Cf. p. 517, 11. D
doulc?Ces dons sont admirables : qui ne les voit pas? M;iis pour coufondie l'espiit humaiu,{|ui ^'enorgueillit de tels dons, Dieu ne craint point d'en l'aire part à ses ennemis. Saint Augustin considère parmi les païens tant de sages, tant de conquérants, tant de graves législateurs, tant d'excellents ciloyons, un Socrale, un Marc Aurèle, un Scipion, un César, un Alexandre, tous privés de la connaissance de Dieu, et exclus de son royaume éternel. N'est-ce donc pas Dieu qui les a faits? Mais quel autre les pouvait faire, si ce n'est celui qui fait tout dans le ciel et dans la terre? Mais pourquoi les a-t-il faits? et quels étaient les desseins particuliers de cette sagesse profonde, qui jamais ne fait rien en vain? Écoulez la réponse de saint Augustin : « Il les a faits, nous dit-il, pour orner le siècle présent : )) Ut ordinem sœculi prœsenlis ornaret^. Il a fait dans les grands hommes ces rares qualités, comme il a fait le soleil. Qui n'admire ce bel astre? qui n'est ravi de l'éclat de son midi, et de la superbe parure de son lever et de son coucher? Mais puisque Dieu le fait luire sur 1-es bons et sur les mauvais, ce .n'est pas un si bel objet qui nous rend heureux : Dieu l'a fait pour embellir et pour éclairer ce grand théâtre du monde. De même, quand il a fait dans ses ennemis aussi bien que dans ses serviteurs ces belles lumières^ d'esprit, ces rayons de son intelligence, ces images de sa bonté, ce n'est pas pour les rendre heureux qu'il leur a fait ces riches présents ; c'est une décoration de l'univers, c'est un ornement du siècle présent. Et voyez la malheureuse destinée de ces hommes qu'il a choisis pour être les ornements de leur siècle. Qu'ont-ils voulu, ces hommes rares, sinon des louanges et la gloire que les hommes donnent? Peut-être que, pour les confondre. Dieu refusera cette gloire à leurs vains désirs? Non, il les confond mieux en la leur donnant, et même au delà de leur attente.
\. Contra Julian. Pelatj. V, U. | 2. Ci", p. 330, Koi.
UU PRINGE DE CONDE
Cet Alexandre, qui ne vouhiit que faire du bruit dans le monde, y en a fait plus qu'il n'aurait osé espérer. Il faut encore qu'il se trouve dans tous nos panégyriques; et il semble, par une espèce de falalité glorieuse à^ ce conquérant, ([u'aucun prince ne puisse recevoir de louanges qu'il ne les partage. S'il a fallu q lelque récompense à ces grandes actions des Romains, Dieu leur en a su trouver une convenable à leurs mérites comme à leurs désirs. 11 leur donne pour récompense l'empire du monde, comme un présent de nul prix 2. 0 rois, confondez-vous dans votre grandeur; conquérants, ne vantez pas vos victoires. Il leur donne pour récompense la gloire des hommes : récompense qui ne vient pas jusqu'à eux, qui s'efforce de s'attacher, quoi? peut-être à leurs médailles, ou à leurs sTatues déterrées, restes des ans et des l)arbares; aux ruines de leurs monuments et de leurs ouvrages qui disputent^ avec le temps : ou plutôt à leur idée, à leur ombre, à ce qu'on