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regards vers la Grande-Bretagne et vers d'autres marchés. Ses nouveaux efforts ont été couronnés d'un succès complet, et la situation du Canada devient chaque jour de plus en plus enviable. La préférence de 33 1|3 pour cent accordée aux marchandises importées de la Grande-Bretagne et de ses colonies a augmenté énormement le chiffre de nos exportations et de nos importations. Le total de notre commerce avec l'étranger qui, en 1896, il y a dix ans, était de $231,- 000,000 s'élève maintenant à peu près à $500,000,000. Nes exportations en Angleterre se sont élevées de $66,000,000, en 1896, à plus de cent millions, et nos importations pour la consommation de 32 millions, en 1896, à $60 millions, en 1905. Le total “per capita” de notre commerce avec l'étranger est aussi considérable que celui de toute autre nation au monde.
Le Canada occupe une position éminente à titre de première colonie de l'Empire. A la demand de Sir Wilfrid Laurier, pour la première fois dans son histoire, la mère patrie, pour complaire à une colonie, a dénoncé ses traités de commerce avec d'autres pays. Les déclarations de notre prem'er ministre en ce qui concerne les affaires de commerce font autorité dans la mère-patrie à l’égal de celles d'hommes d'Etat les plus distingués de l'Empire. L'obstination de quelques-uns des hommes d'Etat américains a déterminé une nouvelle phase en ce qui concerne la situation du Canada sur les marchés de l'Empire et du monde entier. En théorie, le Canada est encore une colonie, mais en pratique, le Canada est devenu une nation absolument libre; la présence du gouverneur-général à Ottawa étant le seul signe visible et extérieur de nos relations avec la mèrepatrie. Nous demanderons bientôt et nous obtiendrons le pouvoir de conclure nos propres traités, nos concitoyens agissant comme plénipotentiaires dans chaque cas. En dépit de la politique d’exclusion suivie par les Etats-Unis, le mouvement de notre commerce a constamment augmenté.
En 1896, nos exportations aux Etats-Unis étaient de 44 nillions; en 1905, elles atteignaient 77 millions. Nos importations en 1896 étaient de 58 millions; en 1905, elles étaient de 162 millions. Elles augmentent d'année en année.
On dit que la Haute Commission conjointe doit sous peu se réunir de nouveau. Dans l'intérêt des deux pays, elle ne saurait se réunir trop tôt. Nous avons tant d'intérêts qui sont communs aux deux pays, qu'il importe d'établir entre nous, le plus tôt possible, une entente cordiale. Nous avons une haute commission conjointe des communications fluviales qui est actuellement à l'œuvre. Nous avons eu des commissions conjointes des pêcheries et de la délimitation des frontières, Pourquoi n’en arriverions-nous pas à une entente finale en ce qui concerne les intérêts généraux du commerce entre les deux pays, d’autant plus que le Canada est sur un pied d'égalité relative avec les Etats- Unis ?
Vous vous attendez sans doute a ce que je vous dise un mot en terminant, de la position actuelle du Canada au point de vue politique. Je n’hésiterai pas à dire que l’adhésion du Canada au lien colonial est aussi forte aujourd'hui qu'elle ne l’a jamais été. Nous nous élançons résolument vers l'avenir en qualité d'associé principal de l’Empire. Nos droits politiques sont souverains, en réalité, sinon en théorie. Les institutions politiques que la Grande Bretagne nous a octroyées, ne sauraient étre surpassées. La liberté du citoyen canadien est compléte. Nous avons le gouvernement démocratique sous sa forme la plus parfaite : le gouvernement du peuple pour le peuple. Notre population, recrutée parmi les premières nations du globe, travaille à l'unisson pour établir dans la partie nord de ce continent, une nation qui fera honneur à la civilisation
moderne. Nos traditions nous rattachent au passé, et notre situation voisine de ce grand pays nous permet d'occuper
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en quelque sorte une position intermédiaire entre le républicanisme de l’Amérique et le monarchisme de l’Europe, et de tirer de ces deux systèmes ce qu’ils peuvent offrir de plus avantageux. Il y a plus d'un siècle, les citoyens de Boston et des treize colonies ont entrepris la solution de problèmes que nous, Canadiens, avons depuis résolu d’une façon plus pacifique, grâce en grande partie aux idées plus larges qui ont prévalu parmi les hommes d'Etat anglais, et aux leçons qu’on leur a données. Votre séparation de la mère-patrie a resserré les liens qui existaient entre elle et le reste d:: sa famille américaine. Le Canada est d’abord et surtout la création des Français et des Union Empire Loyalists qui se sont réfugiés à l’abri du drapeau britannique. En ce qui nous concerne, l’évolution gouvernementale s'est effectuée d’une façon très satisfaisante. Les Français ont conservé leur langue, leurs lois et leur autonomie, et l’on ne saurait trouver ailleurs des sujets de la Couronne plus fidèles à l'empire. Il s’est produit récemment dans notre pays certains évènements qui ont une profonde signification. Le dernier soldat britannique a quitté l’Amérique,et les forteresses de Halifax et d’'Esquimalt ont été confiées à la garde du Canada. Nous entretenons un effectif de milice pour prêter main-forte au pouveir civil et pour défendre le territoire. Le départ du soldat anglais ne signifie pas le moins du monde que nous nous détachons de l’Empire. Cela veut dire tout simplement que notre développement a atteint une nouvelle phase.
En 1899, le Canada a envoyé quelques contingents au Sud Africain, prenant ainsi une part directe aux gucrres de l’empire pour la première fois, et les canadiens se sont couverts de gloire. Cette mesure a fait plus pour attirer l'attention de l’Empire sur le Canada, que toute autre chose, si ce n'est la préférence donnée sur nos marchés aux produits de la Grande-Bretagne et de l'Empire, et notre réduction à deux sous du port des lettres entre le Canada
et tout le reste de l'Empire.
En ma qualité de citoyen du Canada, de sujet britannique, de sujet du souverain qui est, avec le président de ce grand pays, l'un des pacificateurs de l'univers,—en ma qualité de Canadien dans les veines duquel coule le sang de la France et de l'Irlande, deux pays qui n’ont pas toujours été en relations d'amitié avec la Grande-Bretagne, qu’il me soit permis de déclarer qu'en tant qu’il s’agit du Canada, la domination anglaise a été une bénédiction pour nous, et que la grande nation qui à fait plus que toutes les autres pour le progrès de la liberté humaine, sous toutes ses formes, a remporté, dans la partie nord de ce Continent, une part de succès qu'il ne lui avait pas été donné de voir lui sourire dans d’autres temps et dans des circonstances adverses, alors qu’il s'agissait de ses propres enfants.
A mon avis, Boston et Québec, Québec et Boston, constituent les deux grands tournants historiques du rôle de l'Angleterre comme fondatrice de peuples en Amérique. C’est ici que l'Angleterre a été d’abord attaquée, et la Providence a eu recours à d’autres moyens pour donner le jour à votre nation; c’est à Québec que votre nation a été re-baptisée en quelque sorte dans le sang des héros de nos deux méres-patries. En contemplant aujourd’hui votre monument de Bunker Hill, érigé à la mémoire des héros d'un autre âge, ma pensée s'est tournée instinctivement vers le monument de Wolfe et de Montcalm, les deux héros du dernier combat livré sur le rocher de Québec, et vers la falaise où votre brave Montgomery est tombé lors d’une infructueuse tentative ayant pour but de modifier les dé-
crets de la Providence, Dans l’un et l’autre endroit, le peuple de ce continent devrait apprendre une lecon propre a assurer à jamais le règne de la paix, de la concorde et de l'harmonie par tout ce continent américain, et dans cette
noble lutte on retrouvera toujours les Canadiens au premier rang.
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DISCOURS oc
MONSIEUR CHARLES MARCIL
DÉPUTÉ ET VICE-PRÉSIDENT DE LA CHAMBRE DES ComMUNES pu CANADA
En réponse au toast : “ Au Canada” an banquet de l Associtation Nationale des Commerçants de bois, en gros, à ? Hotel Willard, à Washington, en mars 1907.