persistance de l'ellet produit. C'él;iit en 1707: le ilnc d'Orléans venait de ])rendre Lérida. et la famille de Condé en était fort piquée : « J'eus le plaisir d'enlendre le Roi adresser la parole làdossus à M, le Prince ((ils de Coiulé)
ORAISON rUNÈRRE
ardeur dont il était animé dans les combats*, s'étonna (jii'il en fût le maître, et dès l'âge de vmgt-six ans, aussi capable de ménager ses troupes^ que de les pousser dans les hasards, et de céder à la fortune que de la faire servir à ses desseins. Nous le vîmes partout ailleurs comme un de ces hommes extraordinaires qui forcent tous les obstacles. La promptitude de son action ne donnait pas le loisir de la traverser'. C'est là le caractère des conquérants. Lorsque David, un si grand guerrier, déplora la mort de deux fameux capitaines qu'on venait de perdre, il leur donna cet éloge : « plus vîtes* que les aigles, plus courageux que les lions ^ ». C'est l'image du prince que nous regrettons. Il paraîf^en un moment comme un éclair dans les pays les plus éloigjiés : on le voit en même temps à toutes les attaques, à tous les quartiers'. Lorsqu'occupé
à son diiier, puis à M. le piiuce de Conti (son neveu) avec une joie mali^ine qui jouissait de leur embarras. 11 vanta l'importance de la conquête, il en expliqua les diflicultés, il loua M. le duc d'Orléans et leur dit sans ménagement que ce lui était une grande gloire d'avoir réussi où M. le Prince avait échoué.»
1. « Je ne songe point h l'état où je trouvai ce prince qu'il ne me semble voir un de ces tableaux oii le prince a fait un ellbrt pour bien représenter un Mars dans la chaleur du combat. » Bussy-Rabutin, Mémoires (cités par le duc d'Aumale, t. IV, p. 111).
2. « La surprise du maréchal de Gramont fut extrême d'entendre parler le prince de la sorte (il venait de lui annoncer son intention de lever le siège) ; ne le croyant pas capable de prendre ce parti-là, connaissant, comme il faisait, son humeur haute et fière, mais bien (le croyant capable) de s'opiniâtrer devant celte place et d'y périr avec le dernier homme de l'armée. » Mém., coll. Michaud, -2° sér., t. VII. Voir la Nulice, p. -486, 1. 17 sqq.
û. Cf. p. 423. n. 6.