L'HONORABLE S. N. PARENT
PREMIER MINISTRE DE LA PROVINCE DE Quésec
Au banquet ds l'Association de chasse et de Pêche, à New-York, le 15 mars 1899.
(Traduction)
MONSIEUR LE PRESIDENT, MESSIEURS
Jamais je n’ai compris plus qu’en ce moment, en pré- Sence de personnages aussi distingués, et qui ont accordé, à mes amis et à moi -1n accueil si sympathique, une hospitalité si large et si ‘or. iale, jamais je n’ai compris, dis-je, la position difficile dans laquelle me place mon peu de connaissance de la belle langue anglaise.
Rien ne me s2rait en effet aussi agréable que de pouvoir trouver les expressions justes pour vous dire, messieurs, avec quel intérêt, nous, de l’autre côté de la frontière, nous suivons les progrès et l’avancement de ce merveilleux pays, en face du monde étonné. Et, dois-je l'avouer nous avons pas seulement la prétention de vous admirer, de loin, mais nous sommes même animés du désir de copier en miniature, les grandes choses que vous accomplissez avec tant de succès, :
Ces sentiments ne sont-ils pas provoqgu : vos actes mêmes ? Je dis oui; et c’est avec fierté et orgueil que nous Constatons que notre province de Québec attire de plus en plus vos regards. En effet, chaque année, une affluence toujours grandissante de touristes américains, viennent chercher une diversion aux tracas des affaires, le repos et les jouissances qu’offrent aux sportsmen nos territoires de chasse et de pêche. Aussi avons-nous tenu à honneur de prendre part à cette grande exposition, où l'on voit réuni
tout ce qui peut exciter la convoitise des amateurs.
Nous nous sommes efforcés de mettre sous vos yeux, en aussi grand nombre que possible, des specimens des habitants de nos immenses foréts qui sollicitent, messieurs, l’honneur de mourir sous votre coup de feu, de même que des poissons de nos lacs et de nos rivières qui n'attendent que votre présence pour mordre à vos riches appâts et tomber victimes de votre merveilleuse habileté.
Permettez-moi d'exprimer l'espoir, au risque de passer pour égoiste, que l’avenir nous réserve encore en plus grand nombre la présence, chez nous, de vos compatriotes.
N’allez pas vous géner, vous n’avez chez nous que l’embarras du choix. Le gibier, gros et petit, abonde. Le poisson—le véritable poisson du sportsman—tel que la gentille et capricieuse truite, le saumon, le roi des habitants de nos rivières, la ouananiche et autres de moindre importance sont légion dans toute la province de Québec, et particulièrement dans le nord, et dans tout le pays jusqu’au Labrador.
Je pourrais vous citer de nombreuses rivières qui regorgent de saumons et qui n’attendent plus qu’un locataire qui aurait eu la bonne fortune de diriger son attention vers elles. La rivière St-Paul, sur la Côte nord, est de ce nombre, et sa situation géographique permet de l’atteindre directement de New York, et par une voie plus courte, en passant par Québec, ce qui serait d’un immense avantage pour Vheureux mortel qui en deviendrait le possesseur.
Nous avons nos lacs, au nord de Québec et au nord de Montréal, de même que dans la région de Témiscouata, qui peuvent offrir à des centaines et des centaines de sportsmen les plus belles jouissances et des pêches miraculeuses.
Et tous ces lacs et ces rivières foisonnent de points de vue magnifiques, de panoramas superbes, d’endroits enchanteurs et où l’on peut trouver en même temps le repos de l'esprit et du corps.
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Je ne vous apprends rien en disant que la province de Québec est véritablement le royaume de l'orignal, le roi de la forêt américaine. Mais on le trouve surtout dans la région de Gaspé, de la Matépédia et de Témiscouata, à l’est, et dans la région de Pontiac, à l’ouest, où il se trouve en grande abondance. Le caribou, l'élan, sans oublier les carnassiers, et les animaux à fourrure se rencontrent aussi partout.
Mais cette nomenclature, si je voulais la poursuivre, m'entrainerait dans des détails qu'il serait, je crois, oiseux de donner en présence d'amateurs pour qui la chasse et la pêche n’ont pas de secret. Et avec votre permission je n’irai pas plus loin.
Je désire constater ici, que nous avons déjà chez nous, plusieurs clubs américains, soit de chasse, soit de pêche, et que nous sommes les plus heureux de leur donner chaque année, l’hospitalité,
Nous n’avons qu’à nous flatter des rapports que nous avons eus avec Ces personnages distingués par leur haute position et leur fortune, et nous -’avons rien tant à cœur que de leur faire trouver de plus en plus agréable le séjour de la province de Québec.
Parmi ces hauts personnages, il en est un qui attire les sympathies d’une façon spéciale, parceque durant les récents événements qui ont intéressé votre pays, il a fixé sur lui l'attention du monde entier par son esprit d’entreprise et son grand amour de sa patrie; je veux parler de M. Roosevelt, que vous venez d'élever à la position si enviable de gouverneur d'un des états les plus importants de l'Union Américaine. M. Roosevelt a été et sera encore longtemps, j'espère, l'hôte d’une de nos principales stations balnéaires, la Malbaie, un des sites les plus enchanteurs que nous ayons, et situé à quelques heures à peine de Québec.
La présence dans les murs de Québec, il y a quelques
semaines à peine, des représentants les plus autorisés de l’Union qui sont venus y discuter avec les représentants de l'Angleterre et ceux du Canada, les grandes questions qui intéressent les trois pays, ne peut manquer d’être de nature à rendre encore plus intimes nos relations avec les Etats- Unis.
Il es‘, je crois, permis d’en augurer les meilleurs résultats pour ies deux pays.
Le proverbe “Méler Vutile à l’agréable” est bien facile à appliquer pour ceux qui, tout en venant faire du sport dans nos parages, désireraient aussi y asseoir des entreprises payantes. Nos innombrables pouvoirs d’eau et nos inépuisables forêts de bois de pulpe n’offrent-ils pas aux capitaux étrangers de vastes ressources ? Nous avons dans notre province du bois de pulpe en quantité telle qu'il ne paraît pas possible de l'épuiser jamais, grâce surtout au fait que l’épinette noire se renouvelle en forêt tous les vingt ans.
Les capitalistes anglais jettent depuis quelque temps surtout, des regards d'envie sur les forces motrices dont nous pouvons disposer et sur les immenses profits qu'ils pourraient retirer de notre bois de pulpe. Je ne crois pas trop présumer, cependant, en disant que le nombre des industries de ce genre fondées chez nous par vos compatriotes dépassera toujours celui des autres pays; ce à quoi, messieurs, vous êtes invités le plus cordialement du monde.
Il me reste maintenant à vous féliciter sur l’immense succès de votre grande exposition et à vous remercier pour votre bienveillant accueil et l'attention spéciale que vous avez bien voulu donner à la vieille province de Québec que j'aime et que vous aimez, comme moi, à voir grandir et prospérer.
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AMERICAIN ET CANADIE
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