Cf. p. 30o. n
4. Étaler. Mettie sous les yeux, non pas avec une idée d'ostentation, mais dans le dessein de solliciter l'attention. Cf. n()ssuet,5''/l('cr//.s.scment au.r Protestants: « L'histoire des Maccliahécs. où Dieu a étalé mapniliqucmont la jiuissance de son bras et les conseils de sa providence. » — « Dieu ne pouvait moins faire jiour étaler son pouvoir. »
La Bruyère. Lexique (Grands écri-
vains). « Je ne me propose pas de vous étaler ici toute l'histoire de ce terrible événement. » Massillon, Serm. pour le l" dimanche de r. A vent.
0. Au xvu' siècle et au commencemenl du xvni", l'usage n'avait pas encore établi d'une f;u;on absolue celte règle qui veut que dans toui entier enq)loyé conune une siàile ex|ircssioji, tout reste invariable, (iorneillc a écrit : « Sont-ils morts tous entiers avec leurs grands desseins?» {(linna. L 3) ; Mézeray : « Il y périt trois légions toutes entières »
{Hist. de France avant Clovis.l, 14) (dans Littré). D'ailleurs, en dépit de Vaugelas. qui, s'il consentait à ce qu'on dît au féminin : « Elles sont tontes étonnées », voulait du moins que l'on écrivît au masculin : Ils sont tout étonnés » (Bemarqnes sur la langue française. llU7, édit. Chassang, I, 179'. les meilleurs auteurs ont fait accorder tout avec son substantif, même au masculin. Ainsi Corneille : « Souvent
ORAISON FINLBUE
extrémités' des choses humaines : la féHcilé sans bornes, aussi bien que les misères 2; une longue et paisible jouissance d'une des plus nobles couroinies de l'univers; tout ce que^ peuvent donner de plus glorieux la naissance et la grandeur accumulé sur une tète qui ensuite est exposée à tous les outrages de la fortune; la bonne cause d'abord suivie de bons^ succès, et depuis, des retours* soudains, des changements inouïs; la rébellion longtemps retenue, à la fin tout à fait maîtresse; nul frein à la licence; les lois abolies; la majesté^ violée par des attentats jusques alors inconnus : l'usurpation et la tyraïuiie sous le nom de liberté; une reine fugitive, qui ne trouve aucune retraite dans trois royaumes, et à qui*^ sa propre p'atrie n'est plus qu'un triste lieu d'exil';
ceux que lu vois par leur vertu sublime Il Mériter iioUe amour, emporter notre estime || Tous j>arfaiis qu'on les croit, sont le jtlus en (1anj:er. » Imitation, 1, 20 (Ifiol- 1636). — Buffon : « In phoque....
qu? les Russes appellent lièvre de mer, à cause de sa blancheur, les lièvres étant tous blancs dans ce pafvs pondant l'hiver. » Quadrupèdes (dans Littré).
1 . « Cest celui-là dont ils sont jidoux à l'extrémitc. » Bossuet.
Sorm. sur V Ambition. « La parfaite valeur et la poltronnerie com]ilèle sont deux, extrémités où l'on arrive rarement. » La Rochefoucauld. I, lia {Grands éa'ivains). « Il ne faut jamais pousser les choses dans l'extrémité. » Dict. de Furetière.
1600. Nous emploierions plutôt dans ce cas V.xt\\vci\i extrême.
2. Malheurs. Fréquent (l,ans ce sens au xvii" siècle. « Pour l'accabler des misères dont cette piotectiou m'aurait garanti. » La Rochefoucauld.II, 467 (G?-a?i(/6éc/"< i^«/ «.s).
5. Pour ce cpii. ce que traité comme un substantif neutre capable de recevoir un qualificatif ou mi attribut, v. p. 157. Cf. La Bruyère,
Des ouv?Yi()es de l'Esprit : « Ce qu'on ne voyait plus que dans les ruines de l'ancienne Rome..., devenii moderne, éclate dans nos portiques et dans nos péristyles. »
4. Revirements. « Ne "nous arrêtons pas à la fortune ni à ses ])ompcs trompeuses : cet état (le bonheur du siècle) aura son retour. » Bossuet, IP Sei'mon sur la Providence. 2° p.
« Craignez, Romains... que le ciel...
quelque jour.... mettant dans nos mains par un juste retour || Les armes dont se sert sa vengeance sévère || Il ne vous fasse en sa colère Il Nos esclaves à votre tour. »
La Fontaine, Fables, XI. 7.
5. Le pouvoir royal. Cf. plus loin, p. 94 et p. 117. Souvenir du latin :
« majestas patria >'. l'autorité paternelle (Tite-Live, VIII, ~) ; « niajestateni minuere », ])orter atteinte à la souveraineté dupcuple (Cicéron, De Invenl., II. 17).
6. A qui. Pour cet emploi du datif complément d'un substantif, V. p. 532. n. 1 .