‹ Oraisons furèbres; publiées avec une introd., des notices, des notes et un index grammaticalChapitre 79 sur 615 · Bâillon, ouvrage cité. p · texte numérisé non relu

Bâillon, ouvrage cité. p

2. « La reine d'Angleterre est morte à Coulomlic, d'un médicament narcotique. Dieu nous veuille par sa sainte pràcc préserver de l'opium et de l'antimoine ! Le roi est en colère contre Valol de ce qu'il a donné une pilule de laudamun à la l'eue reine d'.Vngleterre. Leseliarlalans tàrlient avec leurs remèdes eliiiiiiques de passer pour habiles gens et i)lus savants que les autres : mais ils s'y trompent bien souvent, et au lieu d'être médecins, ils deviennent cmpoisoimeurs. Ils se vanlent de pré-

parations, et ce n'est que de l'imposture. 11 court ici des vers sanglants contre Valot, et entre autres cette épigramme :

« Le croiriez-vous, race future. || Que la fille du grand Ueni-y || Eut en mourant même aventure || Que feu son père et son mary? |1 Tous trois sont morts par assassin. || Ilavaillac. (Iromvel, niédecin: || Henry d'un c()U|) de t)aïonnctte. j| Charles finit sur un billot, || Et maintenant meurt Henriette (J Par l'ignorance de Valot. »

(Guy Patin, Lt'//rcs, ISscpt. 1GG9.)

0 RAISON FUNÈDRE

Et nunc, reges, intelliglte ; erudimini, qui judicatis terrnm.

Maiiilunant, ô rois, apprenez ' ; inslruisezvous, juges de la terre*. Ps. H. 10.

Monseigneur 5,

Celui qui règoe dans les cieux, et de qui relèvent* tous les empires, à qui seul appartient^ la gloire, la majesté et l'indépendance, est aussi le seul qui se glorifie® de ftiire la loi aux rois, et de leur donner, quand il lui plaît, de grandes et de" terribles leçons. Soit qu'il élève les trônes, soit qu'il les abaisse, soit qu'il communique sa puissance aux princes, soit qu'il la retire** à lui-même;

1. Cet emploi absolu du verbe apprendre, aujoiu-d'lmi familier, était très usité au xvii* siècle. « On le voit... \o\i\o'iv apprendre àc\\û.

se mettre ensuite à l'instruire. » La Bruyère, I, 86(Grrt«f/s écrivains^.

2. Ce texte déjà choisi en KîGT par Fromentières. évèque dWire.

prononçant l'oraison lunèbre d'.\nne a'.\utrielie, était aussi celui que Cromwell avait fait inscrire sur une médaille frappée, par son ordre, après le supplice de Charles I". — Bossuet s'en était servi déjà, en janvier 1666. à propos de la mort d'Anne d'.\utriclie (2' Sermon sur la purification de la Vierge, janvier 1666).

5. Monseigneur. Philippe de France, duc d'Orléans, frère unique de Louis XIV, gendre du roi Charles I" d'Angleterre et d'Henrietle- Marie de France, dont il avait épousé la fille, Henriette-Anne d'Angleterre.

4. « Relever, en termes de jurisprudence féodale, se dit en parlant de la mouvance ou dépendance des fiefs à l'égard les uns des autres.

Les duchés et pairies relèvent immédiatement du roi. Lu fief servant relève d'un fief dominant. »

Dict. de Furetière. 1690. « Relever signifie au moyen âge payer la

relevaison, c'est-à-dire le rachat dû au seigneur censuel par un nouveau vassal. » Dict. de Godefroy.

o. Apparlie)il.\n\i<ie\àS avait posé en principe que deux substantifs synonymes ou presque synonymes devaient régir le singulier plutôt que le pluriel. « Par exemple sa clémence et sa douceur était incomparable. Son ambition et sa vanité fut insupportable.» {Rem argues sur la langue française, 1647. édil.

Chassaiig, I, 551, II, 88. 471).

Thomas Corneille et r.\cadémie, dans les éditions qu'ils donnèrent plus tard des Remarques de Vaugelas (1687 et 1704i, restreignirent beaucoup cette règle. Cf. Bossuet :

« Leurs maisons et leur ville va être déserte », et La Bruyère. II, 147 (Grands écrivains) : « L'ordre et la structure change ».

6. Cf. le Psaume II. 9. — Comparer aussi, pour le fond des idées, le ch. VIII de la 5' partie du Discoui's sur l'Histoire Universelle.

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