Ô2 ORATEURS TRIBUNS
récoulait, le faisait asseoir à côté de lui : « Mettez-vous de ce côté, disait-il, c'est ma bonne oreille (il était un peu sourd de l'autre). » Il fut plus fort que la disgrâce, écrit un de ses panégyristes, parce qu'il ne croyait pas qu'il pût y avoir de défaite véritable pour celui qui ne cède qu'aux inspirations de sa conscience .
ft Je viens comme Catulle, avait dit le comte de Virieu^ pendant la nuit du 4 Août, en proposant l'abolition / du droit de colombier, je viens apporter mon moineau I sur l'autel de la patrie. — Il est plus d'une Lesbie pour ! l'accepter, » répondit-on avec grâce. Il se montra moins bien inspiré dans une autre circonstance que raconte Montlosier : « Un jour, le 9 septembre 1189, lors de la discussion sur les deux Chambres, le comte de Virieu mon la à la tribune, au sujet de quelque scène de massacre qui venait d'être rapportée. Il me semble l'entendre encore avec sa voix douce et tremblante : — Messieurs, je vous en conjure au nom de la patrie, rendez au pouvoir exécutif et au pouvoir judiciaire la force dont ils ont besoin. — Voilà des éclats de rire qui partent de toutes parts. A ce spectacle, Virieu, qui était homme de cœur, se relève et dit d'une voix forte : — Eh quoi ! faut-il qu'une Assemblée nationale soit emportée par une poignée de démagogues? Il montre de la main la partie de la salle où siégeaient Mirabeau et Barnave : T~<rTson, messieurs ! » En même temps, il lâche un f...