‹ Orateurs et tribuns, 1789-1794Chapitre 32 sur 57 · ORATEURS ET TRI P. UNS · texte numérisé non relu

ORATEURS ET TRI P. UNS

anéantis. » Quinet les choisit pour ses héros, Louis Blanc, malgré sa partialité pour Robespierre, Michelet malgré son culte pour Danton, les placent dans leur Panthéon. « La Révolution qu'ils condamnèrent à les tuer portera leur deuil à jamais, s'écrie Louis Blanc. La liberté de conscience, les franchises de la pensée, l'inviolabilité du foyer domestique, l'égalité devant la loi, la proportionnalité entre les délits et les peines, la vertu et le talent mis au-dessus des privilèges de la naissance; en un mot, tout ce qui constitue le droit individuel, telle fut la religion, pour laquelle vécurent et moururent les Girondins. » — « Fondateurs de la République, dit Michelet, dignes de la reconnaissance du monde pour avoir voulu la croisade de 1792 et la hberté pour toute la terre, ces grands cœurs, de leur sang, nous ont fait la patrie. »

Quelques écrivains avaient risqué la vérité, Tissot par exemple, ardent révolutionnaire, beau-frère de Goujon, ami de Saint-Huruge, de Stanislas Maillard, de Fournier l'Américain, aux yeux duquel les Girondins trouvent grâce, parce qu'avant le iO Août, ils s'étaient montrés les émules des plus ardents Jacobins; ce même Tissot, auquel on reprocha faussement d'avoir porté la tête de la princesse de Lamballe au bout d'une pique, et qui s'attira une terrible réplique du colonel des Islets, un jour que celui-ci le dévisageait avec dédain. « Vous portez la tête bien haut, avait dit Tissot. — Du moins, je ne porte que la mienne, »

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riposta le royalislo. Graiiicr de Cassagnac avait, lui aussi, échappé à la contagion. Leurs voix se perdaient dans cette symphonie d'admiration bruyante.

Une nouvelle école historique a surgi qui n'hésite pas à re viser les procès jugés et, semblait-il, gagnés à tous les degrés, à examiner les pièces d'un dossier que d'illustres prédécesseurs ont à peine feuilleté; qui, reprenant en sous-a^uvre les questions les plus ardues du problème révolutionnaire, les fait sortir du brouillard de la légende, du vague et de l'emphase, entrer dans la lumière et la certitude. Grâce aux livres tfe MM. Taine ^ Albert Sorel, aux belles études de MM. Wallon, Albert Duruy, Victor Pierre, Dauban, Ernest Daudet, Biré, Vatel, Léonce Pingaud, Henri I Welschinger, etc., on a, depuis vingt ans, marché ■d'un pas rapide et sûr, pénétré dans ce domaine défendu, comme une forteresse presque imprenable, par une triple enceinte de préjugés, on a anatomisé, désossé en quelque sorte la Révolution, si bien qu'il n'est plus permis de soutenir qu'il faut la haïr ou

1 a Parce qu'ils ont lu Rousseau et Mably, parce qu'ils ont !a langue déliée et la plume couran'e, parce qu'ils savent manier des formules de livre et aligner un raisonnement abstrait, ils se croient des hommes d'État. Parce qu'ils ont lu Plutarque et le jeune Anacharsis, parce que, sur des conceptions métaphysiques, ils veulent fonder une société parfaite, parce qu'ils s'exaltent à propos du millénium prochain, ils se croient de grandes âmes... A ce degré extrême, l'amour-propre est le pire sophiste. » (Taine, t. II, p. 108.)

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Tadorer en bloc, sans pouvoir se permettre une cri- 1 tique éclectique. C'est ainsi qu'un érudit qui a, si -^ j'ose dire, le génie de la virgule et de la minute, M. Edmond Biré S a écrit l'histoire des Girondins, non celle qui s'attarde dans la poésie et le sentimentalisme ^^

I (le cœur de l'historien comme celui de l'homme d'État \ doit être dans sa tête), — non celle qui est à la vérité (^1"%

' ce que la garde nationale est à la troupe de ligne, le -^ jury aux juges, mais celle qui pèse les hommes à leur | vrai poids et remet les événements dans leur cadre. Et voici ces Girondins ramenés à leur taille exacte, éloquents, bien que la plupart de leurs discours soient lus et non improvisés, assez cultivés et férus d'antiquité ^,^ 7 r grecque et latine, doués d'une puissance incontestable v de charme et de séduction % poétisés aussi par le drame . % dans lequel ils s'agitent, courageux en dépit de quelques J défaillances, indisciplinés, pleins d'inexpérience, incon- "^ séquents, hommes de journaux et de tribune, d'un désintéressement admirable, amoureux de gloire, mais présomptueux, fanatiques de propagande, de ces guerres

1. Voir les autres ouvrages de M. Biré : Victor Hugo avant 1830; — Victor de Laprade: — Portraits littéraires ; — Mémoires d'un Bourgeois tous la Terreur: — Paris en 1793.

2. a Les Brissot, les Pétion, les Guadet, etc., luttant contre les Jacobins, ne ressemblent-ils pas aux physiciens de Pharaon qui convertirent les baguettes en serpents, mais qui ne purent jamais changer les serpents en baguettes. » [La feuille du Mat\n, 18 décembre 1792.)

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de magnificence dont Vauban cherchait à détourner Louis XIY, ignorant l'art de vouloir et passant à rêver le bien public le temps qu'il eût fallu consacrer à l'opérer, donnant le change au peuple par leur belle attitude, et lui masquant le chemin de la Terreur sur lequel ils le font glisser chaque jour, ayant assez peu le sens de l'émeute, l'instinct de la foule, et, pour parler de droit, de justice, attendant que leur pouvoir soit menacé, leur tête mise à prix ^ .

Ils revendiquent le titre de factieux, de sans-culot trs '^,

1. Michelet raconte que M. de Reinhai't, Allemand de naissance, diplomate très instruit des hommes et des choses, vint, par voiture publique, de Bordeaux à Paris, en compagnie de Vergniaud, . . -- Guadet, Gensonné, Ducds, Fonfrède, etc. a C'étaient des hommes . ' ^.^^ pleins d'énergie et de grâce, d'une jeunesse admirable, d une" ^ "^ f ♦"^ verve extraordinaire, d'un dévouement sans bornes aux idées. ^'^€**^^ Avec cela il vit bien vite qu'ils étaient fort ignorants , d'une , étrange inexpérience, légers, parleurs et batailleurs, dominés, ce qui diminuait en eux l'invention et l'initiative, par les habitudes du barreau. Et toutefois, le charme était tel qu'il ne se sépara pas d'eux. » Dés lors, disait-il à Michelet, je pris la France pour patrie, et j'y suis resté.

-2. Ils ne voulaient pas de l'anarchie pour elle-même, ils n'en\ p^*'' voulaient qu'autant qu'il leur en fallait pour arriver au pouvoir.. .y^ hp-y!, ,a Ce parti de la Gironde, qui devint fameux d'abord par ses fautes, -^ ensuite par ses malheurs bien mérités, soutenait les Jacobins sans . ^ ^^ ^' se mêler à eux, il les poussait ~ën avant comme une troupe de . i bandits qui lui ouvrait le chemin. Il fit plus de mal qu'eux, en ce / " sens que les Jacobins se seraient promplement discrédités par leurs excès; tandis que les Girondins, factieux plus modérés, et, pa''^ cela même plus habiles, exerçaient sur la partie faible de l'Assemblée une influence que je ne puis définir, et, avec son aide,

et jusqu'au 10 Août, leurs journaux rivalisent de violence avec les feuilles jacobines les plus exaltées, portent dans la guerre antireligieuse tous les préjugés de la philosophie matérialiste, donnant le spectacle de Voltairiens persécuteurs, de bigots d'impiété: « S'il existe des plaintes contre le prêtre qui n'a pas prêté le serment, s'écrie Isnard K il doit être forcé de sortir du royaume,

rompaient toutes les mesures par lesquelles on aurait pu déconcerter leurs projets... » — Je ne sais comment s'y prenaient ces coquins, mais en deux heures ils faisaient mouvoir vingt mille hommes. (Hua, Mémoires.]

1 . Isnard, sorte de Numa Roumestan de la tribune révolutionnaire. Gandissart sonore de la politique girondine, et, comme madame Angot, fort en gueule, passant brusquement "d'un pùle à l'autre pôle, oublieux de ce qu'il a dit hier, ignorant ce qu'il pensera demain, temp?rament colciique, chaleureux, une de ces âmes folles que conduit sa parole, parole-girouette tournant à tous les vents ; en lb04, il écrira une apologie enthousiaste de Napoléon I",

l et, devenu cathohque, conservateur, reniant ses divinités d'antan, publiera un Traité de ilmmortalilé de Vâme, qu'il dédia à Pie VU. On sait sa violente hyperbole contre Paris, qu'il menaçait de desiruction complète, s'il attentait à la représentation nationale : et Bientôt on chercherait sur les rives de la Seine si Paris a existé ! »

^ — Une autre fois, il tonnait contre Louis XVI: « La colère du peuple, comme celle de Dieu, n'est souvent que le supplément terrible des lois, o — Il pousse fougueusement à la guerre de propagande. <i Disons que tous les combats que se livrent les peuples ressemblent aux coups que deux amis, excités par un instigateur perfide, se livrent dans l'obscurité; si la cl'rté du jour vient à paraître, ils jettent leui-s armes, s'embrassent et châtient celui qui les trompait. De même si, au moment que les armées ennemies lutteront avec les nôtres, le jour de la philosophie frappe leurs yeux,

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// ne faut pas de preuves^ ! iN'ont-iis pas amnistié les massacres de la Glacière d'Avignon, glorifié la révolte des soldats do Chàtcauvicux, préparé le 20 juin? « Que j'aurais voulu voir la longue humiliation de la reine ! » dira madame Roland après cette journée faite par les porteurs de pique aux cris de : (^ A bas Monsieur Veto ! Au

les peuples s'embrasserout à la lace des tyrans détrônés, do la terre consolée et du ciel satisfait, d Envoyé en province après le 9 thermidor, il excitait les victimes des Montagnards à la vengeance : « Vous n'avez pas de bâtons, déterrez vos parents, et de leurs ossements assommez les terroristes ! » — Isnard, dit un biographe, était connu pour son extrême voracité : nous Tavons vu, dans un repas particulier, accepter un défi au second service, et dévorer à lui seul une fort belle dinde dont il ne laissa que le bec et les pattes, car il en avait broyé les os sous ses dents aussi fortes que son estomac. Il allait souvent à Frascaii pour y prendre des glaces; il en demandait d'abord une de chaque espèce, comme échantillon ; puis se faisait apporter la sorbetière où était contenue l'espèce qui lui avait paru la plus agréable et il la vidait entièrement. — De Lîisource, je ne retiendrai que son mot à ses juges, quand il entendit prononcer sa sentence : « Je meurs dans le moment où le peuple a perdu sa raison; vous mourrez le jour où il la recouvrera. » — De Rabaut Saint-Etienne, cet aveu courageux pendant le procès du roi : « Quant à moi, je vous l'avoue, je suis las de ma portion de despotisme, je suis fatigué, harcelé, bourrelé de la tyrannie que j'exerce pour ma part, et je soupire après le moment où vous aurez créé un tribunal national qui me fasse perdre les formes et la contenance d'un tyran. » — Dtlenri Larivière, cette piquante anecdote qui le montre apportant un jour le Contrat social à la tribune, et lisant dévotement le chapitre relatif à la religion.

1. Un peu plus tard un Jacobin s'indignera jiujl faille des preuves aux nouveaux juges, comme aux juges de l'ancien régime!

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diable le Veto* ! » et inaugurée par leur défilé dans la salle de la Législative. Au 10 Août, les Girondins se divisent: tandis que leurs députés, Vergniaud% Guadet,

1. Il est curieux, dans Thistoire de l'Arianisme, de voir les servantes et les portt.'faix de ConsLantinople se disputer sur la place publique à Tégard de la distinction du Père et du Fils. Une servante disait à la fontaine à une autre servante : « Est-ce que le fils peut être égal au Père? » De même on disputait à Paris, en province, sur le Veto : « Sais-tu ce que c'est, demandait un habitant de la campagne à son voisin. — Non. — Eh bien, tu as ton écuelle remplie de soupe, le roi te dit : répands ta soupe ; il faut que tu la répandes, o

2. Vergniaud, le meilleur orateur de la Gironde, espèce de pûètti— po'itique, insouciant, fataliste, sommeillant dans l'intervalle de ses discours, amoureux du plaisir, des femmes et de l'éloquence, plus propre à attendre la morl qu'à la porter dans les rangs ennemis, rêvant une république aimable, en opposition à la république puritaine des Saint-Just des Biilaud-Varennes. On a, disait-il naïveracnt, cherché à consommer la Révolution par la Terreur, j'aurais voulu la consommer par l'amour. Incapable, non seulement de conduire son parti, mais de servir sa propre politique, il refuse, le 15 avril 1793, de s'associer à ses amis qui proposent l'appel au peuple, moyen de salut assuré pour eux, et lance ce cri superbe autant qu'imprudent : a La convocation des assemblées primaires est une mesure désastreuse. Elle peut perdre la Convention, la République et la liberté ; et s'il faut ou décréter cette convocation, ou nous livrer aux vengeances de nos ennemis; si vous êtes réduits à cette alternative, citoyens, n'hésitez pas entre quelques hommes et la chose publique. Jetez-nous dans le gouffre et sauvez la patrie ! » Dans un autre discours, Vergniaud rapporte la réponse d'un patriote indigné contre un marchand qui se plaint qu'on ait dévasté son magasin, pendant une insurrection où la maréchaussée a tiré sur le peuple et fait des victimes : « Vous regrettez du soufre, des

l'esprit des <» raie 1RS DE LA (llV^ONDE. KiH

Gensonné commençant \ redouter le péril de Tanarcliie, penchent pour le maintien de Louis XVI avec le rappel de Holand, Cîavière^ et Servan au ministère.

étoffes, des épiceries, je vous montrerai des bouliques où l'on vend de tout cela ; indiquez-m'en une où Ton vend dos hommes. » A-t-il Jancé cette apostrophe que lui attribue Levasseur? « Donnez un verre de sang à Couthon, il a soif! » Peut-être ne Ta-t-il pas lancée le 2 juin, mais un autre jour. Ce mot rappelle celui qu'on a fait sur Jults Favre : « Si vous voulez l'attirer à la tribune, placcz-y une tasse de lait. » — Vattl, dans son ouvrage sur Vergniaud, accorde ^u'il était assez indolent, mais aussi fanfaron de paresse et avant tout méditatif» tandis que sa famille, ses amis à l'unanimité n'admettent pas de réserve sur ce point. Représentez-vous, dit Paganel, un homme que d'autres hommes entourent et entraînent, qui ne cherche pas une issue pour s'échapper, mais qui resterait là si le cercle se rompait et le laissait libre. Tel étciit Vergniaud parmi les Girondins. La paresse était son Armide. — Madame Roland, Ducos, Dumont, Louvet, vingt autres apportent le même témoignage. Bailleul raconte qu'après un admirable discours, il retombait dans son apathie accoutumée, qu'il musait, jouait avec les petits enfants de Boyer-Fonfrède, et le moins enfant des trois n'était pis celui qu'on pense. Son indolence épicurienne ne fait doute pour personne : plus on étudie Vergniaud, plus on demeure convaincu qu'il est la négation même de Thonime d État. Ne se vante-t-il pas de n'avoir pas fait donner une place de garçon de bureau? Admirable, mais combien absurde! Comme si un politique ne ;^evait . , pas mettre le talent et la probité à leur place! ^ ^ t-r-iU^/i J*^^ '^ ■'^'/^i

1. X'y a-t-il pas un»- sorte de puissance d'aimantation, de t^tos^^ frt^'- .idfSLCe de l'avenir, dans la volonté? La fortune, une place, ne vont- j '^,^- ils pas, par une ajlraction mystérieuse, vers rhomme qui les désire ^^j^ /^ii,. ■ fortement? Et n'a-t-on pas raison de croire que les esprits ardents i ^ ^^^ I entrevoient des moyens où les autres ne verraient que des irapoa^^ l \ sibilités? Elle serait longue la liste des ambitieux qui, longtemps /

1 d'avance se sont prédit des succès extraordinaires. Tel, par exemple,''^' 'k-tn.tfn

iôi ORATEURS ET TRIBUNS.

ceux qui ne font point partie de l'Assemblée, Pétion, Carra, Barbaroux, Kebecqui, Louvet, Gorsas conduisent à bonne fui cette révolution. Pélion, maire de Paris, désire l'insurrection, mais, tremblant qu'elle ne réussisse pas, il envoie message sur message à ses amis pour leur rappeler qu'il veut conserver tous les dehors, ne pas s'écarter des formes, et pour se plaindre qu'on

T'^ le genevois Clavière venant à Paris, en 1780, et disant à son compagnon de voyage Duroverai, lorsqu'il passe devant Thôtol du ministre des finances : oc Le cœur me dit que j'habiterai un jour dans cet hûtel. » a C'était un homme de beaucoup d'esprit, observe Dumont ; il était devenu sourd dès sa jeunesse : privé des plaisirs de la société, il chercha des dédommagements dans l'étude; il fit son éducation et associa la politique et la philosophie morale aux détails du commerce ; il n'avait point de courage personnel, il était timide par tempérament et cependant il s'était placé toute sa vie dans les positions qui auraient exigé de l'intrépidité dans le caractère; il semblait que son esprit et sa constitution n'allaient pas de concert; il attaquait toujours l'autorité quoique le danger lui fit peur; on aurait pu dire de lui ce que madame de Flahault disait de Sieyès, que c'était le poltron le plus entreprenant du monde. Il aimait le trouble, il se plaisait dans une situation inquiète et il en redoutait les conséquences. 11 disait que si les disputes politiques dans un État libre font du mal, elles faisaient encore plus de bien et qu'elles mettaient tout le monde dans un état plus agréable que Tinsipidité du repos. Il pouvait même vanter l'anarchie et trouver des sophismes ingénieux pour la défendre. Son acivité était sans bornes; il se levait au milieu de la nuit, écrivait cinquante prgos, se reposait une heure et vaquait à ses affaires. Son style aait diffus... Malgré ses idées républicaines, il aimait le luxe et la lepréscnlation.. Clavière remarquait combien les services de la noblesse étaif-nt coûteux, parce qu'on payait leur qualité et non leur em-

l'esprit di:s orateurs de la giho.mi-;. UV)

oublie de le consigner. Mais, aprùs coup, tous approuvent et rcveadiquent l'honneur de la journée : Roland, redevenu ministre, vante la justice du peuple, Brissot invoque la nécessité qui oblige, comme autrefois à Sparte, à laisse}- dormir un peu la loi, et il réclame de nouvelles mesures de proscription contre les journaux arisl ocrâtes échappés au pillage, à la sup-

/pioi : a C'est, disait-il, faire cultiver des pommes de terre, non par 'un jardinier, mais par un fleuriste hollandais. » Entré (i;;ns le Conseil, il rendit justice aux intentions du roi et raconta un jour que Louis XVI l'ayant surpris à ignorer un point de la constitution, avait tiré son livre de sa poche et lui avait dit en riant : a Vous voyez, monsieur Clavière, je la sais mieux que vous. > Madame Clavière aurait bien voulu jouer le rôle de madame Roland, mais elle n'avait qu'en vanité tout ce que l'autre avait en talent et en force, J'ai vu là un des miracles de ramou)--propre. Elle était mourante lorsque son mari fut nommé ministre... Le médecin nous dit : a Je réponds d'elle; vous la verrez dans quatre jours sortir de son lit pour figurer à l'hôtel des Contributions publiques, d La prédiction fut vérifiée... Des dîners chez Clavière, Roland et de Graves m'avaient mis en liaison avec Dumouriez ; ces dîners étaient souvent remarquables par cette gaieté d'esprit qu'aucune situation n'ôte aux Français quand ils sont réunis en société, et qui était naturelle à des hommes contents d'eux et flattés de leur élévation. Le présent leur cachait l'avenir. On oubhait les soins du ministère. On s'arrangeait dans ses hôtels comme pour y demeurer toujours. Madame Roland seule, en voyant les dorures des appartements, répétait toujours que c'était pour elle le luxe d'une auberge. C'était Louvet, c'était Dumonriez qui charmaient les conversations. Je me souviens qu'un jour Dumouriez, faisant le récit d'aventures galantes où il se donnait un rôle brillant, Clavière lui dit : a Général, vous avez fait sourire Baptiste. » Baptiste était ce valet de chambre que Dumouriez a illustré dans ses Mémoires.

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pression. Plus logique encore, Gorsas se fait adjuger, comme dépouilles opiines, les presses de VAmi du Boi.

Pendant les massacres de septembre 1702, leur circonspection est extrême et mériterait peut-être un autre nom : c'est le 3 septembre seulement que Roland se décide à proférer un mot, et quel mot ! « Hier fut un jour sur lequel il faut peut-être jeter un voile. Je sais que le peuple, terrible dans sa vengeance, y porte encore une sorie de justice... Je n'ai point inconsidérément blâmé un terrible et premier mouvement, écrit-il dans une proclamation, j'ai cru qu'il fallait évite?' sa continuité. » Le 3 septembre, Pioland avait un grand dîner où naturellement on parle de la chose. « C'est une mesure indispensable, » s'écrie l'un des convives, Anacharsis Clootz, que madame Roland laisse pérorer tout à son aise. — Gensonné fait rendre un décret qui prescrit à la municipalité d'assurer le respect des personnes et des propriétés : le décret reste lettre morte pendant trois jours. Plus tard, les Girondins s'élèveront contre les massacres de Septembre : plus tard, mus par l'horreur du forfait, je le veux bien, mais aussi pour perdre leurs rivaux, se relever de leur défaite morale, lorsqu'ils s'apercevront que la Commune veut à leur tour les s.gptiimbriseiU'Je ne vois là qu'une insurrection légitime, dira le 22 septembre Vergniaud, ce même Vergniaud qui parlera un jour contre la mort de Louis XVI et qui le lendemain votera

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