MES CHERS COMPATRIOTES, MESDAMES ET MESSIEURS
Le Canada, votre patrie, traverse en ce moment une époque de remarquable progrès. Nos ressources trop méconnues appellent de plus en plus l'attention. Nous possé dons tout ce qui est nécessaire pour devenir une grande nation. Nous possédons des territoires immenses, des pêcheries incomparables.
Quand j'étais au ministère, je me suis efforcé de faire une route commerciale qui serait de 500 milles plus courte que celle des Etats-Unis pour le trafic de l'Ouest canadien. S'il est possible, nous allons tâcher de la rendre plus courte.
M. Tarte dit ensuite avec emphase qu'il est un ferme croyant dans la province de Québec et qu'il a foi dans l'avenir de la race canadienne-française. Et pour accentuer davantage cette affirmation, l'ex-ministre des travaux publics du Canada dit:
“Je crois pouvoir dire sans crainte que je suis de ma race et de mon pays. Si cette politique eut été appliquée il y a vingt ans, il n'y aurait pas autant de Canadiens aux Etats-Unis, Nous ne vous avons pas perdu complètement mais nous vous verrions encore avec bonheur au Canada.
Nous ne voulons pas déchirer l'évangile des Etats- Unis. Cependant nous croyons que nous n'avons pas ici la justice à laquelle nous avons droit.
J'espère que vous nous aiderez à obtenir plus de générosité envers le pays qui se développe de l'autre côté.
Nous sommes un petit pays mais nous avons tiré notre épingle du jeu. Toutefois nous avons quelque chose à apprendre. Nous aurions pu faire davantage avec un meilleur outillage,
Je regrette, continue M. Tarte, de n'être pas plus au fait des choses franco-américaines, Ma visite ne sera pas la dernière,
Lorsque nous avons été restés
rès qui s’accentueront, grâce à l'alliance du clergé et des Canadiens,
Les Canadiens seraient peut-être des Catholiques moins ardents s'ils n'étaient pas restés français. D'autre part, ils ne seraient plus français, s'ils néta ient pas restés catholiques,
J'ai toujours été fier de me proclamer français et catholique.
Je suis revenu de la France. J'ai fait le tour de la province d'Ontario et partout j'ai été applaudi parce que je n'ai pas eu peur de me dire Canadien-Français,
Aux Etats-Unis, vous êtes respectés pour cette raison. Vous êtes plus français que nous. Laissez-moi vous dire que ce n'est pas quand une race peut se dire jeune qu'elle est destinée à disparaître. ( Appl.)
Nous nous multiplions selon le précepte de l'Evangile, Ce que nous avons de mieux à faire c'est de ne pas oublier les traditions de nos ancêtres,
Nos luttes politiques nous ont fait beaucoup de mal. Ayez de l'esprit public et soyez patriotes, Nous sommes une minorité, mais soyons unis !
Vous : vez, continue-t-il, les éléments nécessaires pour vous développer, Travaillons ensemble pour notre plus grand avantage et avant vingt ans nous pourrons faire des prodiges.
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M. Tarte cite à ce propos l’Acadie, qui, il y a vingt ans, était à peine f:ancaise. Aujourd'hui le français y est couramment accepté. Même reconnaissance dans l'Ontario où l’élément français s’affermit. Faites votre devoir, finit par dire M. Tarte. Nous sommes fiers de vous et comptons sur vous.
Nore : En 1893, l'Honorable M. Tarte, a aussi adressé la parole à ses compatriotes de Burlington (Vermont).
DISCOURS