Talleyrand à Joseph, 20 novembre
2. Noie lue par Joseph à lord Cornwallis, à Amiens, le 21 février 18.2.
à peine signé, qu'il annexait en elTct le Piémont et l'île d'Elbe, inondait l'Angleterre d'espions, d'ingénieurs, de pamphlétaires, la faisait outrager, à Paris et à Londres, par une presse vénale, agitait l'Irlande, envoyait Sébastiani dans le Levant *, se proposait, suivant une préteniion formulée à Amiens *, de fermer au commerce britannique les ports de tous les pays soumis à sa domination, intervenait insolemment ' dans les affaires intérieures de cette grande et fiôre nation dont la presse libre l'exaspérait, enfin envahissait la Suisse, et répliquait aux légitimes protestations du Cabinet britannique par la fameuse déclaration du 23 octobre, par la menace du blocus continental, de la conquête de l'Europe et de la reconstitution de l'empire d'Occident *. Ainsi, sept mois à peine s'étaient écoulés, et les prédictions de Pitt se trouvaient réalisées de point en point. Comment admettre après cela qu'il ait pu croire à la durée de la paix?
Lorsqu'en novembre, à l'ouverture du Parle-
1. Voir, sur le véritable caractère de cette mission : Bonaparte à Sébastiani, 5 septembre 1802.