L'HONORABLE R. LEMIEUX
a SOLLICITEUR-GÉNÉRAL DU CANADA
A l'Université Columbia, à New-York, le 15 Juin 1906, : (Traduction) { J
MONSIEUR LE PRESIDENT, MESSIEURS. a
Ce n'est pas tous les jours que l’on est invité à porter {] la parole en présence d’un auditoire comparable à celui que Fon rencontre d'ordinaire à l’Université Columbia. Aussi bien, puis-je vous assurer que j'apprécie hautement l’honneur de me faire entendre ce soir en cette institution qui partage avec les autres universités américaines la gloire de façonner les cerveaux dont dépend l'avenir de cette grande république. Certaines gens sont portés à ne considérer que le succès matériel d'une nation sans se préoccuper de la source principale dont il découle. I] importe de rappeler à ceux-là de temps à autre, que ce sont les hommes de pensée qui sont les auteurs de ce succès, et que la pensée gouverne le monde. -
Je n’aimerais pas à me poser à vos yeux n austère moraliste ; mais comme homme public, quo jue jeune dans la carriére, on me permettra peut-étre doffrir un conseil aux gradués de l’Université Columbia. Cherchezvous le succès dans la vie ? Assurément, car pour manquer
de cette ambition il faudrait que vous ne fussiez pas Américains. Eh bien ! comment réussirez-vous dans la vie ? Vous suffira-t-il pour arriver au premier rang, d’une réputation bien établie de culture intellectuelle, d’une sérieuse érudition et d’une connaissance approfondie des lettres ?
Non, d’autres qualités, d'autres vertus, sont essentielles au succès. Une absolue intégrité, un courage intré-
pide, un idéal élevé sont à la base même du succès. Telles sont les conditions requises pour inspirer le respect, et même si votre talent ne passait pas le niveau moyen, pour réussir dans la vie.
La culture morale que vous avez eu avantage de recevoir à Columbia sera l'étoile qui vous guidera dans la vie. Elle est de l’essence même de la personnalité, et n'oubliez jamais que le but suprême de la vie est de trouver une expression de la personnalité. Le sens moral des principes élevés d’honneur et de respect de soi-même, voilà ce sur quoi s’appuient les décisions de ce tribunal sans appel qui est la conscience. Mais ces principes sont aussi ceux du bon citoyen, car la société n’est après tout qu’un mécanisme régi par les mêmes lois que celles qui régissent l’individu.
Je me suis laissé dire que mon ami, Monsieur le président Butler, a élaboré un intéressant projet d’éducation pour les jeunes gens qui se destinent à la carrière consulaire. Le projet en question préconise l’enseignement de sujets tels que le coût de production, pour le fabricant, de ses produits d'exportation et des marchés les plus favorables au placement de ces produits.
A un congrès d'expansion coloniale tenu l’an dernier, à Bruxelles, l’on a discuté le problème des réformes d’instruction. A peu près tous les pays du monde civilisé étaient représentés à cette imposante assemblée, et, après de longs débats, les congressistes votèrent à Punanimité une résolution déclarant que l'instruction actuelle ne répond pas aux exigences contemporaines. Et ils firent cette constatation, que les méthodes européennes ont pour résultat d’encombrer le jeune homme d’une multitude de livres, au lieu de le préparer, en en faisant un individu physiquement et intellectuellement vigoureux, à conquérir ce qu’il reste à prendre de l’univers. I] m'est venu à esprit que ces éducateurs européens, pour voir la réalisation de leur idéal, n’avaient qu’à visiter l’Université Columbia. Car,
Messieurs, je crois sincérement qu’on ne peut imaginer une instruction plus complète et à la fois plus pratique, plus intelligente et mieux adaptée aux besoins de la société moderne. Mais, revenant au projet de Monsieur le président Butler, puis-je faire remarquer qu'au chapitre des marchés étrangers, les aspirants au service consulaire ne trouveront rien de plus intéressant que l'étude des richesses commerciales et économiques du Dominion du Canada, votre plus proche voisin et l’un de vos meilleurs clients ? Car remarquez, Messieurs ,que si vastes que soient les ressources de la République Américaine, si merveilleux qu’ait été jusqu'ici son développement, l'on peut aujourd'hui fixer des bornes aux unes et à l’autre. Pour le Canada au contraire, nul ne saurait assigner de frontière à la grandeur qu’il possédera demain.
Vous me permettrez de vous rappeler très brièvement quelques faits à ce sujet. Comme superficie, le Canada est égal aux Etats-Unis. Avant plusieurs décades, sa population aura atteint celle de l'Angleterre. Il aura à ln fin du 20e siècle 80 millions d’habitants.
Baigné par deux océans, ayant pour le trafic, des multitudes de locomotives et de vapeurs dont la course se dirige de l’est à l’ouest plutôt que du nord au sud, le Canada offre les communications les plus rapides avec le Japon,—la terre du Soleil Levant,—et occupe le milieu entre les immenses groupements de population et les centres prodigieux d’activité de l’Europe et ceux de l'Asie. Aussi possèdera-t-il, en définitive, les ps grands circuits de trafic de l’univers.
A deux pas de nos ports du Pacifique et de l'Atlantique, on trouve en énorme quantité le charbon nécessaire à l’approvisionnement de nos vaisseaux et de nos chemins de fer.
Nous avons l'ambition de devenir le grenier du monde. Notre sol vierge est peuplé des descendants des meilleures races qu’ait produit le continent américain, —et vous n’i-
gnorez pas qu'il attire déjà par milliers les meilleurs cultivateurs des Etats-Unis. L'importance du Canada comme Pays manufacturier grandira en même temps que sa richesse agricole, Avec les nouveaux transcontinentaux, qui vont traverser d'un océan à l’autre son immense territoire il peut aspirer à devenir l’une des premières puissances économiques du monde, en même temps que le pilier central du vaste empire britannique,
Mais par dessus tout, croyez en l'idéal. Mettez en lui votre foi; c'est la grande force de la vie et c’est le privilège de la jeunesse de le posséder et de l'entretenir dans son Cœur avec amour,—c'est sa vertu.
La vieille génération croit en son expérience; vous, vous devez croire en l'avenir, vous devez avoir la foi. La Foi vous protégera à travers le périlleux voyage de la vie. Colomb découvrit le nouveau monde parce qu'il croyait, — et si, vraiment, l'Amérique n'avait pas existé, Dieu l'eut créée, Messieurs, nous n'en avons aucun doute, pour récompenser Colomb de son espérance, pour le récompenser de sa foi.
L'homme éminent qui préside aux destinées de votre pays, le président Roosevelt, Messieurs, a défini l'idéal américain avec une éloquence de pensée qui a eu son écho par tout l'univers. 11 m'est inutile de parler davantage ici de son opinion sur l'idéal américain, et je sais que, généreux comme le sont tous les étudiants, vos aspirations s'élè. vent plus haut que le succès purement matériel de cette grande république et que vous vous proposez de faire rayonner sur l'esprit public les influences qui font l’ornement de la vie et qui donnent a Ja richesse un charme qu’elle ne possède pas en elle-même.
Tl faut aussi que les étudiants d'aujourd'hui, demain les chefs de la société, aient l'ambition d'apporter dans le règlement des problèmes brûlants surgis entre le capital et le travail aussi bien que dans les luttes de la politique, un
peu plus d’esprit de fraternité, afin de développer dans le monde le sentiment de la justice internationale, comme garantie de paix universelle, A cela, nous, Canadiens, nous sommes particulièrement intéressés.
Pendant près de trois siècles, la Nouvelle-France, — puis le Canada,—et la Nouvelle-Angleterre,—puis les Etats-Unis,—ont vécu côte à côte, soumises l’une et l’autre, au cours de leur carrière, à des vicissitudes diverses. Pendant plus d’un siècle, les deux pays ont été ennemis ardents.
Cette lutte gigantesque vint aboutir à la conquête du Ca-
nada, grâce pour beaucoup aux efforts de vos ancêtres. Nous avons vécu ensuite sous le même drapeau, jusqu’au jour où, abandonnant la mère-patrie, vous avez conquis votre liberté, avec l’aide de la France. Si l'on veut bien oublier le malentendu de 1812, nous avons été depuis bons amis et nos différends se sont toujours réglés paisiblement. En matière de commerce, nous avons été l'un de vos meilleurs clients, et si je ne puis vous retourner le compliment, ce n'est pas notre faute, car nous sommes prêts en tout temps à vous vendre ce que nous pouvons.
Quand, en 1791, le parlement britannique se mit en frais d'élaborer une constitution pour le Canada, Fox, le grand homme d'Etat libéral, conseilla à ses collègues de ne pas se montrer avares des libertés réclamées par les colonies. “ Traitons-les, disait-il, de telle sorte que s'ils comparent leur lot avec celui de leur voisin, ils n’aient rien à envier à ceux-ci.” On ne se rendit pas tout de suite à l'avis exprimé par Fox, mais je suis heureux et fier de déclarer qu’aujourd’hui, dans le domaine des libertés civiles, religieuses et politiques, nous n'avons plus rien à vous envier.
Borné au nord par le Pôle, le Canada n’a pas d’autre voisin que vous, et les Canadiens, ont toutes les raisons du monde de cultiver votre amitié, et de ne rien faire pour troubler la paix d’un côté ou de l'autre de la frontière.
GR cum
La plus chére ambition du Canada est d’être votre rival; mais seulement dans les arts de la paix, dans la course à la prospérité, Avec leurs champs ouverts à l'ambition et possédant des ressources illimitées, les citoyens des Etats-Unis et ceux du Canada vivent maintenant dans la paix et c’est à juste titre qu'on peut les considérer comme habitant les deux pays les plus prospères et les plus heureux du monde.
Quel bienfait plus précieux la Providence pouvait-elle nous accorder ?
DISCOURS
oe % L'HONORABLE R. LEMIEUX 4 MINISTRE DES POSTES ET DU TRAVAIL |
Au banquet de la Chambre de Commerce de la ville d Erié, le 5 Octobre 1906. * (Traduction)
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Je parle d'autant plus librement de votre origine anglosaxonne, Monsieur le Président, que moi, Canadien, je suis de descendance française. Oui, j'appartiens à cette race hardie d'hommes qui, il n'y a déjà pas tant de siècles, parcoururent ce continent, les premiers, du nord au sud et de l’est à l’ouest. Pas une rivière, pas un lac, pas une vallée, pas une montagne de Amérique septentrionale qui n’ait été la scène des exploits aventureux et héroïques de cette race.
Après la bataille des Plaines d'Abraham, mes ancêtres entrèrent graduellement en contact avec les institutions britanniques, et quand ils constatèrent qu’ils jouissaient sous l’Union Jack d’une liberté entière, ils n'hésitèrent pas à accepter la fortune de la guerre.
Aujourd'hui Canadiens d’origine anglaise et Canadiens d’origine française n’ont qu'une ambition et qu’un idéal: l’agrandissement, le développement © le progrès de leur pays dans la paix et l'harmonie.
Ils voient sans envie, mais plutôt dans un esprit d’ému-
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© Nore: Nous regrettons de ne pouvoir publier que la dernière partie de ce discours ; mais le départ subit de l'Honorable M. Lemieux pour le Jupon où il remplit actuellement l’importante mission que le gouvernement du Canada lui a = confiée, nous a empêché d'en obtenir le texte complet, s’il eut été possible. Ce- t 4 pendant, nos lecteurs aimeront, nous en sommes persuadé, a lire ces paroles = pleines de fierté et de patriotisme que cette dernière partie renferme.
lation, les œuvres colossales que vous avez accomplies au Cours du dernier siècle, Nous croyons avoir un grand avenir devant nous, et après tout Sir Wilfrid Laurier ne faisait qu'exprimer un sentiment national, lorsqu’en 1904 il déclarait que de même que le XIXe siècle avait été le siècle des Etats-Unis, ainsi le XXe siècle serait celui du Canada.
Au cours de notre histoire, nous avons traversé une période longue et mouvementée, où nos jeunes gens traver. saient la frontière pour venir s'établir les uns dans les Etats de} frontière, les autres dans les prairies de l'Ouest. On faisa alors cette prédiction : qu’un jour le Dominion pourrait :re absorbé par la République. On donnait aussi à entendre qu'une politique tenace et énergique, ayant Pour objet d'interdire à nos produits l'accès de vos marchés, nous amènerait tôt ou tard à composition; mais laissez-moi vous dire, bien amicalement, que nous avons franchi l'obstacle en toute sécurité,
Vous m'accorderez qu’un pays,dont le territoire égale le tiers de la superficie de l'empire britannique; dont les côtes sur la mer s'étendent sur un espace équivalent à la moitié de la circonférence du globe; plus grand en superficie que les Etats-Unis et aussi grand que trente royaumes unis,—vous m'accorderez que ce pays est en état de prendre soin de lui-même.
N'oubliez pas que le Canada, à ouverture du XXe siècle, avait la même population que les Etats-Unis, à l’aube du XIXe siècle; que notre population s'accroît considérablement chaque année: que notre immigration de 1904 a été double de celle de 1902 et triple de celle. de 1899. Non-seulement nos enfants perdus nous reviennent, mais une vaste et paisible armée d’immigrants américains envahit notre grand Ouest à Fheure présente. Rappelez-vous encore que le volume total du commerce Canadien est, en chiffres ronds, de 550 millions, et qu’il
a plus que doublé en dix ans.
Jetez un coup d'œil en arrière Pour voir ce que nous ®vons accompli durant le dernier siècle en vue du développement de notre | ays; souvenez-vous qu'il nous fallait des Canaux pour !:r0 de nos grands cours d'eau des voies de transport efficur, |, ane 18 vions à construire des ponts sur d'immenses cuves à percer les montagnes ou à les gravir et à velier var là poil do vastes étendues, seméen dobtacies de tons HE: TOR et and vous aurez songé à tout cela vous coconnaitres ‘:*# le peuple canadien n’a Jamais 16sité devout Les ti chog gigantesques qui appelaient ses eff: ts; qu! à inrché fermement vers son but jusqu’au jour où rcaplendit sur la culline une lueur que les nations pouvaient ax re: voir du ;6intain de l'horizon.
Que les ce: ‘7 Cornmerciales existantes entre les Etats-Unis et le Canada puissent devenir meilleures qu'elles ne le sont, c’est une chose que tout le monde, je crois, admettra aisément.
Le traité de réciprocité connu dans l'histoire sous le nom de traité Elgin-Marey et qui dura de 1850 à 1866 nous offre la meilleure Preuve qu'une convention de ce genre serait également profitable aux deux pays, pourvu qu'elle ne comporte pas de conséquences capables de porter atteinte à leur sens de l'honneur et du devoir,
On nous dit souvent que son abrogation a été le résultat de l'attitude hostile du Canada envers le gouvernement américain à l'époque de la guerre civile,
Me sera-t-il permis de rappeler, à ce propos, à mes amis américains que 40,000 vaillants canadiens se sont battus dans le Nord aux côtés des braves soldats de leur nation ?
Depuis 1866, nous avons eu, au Canada, nos vicissi. tudes commerciales, mais, en 1879, nous avons mis en pratique une des pages de votre législation fiscale, Le mur élevé à Ia frontière par votre politique douanière, était si
élevé qu’il nous fallut chercher d’autres débouchés pour Vexpansion de notre commerce.
Depuis 1897, nous avons eu une période de prospérité sans précédent. Mais la prospérité n’est pas, en elleméme, la seule condition du progrés national.
On a dit que la voie la plus sûre vers la civilisation était le commerce, le progrès commercial étant suivi d’une activité plus grande dans l’échange des idées. Deux nations aussi intimement liées que les nôtres au point de vue commercial, deux nations également inspirées par ces idéals qui constituent le fond de l’âme anglo-saxonne devraient poursuivre, sans trêve, l'effort vers une civilisation plus haute et plus noble, vers une civilisation dont tous les désirs de conquête, toutes les ambitions de victoire, se borneraient aux arts de la paix.
Pour conclure, messieurs, laissez-moi vous dire que les Mens d'amitié, qui existent entre le Canada et les Etats- Unis devraient être de nature à ennoblir cette démocratie à qui nous appartenons tous, nous, gens du nouveau monde, cette démocratie dont le vrai berceau fut la crêche de Bethléem.
Chercher à définir l'avenir de l'Amérique du Nord est une tâche formidable devant laquelle recule l’imagination.
8’il y a eu par le passé,des conflits entre nos deux pays, qu’ils soient désormais oubliés. Ce continent est vaste pour suffire au développement de deux grandes confédérations : la république américaine et la Puissance du Canada. A l'ombre du drapeau national, chacun, dans sa sphère, chacun dans son pays, espérons que le Maître des Notions qui nous a dirigés jusqu'ici, nous donnera tous les bienfaits de la paix, ne nous imposera, dans l’avenir, aucun problème trop ardu pour que nous ne puissions le résoudre, aucune entreprise trop gigantesque pour que nous ne puissions la réaliser. :
Résolus que nous sommes à accomplir les devoirs que
nous impose dans l'avenir le pays qui est le nôtre, acceptons, dans nos relations mutuelles, comme l'étoile qui mon: tre le chemin, la maxime que le grand américain Abraham Lincoln a si heureusement exprimé dans un de ses mémorables discours :
“ Sans malveillance Pour personne, charitables pour
tous, fermes dans notre droit, comme Dieu nous accorde de concevoir ce droit. ”
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DISCOURS oe
MONSIEUR CHARLES MARCIL
DÉPUTÉ ET VICE-PRESIDENT DE LA CHAMBRE DES CoMMUNKS DU CANADA
Au banquet donné par le “ Club Canadien de Boston, le 24 Mai 1906, pour célébrer la “ Fête de l'Empire". (Traduction)
MONSIEUR LE PRESIDENT, MESSIEURS
Ce fut une très agréable surprise que me causa votre secrétaire, M. Asa R. Minard, quand, en février dernier, il me fit part de votre bienveillante invitation à assist.r à ce banquet par lequel vous célébrez la Fête de l'Empire. C'est la première fois que je vois la classique cité de Boston, mais je n’aurais jamais pu désirer y venir sous de meilleurs auspices qu'en qualité d'hôte de ceux de mes compatriotes qui ont établi leurs pénates dans l'Athénes de l'Union Américaine, En retour de ce grand honneur que vous me frites, souffrez que je vous offre, du fond de l'âme d'un frère, les remerciments les plus sincères et les plus cordiaux. Soyez certains, Messieurs, que de cet évènement et de mes compatriotes de la capitale du Massachusetts, je vais emporter au pays et dans ma famille un tendre et cher souvenir qui ne s'effacera jamais. Il y a longtemps que je connais l'importante position que des citoyens d'origine canadienne occupent dans cette ville, dans cet Etat et dans l’Union, et c'est en connaissance de cause que je puis vous féliciter de ce que, si des circonstances vous ont poussés à quitter le sol de la patrie, vous avez fait honneur à la terre natale dans votre pays d'adoption. La position enviable que vous et vos anciens concitoyens occupez dans la Nouvelle-Angleterre, particulièrement dans ce grand Etat du Massachusetts, est un sujet de grande satisfaction
pour les compatriotes que vous avez laissés derriére vous, mais qui vous suivent de l'œil dans vos progrès, et se réjouissent des succès que vous remportez dans tous les sentiers de ln vie, L'éminente position que d'anciens Cana: diens de langue anglaise et de langue française, occupent ici dans la vie publique comme dans la vie sociale, est le sujet de la plus grande satisfaction pour tout le Canada. La présence de votre important contingent dans in Législature et dans d'autres corps publics de l'Etat ne peu: que produire le plus grand bien pour vous-mémes, votre pays d'adoption, et, incidemment, votre pays natal, dont vous restez les fidèles amis et les sûrs alliés dans tout ce qui peut favoriser et étendre d'harmonieuses relations entre les deux pays. Vous avez une mission à remplir, et j'ai la certitude que vos efforts passés sont une garantie que le rôle à vous confié est entre bonnes mains pour l'uvenir, Nous sommes réunis aujourd'hui en ce que je pourrais appeler une assemblée de famille, une assemblée de quelquesuns des membres de la même famille du grard empire britannique, cette union de nations éparses par tout le monde, mais cependant unies dans les mêmes espérances et les mêiues aspirations, l'amélioration, le progrès, la fraternité de 'homme et le régne permanent de la vraie liberté et de la civilisation éclairée. De semblables réunions se tiennent aujourd'hui dans tout l'univers, car l'empire est une puissance mondiale qui se compose de toutes les races, avec sa population de 400 millions d'âmes; dont le pavillon flotte, au gré de tous les vents de la terre, et dont le large et puissant esprit de liberté, signifie vie, force et protection pour tous dans ies limites de ses frontières. Au Canada nous avons consacré ce jour—le “Victoria day” —à la mémoire de la grande et noble femme qui pendant plus de soixante ans, a présidé aux destinées de ce grand empire dans lequel le Canada a atteint l’incomparable position qu'il occupe aujourd’hui, comme la plus éminente des