‹ Orateurs canadiens-français aux Etats-Unis [microforme]Chapitre 10 sur 29 · MEME · texte numérisé non relu

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adolescentes nations des temps modernes,

Lord Grey, notre populaire gouverneur général, a récemment prononcé les paroles suivantes, dans son discours au banquet des pélerins, à New York.

“Les peuples du Royaume-Uni, les nations autonomes de l'empire britannique et des Etats-Unis ont mission commune de protéger et répandre cette civilisation anglosaxonne qui porte dans son développement l'espoir de la paix future et la réalisation des plus hauts idéals qui puissent être atteints sur la terre. Tous les ans notre responsabilité commune envers l'humanité et les siècles futurs, quant à la manière dont nous remplissons ce mandat sacré, augmente en gravité et en importance. ”

Il est donc tout naturel que le citoyen américain, d’extraction britannique, héritier des neuf siècles de grandeur de la Grande-Bretagne, honore l'empire qui est le plus dévoué et puissant allié de sa propre grande confédération d'Etats. I] n'y a pas deux nations au monde qui soient aujourd'hui plus rapprochées par les affinités de race et les institutions politiques, que le sont la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Tant que cet heureux état de choses existera, la paix, au moins du nouveau monde, sera assurée, et une redoutalie influence pèsera dans I: balance en faveur de celle de l’ancien monde. Dans les relations entre les Etats-Unis et l'empire, le Canada jouera toujours un rôle très important. De même que le Massachusetts et la Nouvelle-Angleterre ont toujours figuré et figureront toujours éminemment dans cette grande Union Américaine, ainsi le Canada prendra une position des plus éminentes dans les affaires britanniques, surtout en ce qui concerne le nouveau monde. Le Canada est maintenant la plus belle des nombreuses nations-sœurs dont se compose la communauté des peuples de l'empire, et sur une scène vaste comme le monde, Yempire nous présente la contrepartie de ce qu'est l’Union Américaine sur ce continent et de ce

que sont nos provinces dans notre propre Dominion.

Les progrés qu’ont faits les Etats-Unis en un peu plus d'un siècle dans leur incomparable marche en avant,marche jusque-là sans précédent dans l'histoire de la race humaine, sont, croyons-nous, en train de se répéter, au cours du présent siècle, dans la moitié septentrionale de ce continent. Le Canada est maintenant lancé à toute vitesse sur la route du progrès qui a été ouverte en ce pays il y a cent ans. Le Canada et les Etats-Unis seront amis mais en même temps rivaux en progrès matériel et intellectuel. Le Canada attire aujourd'hui l'attention du monde, de la manière que l'ont fait les Etats-Unis, à l'aurore du dix-neuvième siècle.

Je présume que dans une réunion comme ceile-ci, il me sera permis de dire quelque chose du Canada d’aujourd’ hui. Celui qui parle de son pays natal, le fait toujours avec plaisir.

Un simple coup-d’eil sur la situation mo ra les pas de géant que nous avons faits,

A l’époque de la confédération des provinces, il n'y a pas quarante ans, l'Amérique britannique du nord comprenait un certain nombre de colonies séparées par de très grandes distances, le manque de communications et une diversité d'aspirations. La confédération de 1867 donna Vexistence à la nouvelle nation disséminée dans quatre provinces. Notre population excédait alors à peine trois millions d’Ames, et à l’ouest des grands lacs c'était le désert jusqu'aux montagnes Rocheuses. Mais les édificateurs édifièrent bien. Solides furent les fondements qu'ils jetèrent sur le roc des principes de la constitution anglaise garantissant à chacun ses droits et la jouissance du bien le plus précieux et le plus cher au cœur de l’homme: la liberté du sujet. Pas à pas avança l'œuvre d'édification de la nation. Le travail parfois fut lent et laborieux, mais les Canadiens de toutes classes et de toutes croyances, issus des premières nations du monde, imbus d’idéals dignes de fondateurs de

Hi Biabiiremnninens seetttabons Le cd

nations, rivalisèrent de zèle en poursuivant l'entreprise de leurs devanciers. Lex provinces maritimes de l'Atlantique, d'où viennent beaucoup d'entre vous, furent d'abord, au moyen d'un chemin de fer, reliées au réseau de voies ferrées dans les deux anciennes provinces du Bas et du Haut- Canada. On prolongea le réseau de canaux de manière à faciliter le transport des produits depuis le fond du lae Supérieur jusqu'à la mer, soit la distance de 2,384 milles, s'assurant ainsi le réseau de voies navigables le plus complet qu'il y ait au monde. De nouvelles provinces et de nouveaux territoires furent admis dans l'Union Canadienne jusqu'à ce quenfin notre pays s'étendit de l'atlantique au Pacifique et jusqu'à l'Océan Arctiaue, soit sur l'espace de trois mille cing cent milles de largeur et quatorze cents milles de profondeur, avec une superficie de 3,729,- 665 milles carrés de terre et d'eau formant, en étendue, un tiers de tout l'empire britannique, et virtuellement aussi grande que toute l'Europe, puisqu'elle embrasse vingt degrés de latitude—la distance de la capitale de l'Italie au pôle nord !

Au prix d'une formidable somme pour une jeune nation, fut jeté à travers le continent, le seul chemin de fer transcontinental qui soit sous une seule et même direction en Amérique, chemin de fer, qui relie Halifax à Vancouver, c'est-à-dire l'océan Atlantique à l'océan Pacifique, et forme une nouvelle route impériale entre la mère patrie et l'Extrême-Orient.

I] n'y a pas vingt ans que le premier convoi de ce chemin de fer a traversé le Canada, et déjà les Canadiens sont à construire deux autres voies ferrées transcontinentales. Dans un avenir très rapproché, le Canada aura trois grandes lignes-mères traversant le continent, et en correspondance avec des steamers à destination de l'Extréme-Orient et de l'Europe. Une compagnie canadienne peut aujourd'hui prendre un voyageur et le transporter sur

ses propres steamers et ses propres trains depuis Liverpool jusqu'au Japon et à la Chine. Une de ces lignes transcontinentales passe à des centaines de milles au nord de la frontière américaine, donnant plus de largeur au ( ‘anada, qui va cesser d'être décrit comme une simple lisitre de territoire longeant la frontière des Etats-Unis. Ainsi que cela a été abondamment prouvé pour la république américaine, les chemins de fer sont les plus puissants agents du progrès moderne. Nous en construisons aussi vite que possible dans toutes les directions : est, ouest, nord et sud. Le parlement fédéral distribue les chartes à pleines mains. Aujourd'hui nous avons plus de 20,000 milles de chemins de fer, coûtant un billion de dollars; c'est plus, par tête de la population, que n'en a quelque autre pays que ce soit au monde. Sous ce rapport, le Canada occupe la huitième place dans la liste des différents pays, et, nous avançons tous les ans. Nous avons autant de milles de chemin de fer que la Grande-Bretagne. Le Canada se prépare à manutentionner les produits de son grand Nord-Ouest, et se sent serré de près dans ce service par des concurrents américains tout le long de la frontière. La concurrence, c'est la vie du commerce.

En outre de nos chemins de fer, nous avons soixantedouze milles de canaux donnant une voie navigable ininterrompue depuis le fond du lac Supérieur jusqu'à l'océan, et pour ces ouvrages, notre jeune pays a dépensé cent millions de dollars. Le Canada est au septième rang dans la liste des nations maritimes, et des steamers de 14,500 tonnes, développant 18,500 chevaux-vapeur, remontent maintenant le Saint-Laurent. En outre, le Canada songe & établir, au moyen du canal de la Baie Georgienne, depuis les grands lacs jusqu'au Saint-Laurent, une voie navigable alternative qui permettra aux navires des lacs de se rendre à Montréal et à Québec par la rivière Ottawa et le fleuve Saint-Laurent.

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—Et avant longtemps cela sera fait. Une route nouvelle de Winnipeg, vid la baie d'Hudson, sera aussi ouverte jusqu'en Europe, formant un débouché, du centre du continent à l’océan. Alors on verra que les richesses de notre Canada sont immenses et qu'un pays comme le nôtre, borné par trois océans, plus étendu que les Etats-Unis, grand trente fois comme le Royaume-Uni, 18 fois l'Allemagne, deux fois les Indes anglaises, plus grand que l’Australie, 18 fois la France, 20 fois l'Espagne et 35 fois l'Italie n'est pas un atôme perdu parmi les mondes. Quatre de nos territoires non organisés sont plus étendus que la France et l’Allemagne. Quant à quelques-unes de nos provinces, permettez-moi de vous rappeler que Ontario est quatre fois grand comme l'Angleterre, Québec trois fois grand comme le Royaume, le Manitoba aussi grand que l'Angleterre et FEcosse réunies, la Colombie Britannique vingt quatre fois aussi vaste que la Suisse, et le Yukon aussi étendu que la France.

Vous jugerez de la superficie et des distances quand vous saurez que de Halifax à Vancouver, la distance est plus considérable que celle de Londres à Halifax.

Les trois districts du nord savoir Mackenzie, Ugava et Keewatin sont plus étendus que la Chine proprement dite. Dans l'ouest, le fleuve Mackenzie avec ses tribulaires a 2,500 milles de long, distance équivalente à celle de Liverpool à Halifax, et du fleuve Saint-Laurent auMackensie, la distance est de 6,000 milles d’eau, entrecoupée par 150 milles seulement de terre. |

Récemment deux nouvelles provinces, YAlberta et la Saskatchewan ont été organisées formant, chacune, 275,- 006 milles carrés de superficie. Dans tout cet immense Canada, vit une population d'environ 6,000,000 d'habitants, ce qui, pour chaque deux personnes, donne un mille carré, tandis que dans les mêmes proportions il est occupé par 558 personnes en Angleterre et 21 aux Etats-Unis, Cette

population est plus de la moitié de la population de race blanche qui habite toutes les possessions britanniques en dehors de la Grande-Bretagne, Parmi cette population, quarante pays et nationulités y sont représentés,

En 1809, la population de ce qu'est le Canada aujourd'hui n'excédait pas 400,000. Quand le Canada fut cédé à l'Angleterre, en 1763, notre population était de 70,000. En moins d'un siècle et demi elle a atteint plus de six millions d'habitants, en dépit du fait que près de trois millions de Canadiens d'origine canadienne et autres ont émigré aux Etas- Unis, Pendant plusieurs années, le flot de l'immigration fut du nord au sud, mais il « changé et se porte en ce moment du sud au nord.

De toute notre population 87 pour 100 sont des Cana- i diens et 8 pour cent des Anglais soit un total de 95 pour # cent citoyens de l'empire britannique.

Des vieilles provinces du Canada, vous connaissez très

bien: la Nouvelle-Ecosse et l'Ile du Prince-Edouard, avec f leurs produits de Fagriculture, des mines, leurs pécheries à. Be

et leurs bois: Québec et Ontario,nvec les produits de leur agriculture, entre autres, leur beurre et leur fromage, leurs bois, leurs richesses minéralogiques et leurs immenses pouvoirs hydrauliques.

La nature elle-même exige que toutes ces provinces aient avec vos états de la Nouvelle-Angleterre, les relations les plus amicales,et si tel n’a pas été le cas jusqu'ici, seuls les deux peuples sont à blâmer, car quels qu'aient été nos efforts pour développer et étendre nos rapports commerciaux, bien souvent cela a été vain. Mais nous le verrons plus tard. L'union et la concorde règnent entre les vicilles provinces du Canada et les nouvelles.

Dans l'est nous profitons du capital américain et dans l’ouest nous avons en sus du capital, des citoyens américains en bon nombre. On évalue que plus de $100,000,000 : du capital des Etats-Unis sont en ce moment placés au Ca-

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