Congrès de Vienne
26i ORATEURS ET HOMMES d'ÉTAT
cessé d'établir contre la Prusse. Il y a deux principes invariables dans le système de la France à l'égard de la Prusse : alliance et éloignement; Fun est le moyen de Tautre. Or, dans tout le Congrès, la France n'a travaillé qu'à s'aliéner la Prusse et qu'à la forcer de se rapprocher dé sa propre frontière : ce qui était du même coup détruire l'alliance et créer l'inimitié. »
M. Mignet, dans son Éloge de Talleyrand, et M. de Viel-Castel, dans son Histoire de la Restauration, se sont prononcés dans le sens de Fabbé de Pradt, de Vhomme d'État anonyme et de M. Thiers; au contraire, M. d'Hausson ville, dans ses études sur le Congrès de Vienne^ et sir Henry Lytton Bulwer, dans son Essai sur Talleyrand, se sont prononcés dans le sens de Talleyrand. La publication de M. Pallain renouvelle la controverse, en y apportant des éléments inédits.
Le point de vue tout différent auquel se sont placés M. de Talleyrand , puis M. Thiers, explique l'opposition de leurs systèmes.
Celui-ci, passionné pour la grandeur de la patrie et préoccupé avant tout de l'extension possible de nos frontières, soutient que ce fut une grande faute de régler séparément à Paris les affaires de la France au lieu d'attendre les divisions qui allaient infailliblement éclater à Vienne parmi nos adversaires, afin d'en tirer parti pour obtenir mieux qu'on ne nous offrait*.