L'HONORABLE HONORE MERCIER
PREMIER-MINISTRE DE LA PROVINCE DE QuéBec
Devant la Société St-Foseph, à Salem, le 30 décembre 1889.
MONSIEUR LE PRESIDENT ET MESSIEURS
Vous m'avez invité à vous adresser la parole dans cette charmante démonstration, faite dans l'intérêt de l'éducation, et j'ai accepté cette invitation avec plaisir, pour deux raisons :
1. Parcequ'elle me donnait l'occasion de rencontrer des compatriotes, vivant sur une terre étrangère, et au sort desquels je ne puis rester indifférent ;
2. Parceque vous vous réunissiez pour favoriser la cause de l'éducation qui m'est si chère.
Je suis done venu au milieu de vous comme un ami, comme un frère; et je vous apporte avec respect, je vous offre avec bonheur les saluts maternels de la province de Québec, notre mère à tous, qui regrette votre absence et ne désespère pas de vous voir revenir un jour.
Je viens, ce soir, développer devant cet auditoire, une seule pensée qui sera comme l'expression spontanée, mais bien sincère, des sentiments que j'ai pour mes compatriotes des Etats-Unis, et des vœux ardents que je fais pour leur bonheur et leur prospérité. Cette pensée, la voici :
“Instruisez-vous, afin de rester catholiques et frangais,”
Je vous demande de vous instruire, parceque je veux que vous occupiez, dans cette grande République, une position digne et convenable, et que vous soyez les égaux, sous tous les rapports, des membres des autres races au contact desquelles vous vivez. Je vous demande de vous instruire
afin de m'eux connaître ce que vous êtes; de mieux apprécier l'auguste foi et la giorieuse nationalité de vos pères ; et par là même, de vous mettre plus en état de rester catholiques et Français,
L'instruction que je vous prie d'acquérir n'est pas une instruction classique, malgré que ceux qui peuvent atteindre celle-ci auraient tort de ne point y arriver. L'instruction classique est digne de respect. Elle cultive l’intelligence au plus haut degré, développe les facultés de l'âme et prépare ceux qui la possèdent aux premières fonctions, dans l'Eglise et dans l'Etat.
Mais il suffit très souvent, —et quelquefois il n'est point possible d'arriver plus loin,—d'obtenir une instruction élémentaire, c'est-à-dire la connaissance des deux langues anglaise et française, toutes deux indispensables, de |'arithmétique, la tenue des livres, l'histoire, —du moins l'histoire abrégée, —du Canada et des Etats-Unis, et, avant tout, une connaissance raisonnable et raisonnée de la religion.
Cette instruction élémentaire, qui paraît bien humble, mais qui ne l'est point, qui au contraire est fort importante déjà, peut être suffisante dans bien des cas, pour vous assurer, à chacun, dans la société au milieu de laquelle vous vivez, une position honorable et quelquefois même très enviable. Mais laissez-n.oi ajouter de suite, pour éviter tout malentendu, que cette instruction est indispensable à chacun de vous; impossible maintenant, peut-être, aux personnes trop âgées et qui n'ont pu l'obtenir avant; mais bien facile aux jeunes gens qui ont de la force, de l'intelli. gence et du cœur. Laissez-moi le proclamer bien haut : c'est le devoir des parents de ne rien négliger pour donner cette instruction à leurs enfants. J'ai dit “ rien négliger ; ” et je veux dire par là: ni temps, ni argent, aucun sacrifice enfin, c’est un devoir secré imposé par la loi de Dieu et la loi des hommes,
La loi de Dieu est donnée dans le Décalogue et dans la
Bible. “ Doccte filios vestros,” + instruisez vos enfants, ” est-il dit au chapitre 2, Paragraphe 19 du Deutéronome. “Fili tibi sunt, erudi illos. .« pucritate illorum”: “Avez. vous des fils ? instruises-les....dex leur bas Age.” est-il dit en l'Ecclésiaste, chapitre 7, paragraphe 35.
Puffendorf, parlant des devoirs de l’homme et du citoyen, dit :
“Un père et une mère doivent nourrir et entretenir “leurs enfants aussi commodément qu'il leur est possible, “Ds doivent former le corps et l'esprit de ces jeunes crén. * tures par une boane éducation,qui les mette en état d'être “utiles à la société humaine en général,et à l'état en par- “ticulier; qui les rende sages, prudents et de bonnes “mœurs; et ils doivent leur faire embrasser de bonne “heure une position honnête et convenable, ”
Pothier, parlant des obligations qui naissent du contrat de mariage dit :
“ Les personnes qui se marient contractent, par leur “mariage, l'obligation naturelle d'élever les enfants qui “ naîtront de leur mariage, et de leur fournir les aliments “nécessaires et de leur donner une éducation convenable “jusqu'à ce qu'ils soient en état de pourvoir par eux- “mêmes à leur subsistance
L'article 208 du Code Napoléon a reproduit ces sages maximes de Pothier dans les termes suivants :
“ Les époux coutractent ensemble, par le fait seul du “ mariage, l'obligation de nourrir, entretenir et élever leurs “enfants; ” et l'article 165 de notre code est exactement dans les mêmes termes.
Il y a, dans ce texte légal, trois expressions parfaitement distinctes, auxquelles la grammaire et le droit donnent un sens différent : nourrir, entretenir et élever. Nourrir, c'est fournir au corps des aliments suffisants ; entretenir, c'est loger et vêtir; élever, c'est instruire et perfectionner, corriger les vices et les défauts, tant du
Corps que de l'intelligence.
L'esprit et la lettre de notre loi imposent donc aux parents, l'obligation d’instruire leurs enfants. C'est bien, d’ailleurs, le sens que Portalis et ses collègues, dans leur admirable discours préliminaire sur le code, prétaient au texte que je viens de citer.
“Liéducation des enfants, disaient-ils, exige pendant une longue suite d’années les soins communs des auteurs de leurs jours. Les hommes existent avant de savoir vivre, comme, vers la fin de leur carriére, souvent ils cessent de vivre avant de cesser d'exister.
“Tl faut protéger le berceau de l'enfance contre les maladies et les besoins qui l’assiégent; dans un Age plus avancé, i‘esprit a besoin de culture. Il importe de veiller sur les premiers développements du cœur, de réprimer ou diriger les premiers saillies des passions, de protéger les efforts d'une raison naissante contre toutes les espèces de séductions qui l'envirennent, d'épier la nature pour n'en pas contrarier les opérations, afin d'achever avec elle le grand ouvrage auquel elle daigne nous associer. .tel est le mariage, considéré en lui-même et dans ses effets naturels, indépendamment de toutes lois positives. I] nous offre l'idée d'un contrat perpétuel par sa destination ”.
Voilà la loi commune de toutes les nations chrétiennes ; i] suffit de ces brièves citations pour en faire comprendre la portée et appuyer ma thèse sur ces textes si clairs et si énergiques.
Cependant, nous devons admettre les besoins et les nécessités de la vie; il faut que, souvent, tous les membres de la famille, même quelquefois, hélas! les plus jeunes contribuent à gagner le pain de chaque jour. C'est 1a, malheureusement, une vérité indéniable; et pourtant, d'un autre côté, les parents qui ont du cœur doivent comprendre que, s'ils ont le besoin et le droit d'exiger le travail des enfants pour soutenir les charges de la maison, ils ont aussi le
os 177 —
devoir de leur donner quelque chose en retour, quelque chose de plus que la nourriture et le vêtement. Et ce quelque chose c'est l'instruction, cette instruction dont je viens de parler, et avec laquelle vous ferez sûrement, de ces petits êtres que vous aimez tant, de bons chrétiens et de bons citoyens.
A part cette instruction élémentaire, il y «a ce que l'on appelle l'instruction secondaire et l'instruction technique lesquelles constituent, toutes deux, un degré supérieur; et il ne faut pas les négliger, celles-ci non plus, quand on est en état de les donner.
L'instruction secondaire est offerte, jqu'à un certain point, dans les cours académiques, où le matières ensejgnées dans les écoles élémentaires sont développées davan.tage, et même quelquefois, considérablem nt augmentées,
L'instruction technique ou professionnelle est l'ensei. gnement de connaissances théoriques et pratiques nécessaires aux différentes branches de commerce, d'industrie et de métiers.
Il n'est pas nécessaire d'insister sur les avantages spéciaux et lucratifs de cette dernière espèce d'instruction : tout le monde les connaît et sait les apprécier: et tout parent qui aime son enfant, ne doit Pas se Contenter de lui donner une instruction éKkmentaire, secondaire, et même classique, mais il doit encore le faire entrer dans une profession, dans un métier ou dans un commerce qui lui permette d'employer les Connaissances théoriques acquises à l’école et de Bagner sa vie d’une manière honorable dans le monde.
remarques, de vous rappeler la position particulière et quelquefois délicate et difficile que vous occupez dans ce pays, en votre qualité de Canadiens-français.
Cette grande Rénublique, si forte et si remarquable, est habitée par au-delà de soixante millions d'habitants, descendants des diverses races qui peuplent le monde. Il y a, parmi eux, dans cette immense agglomération d'hommes, des fils des premiers pionniers, venus d'Ang!eterre et fuyant un pays, un peuple et un roi qui ne connaissaient ni la liberté religieuse, ni la liberté civile, ni la liberté politique, Ces pionniers se sont révoltés contre la mère-patrie, parcequ'elle leur refusait la liberté commerciale, la plus nécessaire alors, et ils en ont profité avec habileté pour revendiquer tous les droits des hommes libres, Ils ont scellé de leur sang l'émancipation américaine, conquise fièrement sur les champs de bataille, sous la direction patriotique et éclairée du grand Washington. |
Au milie"1 de races qui composent ces soixante millions d'habitants, se trouvent les Français de l'Europe, de la Louisiane et du Canada es premiers sont venus chercher ici une liberté dont ils sient privés là-bas, guidés par l'espoir, bien légitime, d'y rouver des institutions plus en harmonie avec les besoins de l’époque et leurs pronres aspirations. Les seconds sont | descendants de ces négociants honorables et entreprenan:- qui, entrainés par les circonstances ct aussi par l'esprit d'aventure qui caractérise la race française, étaient allés chercher la fortune dans les vallées du Mississipi. Les troisièmes sont les fils de ces Français, premiers colonisateurs du Canada, qui ont parcouru l’Amérique dans tous les sens et dans toutes les directions, et y ont porté, fièrement et glorieusement, le drapeau de la France et de la civilisation.
Vous êtes de ceux-là, messieurs; vous êtes les fils de ces illustres colons d’un autre siècle. Soyez-en fiers et découvrez-vous avec respect devant ces grandes figures qui ornent les pages de notre histoire nationale écrite avec le sang de nos martyrs. Des revers de fortune, des malheurs de famille et d'autres circonstances regrettables vous out
Poussé, vous ou vos pères, de ce côté-ci de la frontiére, et vous étes venus, malgré vous bien souvent, vous établir dans cette République, non avec l'intention, du moins laissez-moi le croire, d’y toujours rester, mais avec le désir louable de travailler à améliorer votre sort et celui de votre famille, et avec la détermination d'observer, comme de bons citoyens, les lois de votre pays d'adoption, de respecter la nationalité et la religion de ses habitants, tout en prenant votre part légitime et dans les richesses, et dans les honneurs, et dans le gouvernement de cette République.
Votre devoir, dans jes circonstances, est tout tracé: c’est de vous instruire, pour atteindre le but que vous vous Proposez, et pour remplir convenablement le rôle que vous avez le droit d’ambitionner.
J'ai dit que la Connaissance des deux langues, anglaise et française, était indispensable, La nécessité de la connaissance de la langue francaise ne peut être mise en doute, n'est-ce pas? Vous la possédez, c'est une partie de l’héritage de vos pères; une portion intégrante de votre patrie; c'est un bien sacré que vous avez su et que vous saurez respecter et faire respecter. Vous ne pouvez y renoncer sans Vous rendre coupables d’une lacheté, sans commettre une trahison nationale; sans insulter à la mémoire de vos ancétres qui, ne l’oubliez jamais, ont versé leur sang à St-Denis, à St-Charles ou à St-Eustache, et même hélas! sur les échafauds, pour vous conserver le droit de parler cette belle langue et d'en transmettre le noble idiome à vos enfants.
Vous seriez d'autant moins justifiables d'en négliger la culture qu’elle est la langue du monde diplomatique; que la plupart des hommes instruits la parlent bien et que la ville de New-York la fait enseigner dans toutes les écoles du jour et dans plusieurs des écoles du soir.—Au Vatican, au Quirinal, à Londres, a Madrid, a Berlin, à St-Petersbourg et à Constantinople, notre langue est en honneur, Parlons-la donc avec plaisir et fierté, nous Canadiens-fran-
çais, partout où nous sommes.
Mais n'oubliez pas que, si vous devez conserver la langue française, vous devez apprendre et parler la langue anglaise, qui est celle de la majorité de ce pays; qu’il vous faut la connaître, théoriquement d’abord, et pratiquement ensuite, et savoir vous en servir avec succès dans les affaires, dans les assemblées publiques, et dans toutes les occasions où il s'agit de vous affirmer, de vous défendre et de vous protéger. Plusieurs des nôtres ont déjà, dans quelques Etats de l’Union, brigué avec succès les suffrages des électeurs; et ils ont réussi purce qu'ils possédaient, nul doute, les qualifications voulues; mais certainement aussi parce que l’une de ces qualifications, et non la moins importante, était la connaissance de la langue anglaise. Dans les législatures des Etats-Unis et au Congrès, l'anglais est la seule langue officielle, et les Canadiens ne peuvent espérer y jouer un rôle convenable qu'en autant qu'ils seront en état de bien comprendre cette langue et de la parler d’une manière satisfaisante.
J'insiste d'autant plus sur ce point que je le crois de premier ordre et de nécessité vitale pour les Canadiensfrançais des Etats-Unis.
Je ne suis pas sans savoir que mon opinion est condamnée par quelques personnes, fort respectables et jouissant d'une influence légitime, parmi mes compatriotes.
Je sais que ces personnes, animées d'un excellent esprit, et mues par un chaud patriotisme, craignent que l’enseignement de l’angais dans les écoles canadiennes ne fasse perdre aux enfants le goût du français et les expose à s’américaniser.
Nous devons respecter ce sentiment ; mais je ne saurais le partager.
Il part d’un bon eœur, mais il n’est point sage, parceque son application conduirait à l'isolement des Canadiensfrançais des Etats-Unis, à leur ostracisme de la part des
Américains.
Prenez exemple, à cet égard, sur vos prêtres d'ici, qui sont des guides éclairés pour vous, et sur vos frères aînés du Canada, qui sont vos amis dévoués.
Vos prêtres d'ici, règle générale, ont cru sage d’apprendre et de parler anglais, afin de mieux pénétrer dans les masses, dans la société, de se faire comprendre de tous et de réaliser ainsi plus de bien.
Il est de votre intérêt d’imiter vos prêtres sous ce rapport, et de faire pour vous, dans l'ordre temporel, ce qu'ils ont fait pour eux, dans l'ordre spirituel.
Ils sont restés Français, tout en apprenant et parlant l'anglais. Faites-en autant.
Et vos frères aînés du Canada, cessent-ils d'être Franais parcequ'ils se rendent familiers avec la langue anglaise? Pas du tout! Ils prouvent leur supériorité sur les autres races, Voilà tout. Nos hommes de professions, nos négociants, nos artisans se distinguent partout, atteignent les plus hauts postes, et se font admirer et respecter par les Canadiens des autres origines et croyances. Et ceci n'est pas le cas seulement pour nos nationaux de la province de Québec, mais c'est encore le cas pour nos nationaux d’Ontario, de la Nouve!le-Ecosse, du Nouveau-Brunswick, du Manitoba et du Nord-Ouest, où, quoique dans une infime minorité, ils exercent une influence respectable, grâce à leur connaissance des deux langues, et où ils restent Franais et catholiques malgré qu'ils soient, et peut-être précisément parcequ'ils sont en état de parler la langue anglaise, quand il est nécessaire de la parler,
Remarquez bien que je ne vous tiens pas ce langage pour vous engager à négliger l'étude et la pratique de votre langue maternelle; bien au contraire: étudiez bien celle-ci, parlez-la dans vos familles avec respect et amour, et avec un légitime orgueil, partout où vous pouvez être compris. Mais comme la langue anglaise vous est indispensable
pour arriver & des positions avantageuses et honorables dans ce pays, apprenez-la ; apprenez à l'écrire et à la parler afin de prouver votre supériorité; d'éviter l'isolement et l’ostracisme, deux dangers funestes qu’il vous faut éloigner avec soin,dans votre intérêt et dans l'intérêt de vos familles.
Mais la connaissance d'une langue ou d’une autre ne constitue pas toute l'instruction que vous devez acquérir ; elle n’en est qu'une branche, importante, si vous voulez, mais insuffisante par elleméme. C'est le mode d’employer pratiquement vos connaissances, mais il faut d'abord que celles-ci existent.
C’est ici le temps de distinguer entre l'instruction et l'éducation ; deux choses qui doivent aller ensemble et qui convergent vers le même but; qui tendent, il est vrai, au même résultat général, mais par des moyens différents, et qui n’agissent pas sur les mêmes facultés, du moins au point de vue physiologique. .
“C'est l'éducation, a dit Mgr Dupanloup, qui fait les “mœurs domestiques, inspire les vertus sociales, prépare “des miracles inespérés de progrès intellectuel, moral, “ religieux, c’est l’éducation qui fait la grandeur des peu- “ ples et maintient leur splendeur, qui prévient leur déca- “dence, et, au besoin, les relève de leur chute. ”
“L'éducation est l’apprentissage de la vertu; l’ins- “truction, l’apprentissage de la science,” a dit Mme Mon. marsan.
Suivant deBonald: “On doit entendre par éducation “ tout ce qui sert à former les habitudes, et par instruction “tout ce qui donne des connaissances, ”
On voit par ces quelques extraits de la pensée d’écrivains distingués, quelles sont les différences caractéristiques de l’instruction et de l'éducation; différence qu’il serait inutile, dans cette circonstance, de développer davantage. Je dois me contenter, pour les besoins de ma thèse, de rappeler brièvement quelques-unes des conclusions logi-
ques qui découlent de ces principes.
S'il est vrai que l'éducation développe les qualités morales, et l'instruction les qualités intellectuelles, il en résulte que plus un homme possède d'instruction et d'éducation, plus il est près de la perfection, plus il est homme; parce que plus dans ce cas, ses qualités morales et intelleetuelles sont développées, conséquemment plus il est en état de remplir sa destinée, plus il se rapproche de Dieu, sa fin dernière, Voilà les principes, la théorie, La pratique peut différer, c'est-à-dire que vous pouvez trouver un homme privé d’instruction, possédant cependant une excellente éducation, et pouvant rendre, souvent rendant, de très grands services, D'un autre côté, si vous trouvez un homme instruit, placé dans les mêmes conditions, avec la même éducation, c'est-à-dire la même culture morale, vous admettrez,n'est-ce pas,qu’il sera supérieur à l'autre, Pourquoi ? Parce que l’un est un honnête homme, sans instruction: et que l’autre est un honnête homme avec de l'instruction.
C'est cette vérité que Corménin, le plus juste appréciateur peut-être des hommes et des choses de son temps, proclamait en disant: “ L’instruction alimente l'esprit; “ l'éducation nourrit l’Ame......L’éducation fait les honnêtes “ gens et les bons citoyens..."
L'éducation s’obtient surtout dans la famille; le père et la mére sont les premiers éducateurs de leurs enfants. Le vieux mot francais “éduquer”,que l’on ne trouve plus dans le dictionnaire de l'Académie, mais qui n’en a pas eu moins de valeur pour cela, venait du mot latin “educare”, qui signifie “ conduire, diriger, élever.” Ces différentes opérations morales sur le cœur et le caractère doivent se faire naturellement dès le bas âge et, conséquemment, au sein de la famille. C'est surtout l'œuvre de la mère qui, ayant entre ses mains l’éducation de ses enfants, doit donner à leur Ame, à leur cœur, la forme et le pli qu’il convient, et qui décideront plus tard, heureusement ou malheureu-
MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (AN3i and ISO TEST CHART No. 2)
nN
FEEE
EERE
FEEFEEEE
eF € Fe
APPLIED IMAGE Inc A 1653 East Main Street
Rochester, New York 14609 USA
(716) 482 - 0300 - Phone
(716) 288 - 5989 - Fax